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jeudi 5 mai 2016

Upshall : après l’effroi, un vent de soulagement

http://www.rds.ca/hockey/lnh/series/

Une situation difficile pour Upshall

Images of Francois Gagnon

ST.LOUIS - Scottie Upshall est bien heureux que le vent ait tourné en faveur des Blues dans la série qui les oppose aux Stars de Dallas. Une série que les Blues mènent 2-1 et qui se poursuivra jeudi au Scottrade Center à St Louis.Scottie Upshall
Scottie Upshall (Source: PC)

Originaire de Fort McMurray, Upshall est plus heureux encore que le vent ait tourné dans le nord de l’Alberta afin de sauver ce qui reste à être sauvé de sa ville natale qui a été partiellement rasée par de violents feux de forêt au cours des dernières heures.
« Les images que je vois depuis hier sont terrifiantes. On se croirait dans un film. Un film que j’aurais préféré ne jamais voir. Je regardais des photos de l’autoroute qui traverse la ville. Une autoroute que j’ai parcourue je ne sais combien de fois et qui était ceinturée par des flammes s’élevant à une centaine de pieds dans les airs. C’est renversant de voir les images du centre-ville et de penser à tous ces restaurants où j’ai déjà mangé. Des restaurants qui n’existent plus aujourd’hui », a raconté le vétéran qui est né à Fort McMurray en octobre 1983, qui y a grandi, y a appris à patiner, à jouer au hockey et qui y retourne religieusement chaque saison morte.
En plus d’un frère, de sa fiancée et de leurs enfants, Scotty Upshall compte une quinzaine de membres de sa famille immédiate à Fort McMurray. Des amis par centaines.
Une ville forte, des gens fiers
«La seule consolation est que tout le monde s’en est tiré indemne. Les dégâts matériels sont incalculables. Des parties entières de la ville ont disparu, mais les gens sont sains et saufs. C’est tout ce qui compte. Fort McMurray est une ville fantastique. Cette ville a survécu à des tas d’épreuves, à des années difficiles. Elle va s’en remettre une fois encore», assurait le vétéran ailier droit.Fort McMurray
Fort McMurray (Source: PC)

Mais ce ne sera pas facile.
« Vous n’avez pas idée à quel point l’entraide est grande à Fort McMurray. On parle de 80 000 personnes évacuées. Ce n’est certainement pas évident pour ces personnes de se retrouver dans une autre maison. De se réveiller dans un autre lit. Mais les offres sont là. Les gens sont accueillis à bras ouverts par ceux qui peuvent les accueillir. »
C’est en sautant du lit après sa sieste d’avant-match mardi que Scotty Upshall a appris la mauvaise nouvelle. Une nouvelle qui allait de mal en pis à chaque fois qu’on parlait de l’incendie qui ravageait sa ville. Malgré tout, il a décidé d’endosser l’uniforme et d’affronter les Stars.
« Le hockey a une valeur thérapeutique, vous savez. Il offre une sortie d’urgence invitante. Le fait de compétionner, de se retrouver au sein d’une équipe, d’être entouré de coéquipiers qui savent ce que tu vis et qui t’épaulent est une grande source de réconfort. En arrivant ici hier (mardi) je savais que mes proches étaient en sécurité. J’ai reçu un tas de messages textes qui m’invitaient à jouer pour la ville. C’est devenu une source de motivation », a expliqué Upshall.
L’attaquant des Blues est l’un des nombreux joueurs de la LNH à avoir des liens directs, ou indirects, avec Fort McMurray. Son jeune coéquipier défenseur Colton Parayko, un géant natif de St-Albert en banlieue nord d’Edmonton a défendu les couleurs de Fort McMurray – située à quatre heures de route au nord de la capitale albertaine – pendant deux saisons entre 2010 et 2012.
Son bon ami Chris Phillips, vétéran défenseur des Sénateurs d’Ottawa, a aussi grandi et joué à Fort McMurray. « Je lui ai parlé ce matin. Sa mère, sa sœur et les membres de sa famille proche sont tous en sécurité. Il est aussi bouleversé que moi, mais on se console en se disant qu’on a évité le pire puisque personne n’a été blessé. On organisait conjointement un tournoi de golf pendant plus de dix ans pour venir en aide aux enfants de notre ville. Je ne sais pas ce que nous ferons, mais nous ferons certainement quelque chose cet été encore. Je crois aussi que l’Association des joueurs (NHLPA) fera quelque chose pour aider Fort McMurray également », a expliqué Upshall.
Hitchcock touché également
L’entraîneur-chef des Blues Ken Hitchcock assurait compter une centaine de complices et anciens adversaires croisés dans le monde du hockey au fil de sa carrière qui sont aujourd’hui installés à Fort McMurray.

« Cette ville comptait 10 000 habitants il n’y a pas longtemps. L’exploitation du pétrole a fait bondir la population à plus de 120 000 au fil des dernières années. Une fois sortis du hockey, les gens montaient là-bas pour y trouver un bon emploi. Pour y trouver une bonne et belle vie. Cet incendie remet les choses en perspective. Il démontre qu’il y a des choses bien plus importantes que le hockey. J’échange des textos et des messages téléphoniques avec un tas d’amis afin de les savoir en sécurité. C’est vraiment renversant de voir ce qui arrive là-bas. »
À titre d’entraîneur-chef, Ken Hitchcock s’est assuré d’avoir une conversation avec Scotty Upshall avant de lui donner le feu vert mardi. «Tu veux parler avec le gars. Tu veux comprendre ce qui lui arrive. Tu veux savoir où il est dans sa tête. Tu veux t’assurer qu’il est rassuré. Car s’il est rongé d’inquiétude, il n’y a aucune raison de l’habiller. Mais en parlant avec Scotty hier (mardi) j’ai vite compris qu’il était serein. Et comme les nouvelles sont bonnes aujourd’hui en ce sens que le vent a tourné, que la température a baissé un peu et que toutes les personnes que nous connaissons sont saines et sauves, que tout le monde est sain et sauf en fait, on peut reprendre le travail tout en gardant un œil sur les développements là-bas», a conclu l’entraîneur-chef des Blues.
Choix de première ronde des Predators (6e sélection) en 2002, Scotty Upshall a joué à Nashville, Philadelphie, Phoenix, Columbus et en Floride avec les Panthers avant de joindre les rangs des Blues l’automne dernier à titre de joueur autonome. En 70 rencontres cette saison, il a marqué six buts et récolté 14 points. Après 10 rencontres de séries ce printemps, Upshall revendique un but et une passe.

dimanche 10 avril 2016

82 matchs du Canadien, 41 conclusions

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/

Lightning 2 - Canadiens 5

FRANÇOIS GAGNON
DIMANCHE, 10 AVR. 2016. 01:00

Le Canadien s’est fait pardonner une partie des péchés dont il s’est rendu coupable au cours de la saison en signant une victoire de 5-2 aux dépens du Lightning de Tampa Bay.
Elle était où cette équipe qui a si bien terminé la saison malgré l’absence de Carey Price, de P.K. Subban et des autres éclopés? Cette équipe que les partisans ont attendue si souvent sans jamais la voir sous nos yeux.
Pour vaincre le Lightning qui a fait bien piètre figure et qui soulève plus d’inquiétude à l’aube de séries qui pourraient être bien courtes si cette équipe – elle aussi décimée par les blessures – se contente de demi-mesures comme elle l’a fait samedi au Centre Bell, le Canadien a compté sur ses meilleurs éléments.
Max Pacioretty et Alex Galchenyuk ont inscrit des doublés pour atteindre le plateau des 30 buts. Pacioretty l’a fait dans un filet désert ce qui lui en donne quatre cette saison. Un de plus que Tomas Plekanec. Un de moins que les meneurs de la LNH : Jamie Benn des Stars de Dallas, Jean-Gabriel Pageau des Sénateurs d’Ottawa et Brad Marchand qui a connu une saison phénoménale avec les Bruins de Boston.

Le capitaine et son joueur de centre ont ajouté chacun une mention d’aide; Brendan Gallagher et Andrei Markov ont récolté deux passes chacun. Tomas Plekanec a marqué, Lars Eller et Alexei Emelin ont récolté les autres passes. Des joueurs du grand club et non des jeunes rappelés en renfort du club-école ont donc marqué tous les buts; ont récolté tous les points. Comme quoi quand ils s’en donnent la peine, les meilleurs du Canadien, en dépit des blessures qui ont bien trop souvent servi d’excuses à un club qui se targue de les balayer du revers de la main, sont capables d’être meilleurs que les meilleurs de l’autre camp. Ils sont capables de donner le ton. Capable de mener leur équipe à la victoire.
Il est dommage qu’ils se soient contentés de le faire si peu souvent.
Malgré cette victoire qui a permis aux partisans d’entonner des « Olé! Olé! Olé! » pour une rare fois cette année, pour la dernière fois cette saison, le Canadien peut difficilement se gaver de ce gain qui permet de clore la saison avec une fiche de 38 victoires, 38 revers et six défaites en prolongation ou tirs de barrage. Avec sa récolte de 82 points, le Canadien termine à 12 points d’une place en série. À 13 du dernier rang du classement général.
Avant les bilans des joueurs, de l’entraîneur-chef Michel Therrien et de son patron Marc Bergevin, des bilans qui tomberont lundi, voici en rafales 41 conclusions, remarques ou faits saillants que je vous propose en guise de conclusion à cette saison qui a si bien commencé, mais qui a si mal fini malgré une victoire qui permet de fermer les livres sur une note un brin positive.
1- On le savait depuis quelques années déjà, on le sait maintenant davantage : sans Carey Price le Canadien forme un club bien ordinaire...
2- Le Canadien a marqué 221 buts cette année, dont cinq buts décisifs en tirs de barrage. L’an dernier? Le Tricolore en a inscrit 221 buts dont sept en tirs de barrage. Malgré des totaux identiques, le Canadien est exclu des séries alors qu’il a terminé premier dans la division Atlantique, deuxième dans l’Association Est avant de baisser pavillon en deuxième ronde des séries l’an dernier...
3- Quand on analyse de plus près la récolte offensive du Canadien cette saison, on relève qu’il a marqué 83 de ses 221 buts (37,6 %) dans les 23 premiers matchs. S’il avait maintenu ce rythme, le Canadien aurait fait la lutte aux Capitals de Washington en matière de production offensive...
4- Inversement, le Canadien s’est donc contenté de 138 buts dans ses 59 dernières rencontres, donc après la perte définitive de Carey Price ce qui, échelonné sur une saison, aurait donné un total de 192 buts...
5- C’est la deuxième fois seulement depuis 1995-1996 (Vincent Damphousse et Pierre Turgeon) que le Canadien compte deux marqueurs de 30 buts en une saison. Max Pacioretty et Erik Cole étaient les derniers à avoir réalisé l’exploit en 2011-2012.
6- Outre le fait que le Canadien ait concentré sa production offensive lors de ses 23 premiers matchs, sa défensive a été très poreuse cette année. Le Canadien qui était premier en défensive l’an dernier avec 189 buts accordés (incluant les buts en tirs de barrage) est passé au 22e rang cette année avec 236 buts accordés (incluant les buts en tirs de barrage)...
7- De toutes les conclusions qu’on puisse tirer de ces deux comparaisons, la plus évidente est que Carey Price est en mesure de gagner les matchs serrés (fiche de 20-6-10) alors qu’on a demandé à un gardien recru de l’imiter. Une commande qui était démesurée (le Canadien a terminé l’année avec une fiche de 15-12-6) quand on considère que Mike Condon en était à ses premiers arrêts dans la LNH cette année et que Dustin Tokarski et Ben Scrivens ont été loin de l’aider...
8- Le Canadien s’est contenté de marquer 2 buts ou moins une seule fois dans les 12 matchs disputés avec Carey Price devant la cage et 39 fois dans les parties ratées par son gardien numéro un...
9- L’attaque massive du Canadien est loin d’avoir terrifié ses adversaires cette année. Et cette timidité peut difficilement être associée à la perte de Carey Price. Du moins j’espère... Bien que timide, le Canadien a été meilleur cette année alors qu’il a inscrit 42 buts en avantage numérique comparativement à ses 39 de l’an dernier. Le Tricolore termine toutefois l’année au 25e rang de la LNH en matière d’efficacité en avantage numérique...
10- Le Canadien a signé plus de victoires sur la route lors de ses 24 premiers matchs de la saison (9) que lors de ses 58 derniers (7)...
11- Peu importe que ce soit à l’aile ou au centre, Alex Galchenyuk est l’un des pivots de l’attaque du Tricolore et son utilisation devra en témoigner dès le début de la saison prochaine autant à forces égales qu’en attaque massive au sein de laquelle il doit avoir une place dès la première vague. Oui il est rendu là...
12- Alex Galchenyuk a marqué 20 de ses 30 buts lors des 33 derniers matchs de la saison. Bien qu’il n’ait pas toujours aidé sa cause en début de saison, il est permis de se demander combien il en aurait marqué lors des 49 premières parties s’il avait été utilisé comme un vrai joueur de premier trio au lieu de l’être comme un simple joueur de soutien. Je suis convaincu qu’il aurait facilement dépassé son total timide de 10...
13- Pour en ajouter sur Galchenyuk, il est devenu le 3e plus jeune attaquant de l’histoire du Canadien à atteindre le plateau des 30 buts dans une saison derrière Bernard « Boom Boom » Geoffrion en 1951-1952 et Stéphane Richer en 1987-1988...
14- Pour terminer avec le Galchenyuk (16:13), il rejoint Jason Spezza (16:31) à Dallas, et Boone Jenner (16:25) Columbus à titre de marqueurs de 30 buts dont le temps d’utilisation moyen est inférieur à 17 minutes par rencontre...
15- Max Pacioretty n’a pas eu une saison facile. Autant comme franc-tireur qu’à titre de capitaine du Tricolore. Mais en lui décernant leur vote pour représenter le Tricolore dans la course au trophée King-Clancy, ses coéquipiers lui ont rendu un bel hommage et ils ont surtout rappelé à l’ordre les observateurs et partisans qui ont ouvertement et férocement remis son leadership en doute...
16- Max Pacioretty atteint le plateau des 30 buts pour une troisième saison de suite et une quatrième fois en cinq ans. Il aurait flirté avec les 30 buts lors de la saison écourtée par le lock-out alors qu’il a marqué 15 buts en 44 rencontres...
17- Petite statistique à glisser entre deux bouchées de froot loops, Max Pacioretty est le seul joueur de la LNH à avoir obtenu au moins un tir au but dans chaque match de son équipe cette saison. Ça ne veut pas dire qu’ils étaient tous dangereux, mais quand même...
18- Une autre petite en passant, depuis 1967-1968, seulement quatre joueurs du Tricolore ont obtenu plus de 300 tirs en une saison : Guy Lapointe (317 en 75-76), Jacques Lemaire (330 en 68-69 et 310 en 77-78), Guy Lafleur (303 en 75-76, 307 en 77-78, 342 en 78-79 et 323 en 79-80) et Max Pacioretty qui, avec ses cinq tirs cadrés samedi, a fracassé le plateau des 300 avec 303...
19- Bien qu’il se rende parfois – et peut-être un peu trop souvent – coupable de bourdes épouvantables et que son ego un brin ou deux surdimensionné occupe trop de place dans le vestiaire, P.K. Subban demeure le joueur le plus utile au CH cette année. On peut lui reprocher bien des choses, mais le fait qu’il ait participé à près du quart (23,6 %) des 216 buts marqués par le club – excluant les buts en tirs de barrage – cette année en est une preuve éloquente. Plus impressionnant encore, P.K. a participé à 51 des 186 buts marqués (27,4 %) lors des matchs qu’il a disputés...
20- Est-ce que quelqu’un quelque part doute encore du fait que Brendan Gallagher est celui qui sonne la charge sur la patinoire? Malgré sa petite taille, malgré le fait qu’il ait raté 29 matchs, il termine troisième marqueur du club avec 19 buts, loin devant Lars Eller qui est quatrième avec 13. L’effet Gallagher est indéniable...
21- Ah! Tomas Plekanec! Ses 14 buts représentent une production offensive décevante pour un joueur de son talent, de son expérience et du rôle qu’il devait remplir avec le Tricolore encore cette année. Et il est là le problème : Plekanec n’a jamais vraiment été un centre de premier mois. Il l’est de moins en moins avec les années qui passent. Et le sera donc encore moins l’an prochain. Sa place au sein de l’offensive du Tricolore dépendra des décisions et actions de Marc Bergevin. Je demeure convaincu de deux choses : il peut encore aider le Canadien. Et s’il manque de place pour lui, il sera possible de l’échanger malgré son salaire de 6 millions $ pour les deux prochaines années. Plekanec jouit d’une très bonne réputation auprès des entraîneurs-chefs qui veulent un gars comme lui au sein de leur formation. Et comme il n’a plus de clause de non-échange, il pourra être refilé à un club qui devra dépenser des gros sous pour atteindre le plancher salarial...
22- Andrei Markov a vieilli lui aussi. C’est indéniable. Mais malgré ses 37 ans bien comptés, Markov est l’un des quatre joueurs seulement – les autres sont Galchenyuk, Pacioretty et Plekanec – ayant disputé les 82 matchs du Canadien cette saison. Et bien qu’il ait connu quelques matchs difficiles dont un ou deux vraiment mauvais, Markov a été certainement le défenseur le plus stable de la brigade du Tricolore cette année...
23- À moins que Marc Bergevin reçoive l’ordre de son propriétaire Geoff Molson de le limoger ou que le ou les congédiements possibles, mais néanmoins surprenants de Claude Julien (Boston), Bob Hartley (Calgary) ou Alain Vigneault (New York) ne forcent la main de Marc Bergevin, Michel Therrien amorcera la prochaine saison derrière le banc du Canadien. Il sera intéressant de voir après combien de défaites consécutives on réclamera son renvoi...
24- Il n’y a pas que les postes d’entraîneur-chef et d’adjoints du grand club qui devront être analysés. Le Canadien devra revoir son groupe d’entraîneurs du club-école également. Si Sylvain Lefebvre, malgré toutes ses qualités, ne figure pas comme un candidat éventuel au poste derrière le banc du grand-club il doit être remplacé par un coach qui pourrait faire le grand saut : Guy Boucher? Pascal Vincent? André Tourigny? Benoit Groulx? Marc Crawford? Faites votre choix en attendant celui de Marc Bergevin...
25- Honni des uns, adulé des autres, David Desharnais n’est certainement pas un centre de premier trio dans la LNH. Mais il est certainement un joueur de la LNH. Il demeure le centre du CH qui a la plus belle vision du jeu et qui est le meilleur pour distribuer les passes autour du filet adverse...
26- Honni des uns, adulé des autres lui aussi, Lars Eller a-t-il disputé son dernier match dans l’uniforme tricolore? Sans en avoir l’intime conviction, je le crois sincèrement...
27- Nathan Beaulieu a beau – excusez là – être un premier choix – 17e sélection en 2011 – son développement est loin de nous assurer qu’il puisse remplacer Andrei Markov à la gauche de P.K. Subban l’an prochain. Pas convaincu qu’il puisse partager le travail avec Jeff Petry sur une base régulière au sein du deuxième duo. Patience...
28- Parlant de Petry, on a bien hâte de le revoir l’an prochain...
29- Alexei Emelin est un défenseur de troisième duo. L’ennui, et il est majeur, c’est qu’il est assis sur un contrat blindé qui l’assure de salaires de 4,2 millions $ l’an prochain et de 4,4 millions $ dans deux ans avec une clause de non-échange la saison prochaine. Ça fait très cher payer pour occuper un rôle au sein d’un troisième duo...
30- Greg Pateryn est un défenseur de la LNH. J’espère qu’il sera mis à contribution dès le début de la prochaine saison...
31- Comme Greg Pateryn, Mark Barberio a perdu beaucoup de temps, beaucoup trop de temps, sur la galerie de presse en début de saison et il mérite d’occuper une place parmi les réguliers l’an prochain. Avec leurs salaires raisonnables, Pateryn et Barberio sont de bien meilleurs candidats aux postes de 5e, 6e, voire 7e défenseurs que peut l’être le très dispendieux Alexei Emelin...
32- Acquis à la date limite des transactions, Phillip n’a pas soulevé le toit du Centre Bell depuis son arrivée. Une place lui est déjà réservée dans le vestiaire l’an prochain. Acquis comme joueur de centre, Danault a toutefois terminé la saison à l’aile. Il sera intéressant de voir quelle chaise lui sera réservée.
33- Paul Byron mérite toutes les accolades reçues dans la foulée de sa sélection à titre de quatrième étoile de la saison chez le Tricolore. Joueur effacé et l’un des plus petits de la LNH, Byron s’est toutefois fait remarquer par sa fougue et sa grande vitesse. Avec ses 11 buts marqués sur les 49 tirs qu’il a cadrés cette année, il est aussi le joueur le plus précis de l’équipe avec une efficacité de 22,3 %...
34- Torrey Mitchell a terminé loin derrière Paul Byron et Mike Condon dans la course au trophée Jacques-Beauchamp. Il mérite toutefois sa place au sein de la formation l’an prochain...
35- Parce que ça se bousculera pas mal au sein des troisième et quatrième trios lors du prochain camp d’entraînement, je me demande sérieusement s’il y aura des places pour Brian Flynn et Stefan Matteau
36- Daniel Carr a du cœur au ventre, un bon coup de patin et le talent requis pour assumer un rôle au sein d’un troisième trio. Parce qu’il a compris qu’en jouant à l’image de Brendan Gallagher il s’offrirait la chance de se tailler une place avec le grand club, je considère que c’est l’attaquant du club-école qui est le plus près de la LNH...
37- Quoi dire sur Andrighetto? De la vitesse, de bonnes mains, du talent. Tout ça est bien beau, mais s’il occupe une place au sein des deux premiers trios du Canadien l’an prochain, Marc Bergevin aura failli à la tâche dans sa quête de renflouer un top-6 qui en a cruellement besoin...
38- Quoi dire sur Michael McCarron? Qu’il jouera avec le grand club l’an prochain sur une base régulière. Est-ce que ce sera avant ou après Noël? Son développement et les blessures le détermineront. Mais j’ai l’impression que sa clef du vestiaire du Canadien sera bien emballée sous l’arbre de Noël...
39- Quoi dire sur Jacob De La Rose? Est-ce que je suis le seul à croire qu’il ne soit pas vraiment de calibre de la LNH?
40- Un match ne fait pas une carrière, mais l’embauche de Charlie Lindgren compliquera la tâche de Zachary Fucale l’an prochain alors qu’il y aura une saine compétition pour le poste de gardien numéro un des IceCaps...
41- Maintenant que la saison est terminée, les 34 joueurs qui ont subi des blessures dans le camp du Canadien cette année ont raté un total de 348 parties, dont 67 par Carey Price. S’il ne peut améliorer cette statistique l’an prochain, surtout dans le cas de son gardien, le Canadien terminera sa saison aussi vite qu’il vient de le faire cette année...

lundi 4 avril 2016

John Scott à Montréal : le vaudeville continue

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Scott et Johnston avec le Canadien

FRANÇOIS GAGNON
LUNDI, 4 AVR. 2016. 14:49
La présence de John Scott ne changera rien au cours de la fin de saison du Canadien. Le Tricolore est éliminé depuis un bon moment et on peut difficilement reprocher au directeur général Marc Bergevin de vouloir «récompenser» le gentil géant qui ajoutera son match dans l’uniforme bleu-blanc-rouge à sa liste de faits saillants dans la LNH cette saison.
Une saison qui tient du vaudeville.
Soumis au ballottage cette année plus souvent qu’il a récolté de points dans la LNH, débarqué en « rock star » à Nashville à titre de joueur ayant obtenu le plus de votes pour le Match des étoiles, un match qu’il a disputé avec un chandail de paria sur le dos alors que ses enfants endossaient des chandails de son ancienne équipe, les Coyotes de l’Arizona, John Scott s’est retrouvé avec le Canadien parce que son ancien directeur général Don Maloney a obligé Marc Bergevin à récupérer son contrat.
Matamore qui a marqué cinq buts en carrière dans la LNH, patineur très ordinaire, Scott est le genre de joueur qui n’a plus sa place dans la LNH parce qu’il ne peut assumer autre chose qu’un rôle de redresseur de torts.
Brute sur la glace, Scott est toutefois un gentilhomme dans le vestiaire. Un gars d’équipe. Un « bon gars » qui a compris que sa taille et son « talent » lui ont permis d’atteindre la LNH et d’y être encore malgré ses 33 ans et ses moyens extrêmement limités.
Il est difficile de ne pas sourire devant ce rappel de Scott. Plus difficile encore de ne pas être heureux pour géant de 6’8’’ qui ne disputera peut-être qu’un seul match avec le Canadien et quelques petites présences lors de cette rencontre. Difficile de ne pas être heureux pour ses proches qui auront un fait d’armes de plus à célébrer. Heureux aussi pour l’auteur du scénario qui immortalisera sa carrière. Un scénario déjà étoffé qui n’avait besoin que d’une belle conclusion pour assurer ce film d’être un grand succès. Une conclusion que le Canadien lui offre gentiment aujourd’hui et presque gratuitement.
McCarron écope
Ce n’est pas le rappel de Scott qui déçoit.
C’est le fait que le Canadien ait décidé de céder Michael McCarron aux IceCaps pour lui faire une place.

Premier choix du Tricolore en 2013 (25e sélection), McCarron n’est pas encore prêt pour la LNH. Malgré de belles performances depuis son deuxième rappel, c’était évident. Ce l’était devenu plus encore au fil des derniers matchs et Michel Therrien avait pleinement raison de le souligner lors de son point de presse lundi midi.
C’est justement pour cette raison que le Canadien devait le garder à Montréal au lieu de le retourner dans la Ligue américaine.
McCarron complète sa première saison professionnelle. Le «mur» qu’il a frappé lors des derniers matchs est un obstacle naturel. Un obstacle normal qui se dresse à un moment ou un autre devant tous les jeunes qui font le saut dans la LNH.
Parce que le Canadien est éliminé, parce que les matchs ne veulent plus rien dire, parce que le temps était justement venu de multiplier les expériences, il aurait été préférable – du moins, il me semble – de donner l’occasion à McCarron de continuer à escalader le mur. Un mur qu’il devra recommencer à escalader à nouveau l’an prochain.
Je suis de ceux qui croient que McCarron – à moins d’un développement exceptionnel au cours de l’été et d’un camp d’entraînement plus exceptionnel encore – devrait amorcer la prochaine saison dans la Ligue américaine. Combien de temps devra-t-il y jouer avant de faire vraiment le saut avec le Canadien? Ses performances répondront à cette question.
Mais peu importe que ce soit après 15, 30 ou 50 matchs, le fait d’avoir compléter la saison avec le grand club ce printemps l’aurait mieux préparé à affronter à nouveau le mur qu’il retrouvera à son retour dans la grande ligue que le fait d’aller jouer quelques parties dans la Ligue américaine en se demandant ce qu’il aurait pu faire de mieux pour demeurer à Montréal.
Le Canadien n’a pas commis de crime majeur en cédant McCarron à son club-école. Il n’y a pas de scandale à dénoncer ici. Il est juste dommage qu’une saison qui est passée d’historiquement sensationnelle à historiquement catastrophique soit entachée un peu plus par une décision difficile à comprendre.
Si le Canadien se battait pour une place en séries, il serait normal que McCarron soit écarté. Remarquez qu’on ne verrait sans doute pas John Scott non plus dans l’entourage de l’équipe si les points à l’enjeu d’ici la fin de la saison étaient cruciaux.
Mais dans la situation actuelle, le Canadien avait toutes les raisons au monde de prolonger le plus longtemps possible l’expérience de McCarron avec le grand-club.
Triste record
Maintenant qu’il est retourné aux mineures, Michael McCarron ne pourra revenir à Montréal pour aider le Canadien qui a épuisé les quatre rappels qui lui étaient permis d’effectuer depuis la date limite des transactions. À moins qu’un attaquant ne tombe au combat. Car dans ces circonstances, le Tricolore – comme tous les autres clubs – pourrait se prévaloir de la possibilité d’effectuer un rappel d’urgence.
Surtout qu’avec les excuses lancées aux quatre vents en marge du nombre de blessures qui ont forcé les rappels de bien trop de jeunes joueurs de la Ligue américaine pour donner une chance à Michel Therrien et son équipe d’être compétitifs dans la LNH, il est permis de se demander pourquoi on provoque artificiellement un rappel de plus.
À moins que le but de la direction soit d’établir un record. Ce que le Canadien est en train de réaliser.
Avec les rappels de Scott et du défenseur Ryan Johnston – les deux joueurs seront en uniforme mardi contre la Floride – 44 joueurs auront disputé au moins un match cette saison. Une liste qui s’étirera à 45 lorsque Charlie Lindgren disputera son premier match dans la LNH, sans doute jeudi en Caroline.
Quarante-cinq joueurs, c’est un de moins que le plus gros total de l’histoire du Canadien en 2001-2002, une saison plus misérable encore que celle qui prend fin alors qu’en plus des blessures – plus de 500 matchs/joueur – le Tricolore avait congédié son entraîneur-chef Alain Vigneault et son directeur général Réjean Houle pour les remplacer par Michel Therrien et André Savard.
Les 15 défenseurs utilisés cette année représentent toutefois un record puisqu’en 2000-2001, le Canadien en avait fait jouer 14... seulement!
Lorsque Charlie Lindgren débarquera devant le filet, il deviendra le cinquième gardien à s’y présenter cette année après Carey Price, Mike Condon, Dustin Tokarski et Ben Scrivens. Zachary Fucale s’est assis au bout du banc plus tôt cette saison, mais il n’a pas pris part à la rencontre.
La surmultiplication de rappels à Montréal a eu des conséquences au sein du club-école également alors que les Ice Caps ont « habillé » 48 joueurs. Rien pour aider le travail de Sylvain Lefebvre à la barre du club-école.

lundi 21 mars 2016

Leçon de hockey, leçon de fierté

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« Personne n’est dans la bonne chaise »

FRANÇOIS GAGNON
LUNDI, 21 MARS 2016. 01:02

MONTRÉAL - C’est vrai que le Canadien est éliminé des séries depuis un bout de temps. C’est vrai aussi qu’il est décimé par les blessures.

Mais le Canadien ne croisait pas un club qui peut prétendre aux grands honneurs dimanche soir au Centre Bell. Loin de là. De fait, les Flames de Calgary, en dépit de la leçon de hockey qu’ils ont servi au Canadien dans leur victoire sans appel de 4-1 ont quatre points de moins au classement que le Canadien. Ils sont même plus loin du huitième rang dans l’Ouest que ne l’est le Tricolore dans l’Est.

Pour battre le Canadien avec une facilité déconcertante, les Flames se sont fiés aux Sean Monahan, Dougie Hamilton, Joe Colborne et Johnny qui ont éclipsé des Max Pacioretty, Alex Galchenyuk, Tomas Plekanec qui sont pourtant eux en parfaite santé.

OK! Ils ont sans doute le moral dans les talons, mais ils demeurent les meilleurs éléments du Canadien à l’attaque. Ils ont fait quoi ces meilleurs éléments du Canadien contre les Flames dimanche et les Sénateurs d’Ottawa samedi?

Rien! Rien de bon. Non seulement ont-ils été blanchis samedi par l’équipe qui occupe le 27e rang en défensive dans la LNH, mais ils ont été tout aussi inertes contre les Flames qui sont pourtant bons derniers en défensive dans la LNH.

De fait, la seule statistique qu’on peut, et qu’on doit, accoler à leur nom est le différentiel de moins-6 que partagent Pacioretty et Galchenyuk et le moins-2 de Plekanec.

Michel Therrien peut bien protéger les jeunes joueurs de son organisation et ses joueurs de soutien en soutenant qu’ils occupent des sièges beaucoup trop grands pour eux en raison des blessures.

Ce qui est tout à fait exact.

Mais si l’entraîneur-chef du Canadien ne peut croire une seconde que les partisans acceptent cette version des faits pour des vétérans qui devraient justement servir de guide aux jeunes venus en relèves au lieu de donner un si mauvais exemple.

Respecter la philosophie de l’équipe

C’est là que la fierté entre en ligne de compte. C’est là que les Flames de Calgary, pas vraiment meilleurs que le Canadien devant le filet et à la ligne bleue, ont offert une leçon de fierté au Tricolore dimanche soir.

« On n’a pas connu une saison à la hauteur de nos attentes. Nous raterons les séries et personne n’est fier de ça. On prend donc les moyens pour tout donner à chaque match afin de pouvoir terminer la saison sur une bonne note en guise de consolation », a lancé le capitaine Mark Giordano.

C’est d’ailleurs le message que martèle Bob Hartley avant chaque match depuis qu’il est clair que les Flames rateront les séries.

« Au point où nous sommes rendus, les résultats ne comptent pas. Chaque soir, je livre le même message aux joueurs. J’exige qu’ils respectent la philosophie de l’équipe. Travail! Travail! Travail! On fait appel à leur fierté. Je dis souvent à mes gars qu’ils peuvent avoir disputé un très fort match même s’ils n’ont pas de point sur la feuille de pointage. Je n’hésite pas non plus à les rappeler à l’ordre quand ils ont des points, mais ont disputé une très mauvaise partie. On bâtit déjà pour la saison prochaine. On veut voir des gars qui se battent. Et c’est ça qu’on a vu ce soir. On a joué un gros match d’équipe. On perd en équipe et on gagne en équipe. N’oubliez pas qu’apprendre à gagner dans la LNH et sans doute ce qui est le plus difficile. On le fait avec nos jeunes qui prennent de plus en plus leur place sur la glace et dans le vestiaire. Mais on a aussi de bons vétérans. Ça n’a pas de prix pour nos jeunes de voir un gars comme Backstrom qui revient de si loin. Un gars qui est arrivé il y a trois semaines et qui fait partie du groupe comme si ça faisait trois ans qu’il était là. C’est bon pour nos jeunes de voir un gars qui s’accroche comme ça et qui veut encore donner au hockey alors que bien des vétérans rendus là croient que c’est le hockey qui leur doit quelque chose », insistait Bob Hartley.

Et c’est sur ce point que les Flames ont fait le plus mal au Canadien dimanche.

Car bien plus que la leçon de hockey, c’est la leçon de fierté qui a frappé fort. Michel Therrien a beau dire que ses joueurs ont tout donné, il était clair que les partisans qui quittaient le Centre Bell par centaines à chaque arrêt de jeu en troisième période ne partageaient pas son avis.

Et ceux qui sont demeurés jusqu’à la fin se sont assurés de le signaler en ovationnant l’annonce de la dernière minute du match et en huant copieusement leurs favoris lorsqu’ils retraitaient au vestiaire après la sirène qui a mis fin au supplice.

Michael McCarron et quelques autres jeunes méritaient d’éviter ce traitement. Car ils ont déployé l’effort nécessaire pour rivaliser avec les Flames. De fait, le grand gaillard méritait pleinement son premier but dans la LNH.

C’est juste dommage pour lui qu’il l’ait marqué dans le cadre d’un match aussi atroce du Canadien. Car non seulement la recrue semblait mal à l’aise de célébrer ce but historique, mais les responsables de l’animation au Centre Bell semblaient tout aussi gênés de pousser la flûte de train à fond et de « crinquer » la toune des Loco Locass pour réveiller les partisans qui ont mis du temps eux aussi avant de sortir de leur torpeur.

Impossible de les blâmer?

Backstrom : premier match en 15 mois

L’absence de Carey Price fait cruellement défaut chez le Canadien. C’est vrai.

Mais ce n’est pas un gardien en lice pour le trophée Vézina qui a repoussé 21 des 22 tirs du Tricolore, c’est un gardien de 38 ans dont personne ne voulait il y a trois semaines à peine.

Directeur général des Flames, Brad Treliving a été obligé d’accepter le contrat de Niklas Backstrom lorsqu’il a obtenu un choix de sixième ronde du Wild en retour de l’attaquant David Jones dans le cadre d’une transaction qui est passée inaperçue le 29 février dernier. De fait, les bilans de la dernière journée des transactions étaient complétés depuis longtemps lorsque, trois heures après le couperet, la LNH a confirmé cette transaction très mineure.

Tournez ça dans le sens que vous voudrez, mais Niklas Backstrom a été imposé aux Flames de la même façon que John Scott a été imposé au Canadien.

Malgré ses 38 ans, malgré les blessures en cascade qui expliquent en partie le fait qu’il n’avait pas disputé un match de hockey depuis 15 mois, Backstrom avait des allures de champion devant le filet des Flames. Il a signé sa première victoire depuis le 13 décembre 2014. Il est même passé à un cheveu de signer son premier jeu blanc depuis le 7 avril 2013.

« Quand je suis allé le voir à son arrivée avec nous, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. De fait, je croyais qu’il me dirait qu’il avait les hanches finies et qu’il me demanderait d’y aller doucement avec lui », a expliqué Bob Hartley après le match.

C’est tout le contraire qui est arrivé : « Nik m’a dit qu’il était remis de ses blessures et qu’il voulait jouer. Je lui ai dit d’embarquer sur le vélo, de se donner à fond à l’entraînement et que sa chance viendrait. Ce gars-là n’a pas joué depuis plus d’un an. En fait, il ne s’est même pas vraiment entraîné parce qu’il embarquait sur la glace lorsque tous les autres retraitaient au vestiaire. Des deux contre un, des trois contre un, des tirs de la LNH avec de l’action devant le but, il n’en avait pas vu depuis longtemps. Mais il a pris les moyens et il récolte les résultats. Quand je regarde tout ce qu’il a fait depuis qu’il est avec nous, je ne suis pas surpris du tout », a poursuivi le coach des Flames.

Un coach qui a décidé de lui offrir le match contre Montréal en guise d’échauffement avant celui de jeudi alors qu’il reviendra au Minnesota, contre le Wild, avec qui il a connu beaucoup de succès.

« Il aurait été injuste de le sortir au Minnesota comme ça. Il méritait un match avant et l’occasion était belle contre le Canadien. Tu as vu ce soir à quel point les gars voulaient l’aider. Ils ont été témoins de ses efforts des dernières semaines. Ils voulaient lui donner un coussin et ils ont pris les moyens pour le lui offrir », a convenu Bob Hartley.

« On voulait gagner pour lui », a d’ailleurs admis Sean Monahan, première étoile du match avec une solide performance auréolée de deux buts et une passe.

Même Mark Giordano a contribué aux succès de son gardien en dirigeant vers lui un tir du revers involontaire en période médiane. Un tir qui représentait alors la meilleure occasion de marquer du Canadien dans le match.

« Je me suis fait prendre par un bon capricieux de la rondelle. Je savais que j’étais pressé et je visais le coin de la patinoire. Disons que j’ai vraiment raté mon coup. Une chance qu’il était prêt », a lancé le capitaine des Flames qui est allé s’excuser après l’arrêt de jeu.

Bon prince, Niklas Backstrom a tourné la chose en blague. « Ce n’était pas un jeu facile. Peut-être voulait-il s’assurer d’obtenir un tir au but », a ironisé le gardien des Flames.

Remarquez que Niklas Backstrom revient de tellement loin qu’il n’allait pas s’en faire avec un jeu aussi cocasse. Surtout dans la cadre de sa 195e victoire en carrière, une victoire que ses coéquipiers ont soulignée en lui remettant la rondelle du match.

Quand on lui a demandé s’il se souvenait d’avoir effectué un arrêt aussi solide aux dépens d’un coéquipier, Backstrom a plongé dans ses souvenirs avant de répondre. « Je ne me rappelle plus de mon dernier match tellement ça fait longtemps. J’ai traversé un long passage à vide. Je suis simplement content de voir que ma patience et mes efforts ont été récompensés », a conclu le gardien de 38 ans.

Après une escale à Toronto mardi, il sera intéressant de voir si les Flames feront le même genre de cadeau à Backstrom jeudi au Minnesota.

mercredi 16 mars 2016

Grosse victoire pour Stéphane Quintal

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Stéphane Quintal
Stéphane Quintal (Source d'image:Getty)

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BOCA RATON – Préfet de discipline de la LNH, Stéphane Quintal a solidifié encore davantage son autorité avec le maintien intégral du règlement 48 régissant les coups à la tête et les pénalités et/ou sanctions disciplinaires supplémentaires qu’ils peuvent entraîner.
Directeur général des Blue Jackets de Columbus, Jarmo Kekäläïnen aurait aimé que la Ligue se montre plus sévère à l’endroit des coups sournois portés à la tête. Il a été rabroué par ses homologues qui partageaient son groupe de travail. De fait, les directeurs généraux se sont majoritairement rangés derrière Quintal qui leur avait demandé de ne rien changer au règlement.

«J’ai demandé aux directeurs généraux de nous faire confiance. Nous suivons les matchs tous les soirs, nous analysons les jeux dangereux tous les soirs et nous prenons des décisions tous les soirs à savoir si une mesure disciplinaire supplémentaire doit être imposée ou non. On a fait beaucoup de travail au cours des dernières années pour clarifier nos positions sur ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. À mes yeux, le règlement comme il est écrit est clair. Il fait clairement référence au fait que le corps doit être le premier point d’impact peu importe les circonstances. La question de la vulnérabilité du joueur qui reçoit le coup a été soulevée par quelques DG mais les clarifications ont été apportées et nous allons de l’avant », a mentionné Quintal qui était appuyé mardi par l’un de ses adjoints Chris Pronger.
De fait, tout juste après être sortis de la salle de réunion où ils ont défendu leurs positions, Quintal et Pronger se sont rendus dans une autre salle pour la comparution de Dalton Prout. Au terme de cette comparution (téléphonique), le défenseur des Blue Jackets de Columbus a écopé une suspension d’une rencontre pour avoir asséné un coup de poing sournois à Nikita Kucherov, du Lightning de Tampa Bay, lors d’une mêlée survenue au cours de la rencontre de dimanche.
Pendant que Stéphane Quintal dirigeait cette audience, plusieurs directeurs généraux ont encensé son travail.
« La Ligue a fait des pas de géant pour diminuer les coups à la tête et autres coups dangereux sur la patinoire. Avec tous les changements apportés au fil des dernières années, le jeu est plus rapide qu’il ne l’a jamais été. Avec les conséquences négatives que cela peut entraîner. En utilisant les moyens techniques à leur disposition et surtout en effectuant une meilleure éducation afin de s’assurer que les joueurs se protègent d’une meilleure façon sur la glace, je trouve que nous avons grandement amélioré les choses», a indiqué Lou Lamoriello directeur général des Maple Leafs de Toronto.
« Tout le monde comprend maintenant la nature du règlement. Oui il y a encore parfois des questions afin de comprendre pourquoi un geste a été sanctionné et un autre non. Mais les vidéos présentés par la Ligue tendent à démontrer clairement les différences. À mes yeux, la plus grande amélioration est associée au fait qu’on ne voir plus de joueurs être frappés lourdement après avoir décoché un tir. Ces coups étaient dévastateurs en raison du fait que ceux qui les recevaient étaient très vulnérables. C’est un signe que les choses changent. C’est une bonne nouvelle. Et c’est pourquoi je crois que le règlement tel qu’il est écrit est suffisant », a ajouté Steve Yzerman, directeur général du Lightning de Tampa Bay.
En plus du maintien du règlement 48, Colin Campbell est revenu sur la règle 49 qui régit, entre autres choses, les buts marqués avec les patins. Là aussi les directeurs généraux se disent satisfaits des améliorations apportées au fil des dernières années.
« Le plus important dans l’application de ce règlement est que nos décisions soient constantes. Quand tu es constant dans tes jugements, les gens comprennent et on évite surtout les interprétations différentes qui compliquent notre travail. À l’aube des séries éliminatoires, nous jugions important de faire le point sur cette règle et son application et il semble que tout le monde soit heureux », a expliqué Campbell.