Passer au contenu principal

À l'approche de la date limite des transactions de la LNH, Antoine Vermette revient sur son aventure

http://www.rds.ca/hockey/lnh/

Antoine Vermette
Antoine Vermette et sa femme enceinte. (Source d'image:Getty)
Éric Leblanc
MONTRÉAL – Antoine Vermette possède une mémoire assez fascinante au point où il connaît la couleur du ruban de la palette de la plupart des joueurs de la LNH. Il n’est donc pas du style à oublier les détails de la transaction qui lui a permis de soulever la coupe Stanley avec les Blackhawks de Chicago.
Il faut dire que cette transaction n’avait rien de banal. Au contraire, il a reçu la confirmation de son échange des Coyotes aux Hawks au moment du décollage de l’avion de l’équipe de l’Arizona. Cette partie de l’histoire a déjà été médiatisée, mais Vermette a accepté de se replonger dans ce moment inusité de sa carrière alors qu’il a été échangé quelques heures avant la fin de la période des transactions.
Un an plus tard, plusieurs joueurs à travers la LNH se retrouvent dans les mêmes patins particuliers que Vermette chaussait en mars 2015. Étant donné qu’il écoulait la dernière année de son contrat, il représentait une option de grande qualité sur le marché des échanges.
Reconnu comme un athlète intelligent, Vermette savait bien que son association avec les Coyotes tirait à sa fin et les dirigeants ont eu la délicatesse de le tenir informé de l’évolution des tractations.
« Cette fois-ci, on savait que ça se tramait et que ça se produirait à moins d’une surprise. L’organisation était ouverte avec nous, il n’y avait pas de cachettes », s’est rappelé Vermette qui s’est d’ailleurs empressé de signer un nouveau contrat avec les Coyotes à l’ouverture de la période de l’autonomie.
Puisqu’il avait été échangé deux fois auparavant, Vermette n’est pas tombé en bas de son banc d’avion quand il a finalement obtenu la confirmation de la nouvelle. Cette réaction pourrait cependant se produire cette année pour un joueur qui vivrait une série de rebondissements comme la sienne pour la première fois.
La scène se passe dans la soirée du 28 février et la nuit du 1er mars 2015 à environ 40 heures de l’heure limite des transactions. Les Coyotes et Vermette viennent de conclure un voyage de quatre parties avec un revers de 4-1 sur la patinoire des Bruins de Boston. C’est enfin le temps pour le Québécois de rentrer à la maison voir sa petite fille et sa femme enceinte de six mois.
Mais Vermette a failli être retiré de l’avion, il n’en s’est fallu que de quelques secondes.
« Je savais que c’était fort probablement mon dernier match avec les Coyotes. C’était donc un match avec une saveur particulière pour moi, c’était quand même émotif et bizarre comme sensation », a raconté le gaucher.
Comme il le prévoyait, les choses se sont bousculées après cette partie.
« On se dirigeait vers l’aéroport et j’avais reçu un message texte de mon agent qui me demandait si j’avais communiqué avec mon directeur général (Don Maloney). Je lui ai répondu que non et il m’a demandé si je faisais le voyage. Je lui ai dit oui puisque personne ne m’avait avisé de rien. Il s’est donc empressé de me dire qu’il croyait fermement que ça allait se conclure incessamment, que quelques équipes étaient dans le portrait et qu’une transaction semblait imminente », a décrit Vermette avec le sens des détails.
« C’était étrange comme sentiment et j’avais avisé ma femme que ce n’était plus certain que je puisse rentrer les voir. Ça faisait longtemps qu’on était sur la route et je savais que je serais échangé donc je me consolais un peu de pouvoir retourner à la maison avant la prochaine étape », s’est-il souvenu.
Anxieux, l’ancien des Tigres de Victoriaville avait tout de prévu le coup.
« J’avais préparé mes valises en conséquence, j’avais du linge en masse ! Finalement, je n’avais pas encore de confirmation quand on est arrivé à l’avion. Mon agent m’a demandé de rester près de mon téléphone et de l’aviser s’il y avait un développement, il trouvait ça bizarre que ça se rende à ce point », a-t-il ajouté.
Une fois entré dans l’appareil, Vermette regardait à tout moment vers l’avant, où se trouve la section de l’état-major du club, en se demandant quand quelqu’un viendrait le chercher.
« L’avion a commencé à bouger environ au même moment que mon agent m’écrivait que ça serait probablement Chicago. C’est là que l’avion s’est arrêté et je me disais que c’était officiel et qu’on viendrait me chercher. Mais non, l’avion est retourné vers la porte. On finit par se retrouver sur la piste de décollage quand mon agent m’écrit qu’il entend que c’est confirmé et que je suis échangé aux Blackhawks », a précisé Vermette qui a été cédé en retour de Klas Dahlbeck et un choix de première ronde (Nick Merkley).
Son premier réflexe a été d’appeler sa femme pour lui confirmer la nouvelle, mais la discussion a été très brève puisque son DG l’appelait au même moment.
« Comme de fait, Don m’a appelé pendant que l’avion accélérait. Je l’ai remercié de son appel, mais en lui précisant que je devais raccrocher puisqu’on décollait », a-t-il fait savoir.Antoine Vermette
Antoine Vermette avec sa femme et sa fille. (Source: Getty)

L’effet un peu déstabilisant du contexte a rapidement été compensé par un privilège pas très fréquent.
« J’ai pu profiter du vol pour saluer mes coéquipiers plus longuement. Souvent, ça se passe très rapidement et on doit partir en vitesse sans pouvoir saluer les gens comme on le souhaiterait. Cette fois, j’ai pu placoter avec les gars un peu », s’est remémoré celui qui a aussi joué pour les Sénateurs et les Blue Jackets.
« Chaque transaction est différente, il n’y a aucun doute là-dessus. Celle-ci, c’était un bouleversement familial et professionnel, mais je me suis empressé de me dire que Chicago, c’était ma chance pour les grands honneurs », a confié le choix de deuxième ronde (par Ottawa) en 2000.
Le scénario n'aurait pas pu être mieux ficelé
Après une nuit auprès des siens, Vermette avait pris le chemin de la Ville des vents où il avait été envoyé dans la mêlée dès le lendemain, le 2 mars. Ainsi, c’est sa femme qui s’est assurée de gérer les tracas du déménagement.
« C’est elle qui a pas mal tout fait ! Une chance qu’elle était là pour faciliter le tout, on manque de temps surtout que je devais repartir le lendemain matin.
Le départ vers l’Illinois comportait quand même quelques points d’interrogation avec le bébé qui devait voir le jour le 17 juin, la date à laquelle le 7e match de la finale aurait eu lieu s’il avait été nécessaire.
« Ça s’est bien passé, mais ça ajoute un peu à l’incertitude qui vient avec un déménagement de la sorte. On ne savait pas où on s’en allait, où on irait pour l’accouchement, quel médecin s’occuperait de l’accouchement et tout », a exposé Vermette au sujet du bébé qui a vu le jour, le 20 juin, 5 jours après la conclusion de la série.
Tout comme Vermette l’a vécu, les joueurs qui changeront d’adresse d’ici le 29 février deviendront les coéquipiers de joueurs qui étaient leurs adversaires depuis quelques années.
« L’accueil avait été très bon, ils étaient contents de me voir dans leur entourage. C’est particulier parce qu’on s’est affronté pendant des années, mais il y a un respect qui existe », a soutenu celui qui se classe au septième rang pour les points accumulés (456) dans la cuvée du repêchage de 2000.
Vermette avait été acquis pour des raisons spécifiques, mais ça ne lui garantissait pas une place dans la puissante formation des Hawks. Il a d’ailleurs eu besoin de temps pour convaincre l’entraîneur Joel Quenneville de son importance, mais il ne s’est jamais dit qu’il aurait préféré ne pas être échangé à Chicago.
Antoine Vermette
Antoine Vermette (Source: Getty)
« Ça n’était pas dans mes pensées, j’ai toujours cru que ça restait une opportunité en or de gagner la coupe Stanley et je savais à quel point c’était difficile de le faire. Je me concentrais donc sur cet objectif en équipe », a statué Vermette qui a, ironiquement, marqué deux buts gagnants durant la finale après avoir été laissé de côté à plus d’une reprise.
Dans un monde idéal, Vermette aurait voulu savourer les joies du championnat de la LNH avec des partenaires de longue date, mais ça n’a pas affecté ses réjouissances.
« Gagner la coupe Stanley et être impliqué dans ce résultat, c’est spécial de la gagner même si tu n’as pas passé 10 ans avec eux parce qu’un lien se crée très rapidement et automatiquement », a témoigné le patineur de Saint-Agapit qui espère que l’édition actuelle des Coyotes renverse la vapeur pour accéder aux séries.
Avec une bague à la main – outre celle de son mariage – Vermette reconnaît les bénéfices d’un championnat et il épouse la mission d’un joueur sur lequel les Coyotes se fient à leur tour pour éventuellement rafler le précieux trophée.
« L’expérience en soi est quand même considérée dans le monde du hockey. Pour moi, c’était probablement une confirmation sur la démarche à employer pour gagner. Ceci dit, je ne me sens pas comme une personne complètement transformée à cause de ça même si j’en suis très heureux », a jugé Vermette avec son humilité habituelle.
Tout en voulant mener les Coyotes à cette réalisation d’envergure, Vermette a ajouté à sa liste d’objectifs le plateau des 1000 matchs. Au terme de la saison 2015-16, il ne lui en restera qu’une centaine à disputer pour dire mission accomplie, une autre fois.

Messages les plus consultés de ce blogue

Les Blackhawks trop forts pour le Canadien

Carey Price, maître chez soi

«Mieux vaut tard que jamais!» - Mike Condon