samedi 5 mars 2016

Une crevaison, une chute, une défaite!

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/

Canadiens 2 - Kings 3


Images of Francois Gagnon
LOS ANGELES - Dans un contexte idéal, c’est-à-dire avec Carey Price devant le filet, avec un club complet et en santé, et un club reposé en plus, le Canadien aurait peut-être pu faire le poids contre les Kings.
Peut-être!
Mais démuni comme il l’est en fait d’effectif et surtout avec la fatigue associée à une séquence de trois matchs en quatre soirs alors que les Kings eux étaient frais et dispos, ayant disputé leur dernière partie dimanche, le Canadien ne pouvait simplement pas faire le poids. Il n’est donc pas surprenant qu’il ait perdu. Si je me laissais attendrir un brin ou deux, j’insisterais pour dire que le score final de 3-2 devrait représenter une source de satisfaction pour le Canadien qui aurait facilement pu se faire planter aussi sévèrement qu’il ne l’a été (6-2) par les Sharks, à San Jose, lundi.
Certains diront que la question de fatigue n’est qu’une excuse. Je rétorquerai que c’est aussi, que c’est surtout, une réalité. La fatigue accumulée, même si on aime en rire lorsqu’elle est présentée en défense par des millionnaires du sport professionnel, pèse lourd dans l’équation visant à mousser les chances de victoire des uns, les risques de défaite des autres.
C’était d’ailleurs très évident en première période alors que le Canadien peinait à faire acte de présence contre des Kings qui les bousculaient sans ménagement. Qui les mangeaient tout rond.
« On s’est vidé hier soir (mercredi) à Anaheim pour jouer à la hauteur des Ducks. Dès le début de la partie, il était évident que nos réserves étaient à sec. Malgré tout, nous avons trouvé une façon de surmonter ce mauvais début de match et le fait que nous étions à un but de niveler les chances en fin de partie démontre que nous n’avons pas abandonné », a indiqué le capitaine Max Pacioretty.
Une crevaison en partant
Pacioretty n’a pas aidé la cause de son équipe hier soir. Non seulement a-t-il été blanchi de la feuille de pointage, mais il n’a décoché que trois tirs – deux cadrés – et ne s’est pas impliqué physiquement. Il a aussi écopé une pénalité pour avoir tiré la rondelle directement dans la foule. Pénalité qui n’a pas été coûteuse toutefois.
Comme si ce n’était pas assez, Max Pacioretty a perdu la lame de son patin droit en début de match. Mis hors de combat en raison de cette « crevaison », Pacioretty a été le témoin impuissant du premier but inscrit dès la 56eseconde de la rencontre.
« C’est vraiment à l’image de ce qu’est devenue notre saison. C’est la première fois qu’une malchance comme ça m’arrive depuis que je joue au hockey. Sans lame de patin, tu ne peux rien faire. Tu ne peux pas avancer. J’ai crié à l’arbitre de stopper le jeu, mais il n’avait pas le droit de le faire. Je lui ai demandé de me pousser vers le banc, il n’avait pas vraiment le droit de m’aider, mais il l’a fait quand même. Avant d’avoir eu le temps d’être remplacé, ils avaient marqué. On n’avait pas vraiment besoin de ça pour nous compliquer la tâche », a ajouté le capitaine.
Trios chambardés
Un capitaine qui a vu Michel Therrien secouer son trio en remplaçant Brendan Gallagher par Paul Byron à la droite de Tomas Plekanec. Cette décision a permis de retrouver le trio de Galchenyuk-Eller-Gallagher, trio qui en avait mis plein la vue en début de saison 2014-2015.
Ce changement doit-il être perçu comme une réprimande à l’endroit de Pacioretty et Plekanec qui n’ont pas su assumer leur rôle de leader de l’attaque depuis le début du voyage?
« On ne générait pas assez d’offensive. J’ai effectué des changements pour provoquer une étincelle. Je ne visais pas seulement un ou deux gars, car on a besoin de plus d’offensive de la part de tout le monde. Cela dit, il faut reconnaître la force des Kings. C’est un club gros, lourd, efficace. On affrontait ce soir la meilleure défensive de la Ligue. Je ne peux pas en vouloir à mes joueurs ce soir. L’énergie qui alimentait les deux équipes n’était pas la même. On ne jouait pas à forces égales », a commenté Michel Therrien.
Bien qu’il ait marqué deux buts, un de P.K. Subban en fin de première période et un autre de Lars Eller qui a ramené son équipe à un but des Kings en fin de troisième, le Canadien n’a obtenu que 15 tirs au but. Pis encore, il n’en a décoché que 37, soit 6 de plus que le nombre de tirs cadrés des Kings. Des Kings qui ont décoché 59 tirs en direction du filet défendu par Scrivens.
Même s’ils ont eu possession de la rondelle plus souvent que le Canadien, les Kings ont aussi largement dominé l’aspect physique de la rencontre, assénant un total de 39 mises en échec. Quinze de plus que le Canadien. Ça vous donne une idée de l’ampleur de leur domination.
Une chute de P.K.
Et il y a eu l’erreur de P.K. Subban en début de troisième. Au centre de la patinoire, avec Ben Scrivens comme seul rempart derrière lui, P.K. a jonglé avec la rondelle. Il l’a perdue. Il a aussi perdu l’équilibre et s’est retrouvé sur le derrière offrant une longue échappée à Dwight King qui en a profité pour donner les devants 3-1 aux Kings.
Un peu à l’image du jeu controversé qui a mené au but gagnant de l’Avalanche en fin de match lors de la visite du Canadien à Denver, le 17 février dernier, P.K. s’est retrouvé au banc des accusés.

« Je n’ai pas pris de chance, je n’ai pas tenté un jeu spectaculaire, j’ai simplement tenté un jeu. J’ai perdu le contrôle de la rondelle et je suis tombé », expliquait un P.K. Subban visiblement amoché après la rencontre. Amoché moralement par ce jeu qui lui attirera des critiques dont il n’a pas besoin. Amoché physiquement aussi alors que P.K. doit composer avec les contrecoups d’une blessure à la jambe droite subie en fin de rencontre mercredi à Anaheim.
Contrairement à la réaction émotive qu’il avait eue après la défaite au Colorado, Michel Therrien s’est montré clément à l’endroit de son défenseur vedette.
« C’est un jeu malheureux. Il a perdu l’équilibre. Ça arrive. Je ne mets pas la faute sur lui », a commenté l’entraîneur-chef du Canadien.
Contre l’Avalanche, trois joueurs du Canadien étaient en bonne position pour réparer l’erreur de Subban. Max Pacioretty et Jacob De La Rose avaient bousillé leur couverture défensive une fois de retour en zone du Canadien ouvrant ainsi la porte au but de la victoire, ou de la défaite, c’est selon.
Jeudi à Los Angeles, P.K. ne pouvait compter que sur son gardien pour lui venir en aide. Et sur ce jeu, Ben Scrivens a non seulement raté sa chance de sauver son coéquipier défenseur, mais il s’est montré particulièrement généreux en offrant des ouvertures béantes à King pour le déjouer.
Il faut dire que Scrivens a une fois encore hier été particulièrement généreux.
Pas question de dire que le gardien est plus fautif que Subban sur ce but. Jamais. Car au-delà la tenue approximative de Scrivens sur ce jeu et quelques autres, P.K. demeure le seul responsable de l’échappée offerte à King... ou aux Kings.
Hostile la Californie
Longtemps considérée comme un lieu de villégiature par les équipes qui venaient d’y reposer une ou deux fois par année, la Californie est maintenant une terre hostile. Sur le plan du hockey bien entendu.
Car quand on regarde la qualité des Sharks, des Ducks et des Kings, quand on regarde l’envergure de leurs joueurs autant sur le plan du talent que sur celui de leur carrure, il faut être bâti solide pour sortir de ces trois rencontres avec plus de victoires que de défaites.
Et dans l’état actuel des choses, le Canadien peut pratiquement se compter chanceux et/ou se féliciter de quitter la Californie avec ne serait-ce qu’un petit point de plus au classement. Ça ne l’aidera pas à se propulser en séries. Mais ça lui indiquera la marche à suivre pour redevenir un prétendant à la coupe Stanley.
Car s’il est acquis que les Blackhawks de Chicago peuvent croire en leurs chances de soulever la coupe encore cette année, les Sharks, les Ducks et les Kings peuvent eux aussi afficher la même prétention.
Ça va être beau en séries. Ô que oui!
Et non, je ne parle pas ici du Canadien.