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jeudi 16 février 2017

Tout n’est pas réglé

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/

« J'ai senti que l'équipe avait besoin d'un changement »


Il y a deux jours, un climat d’affolement régnait dans la ville. On cherchait quelqu’un à immoler à la suite de l’inquiétante glissade du Canadien. Marc Bergevin a calmé l’impatience des amateurs et des médias en faisant sauter la baraque. Le terme n’est pas trop fort. Que Michel Therrien ait été relevé de ses fonctions, passe encore, mais que son successeur soit Claude Julien, la surprise a été générale.
Bergevin s’est expliqué longuement, même s’il a gardé l’essentiel pour lui. Julien, de son côté, nous a raconté que le Canadien a toujours été l’équipe de son enfance, que Carey Price est le meilleur gardien au monde, que Bergevin est un directeur général intelligent, que Geoff Molson a de la classe, bref, qu’il est heureux d’être là où il se retrouve en ce moment. Pas de grands scoops, mais des réponses débitées avec aplomb dans les deux langues. Tout ce que Montréal attend d’un coach du Canadien.

L’important, comme l’a précisé Bergevin, c’est de replacer au plus tôt le train sur les rails. On ne doute pas que Julien, un entraîneur à l’écoute de ses joueurs, y arrivera.
En somme, toute cette agitation venait du fait qu’on se sentait un brin dupé en assistant à une autre glissade de mi-saison malgré l’acquisition de quatre éléments importants durant la période estivale. On parlait constamment d’une fenêtre d’opportunité, mais plus que jamais, on donnait l’impression de s’en éloigner. Cet appel au calme a été réussi grâce à l’embauche d’un homme dont la feuille de route est remarquable. L’arrivée dans le décor de Claude Julien a provoqué toutes sortes de remarques dans les médias sociaux, la plate-forme idéale pour tous ceux qui ont des messages à refiler à la direction de l’équipe. J’en ai retenu une plutôt drôle : « Il faut tous se ranger derrière Claude Julien. Avec lui, la coupe Stanley, c’est en 2017 qu’on va la gagner. On va tous se revoir au défilé de la coupe ».
Wow! Je n’aurais jamais cru que Julien, parmi toutes ses compétences, pouvait aussi effectuer des arrêts ou marquer des buts. Il y a longtemps qu’on n’avait pas assisté à l’arrivée d’un sauveur au Centre Bell. Même si le train n’est pas encore sur les rails, le public semble être déjà monté à bord.
Si on était si amèrement déçu, c’est parce que le Canadien possédait suffisamment de talent, nous disait-on, pour joindre les formations représentant le premier tiers de la ligue. On s’était donc imaginé que l’addition des Weber, Radulov, Shaw et Montoya serait suffisante pour propulser l’équipe en finale de la coupe Stanley, sinon de la gagner. Or, avant le remplacement de Therrien, on avait perdu espoir. On broyait du noir. Comme quoi l’émotivité n’est pas toujours bonne conseillère.
Pourtant, la fameuse « fenêtre d’opportunité » n’est guère plus ouverte qu’au début de la semaine. Tout n’est pas réglé. Le Canadien est encore très loin de son objectif. Une formation qui ne possède pas une ligne de centre digne d’une équipe championne, peut-elle vraiment rêver de remporter une 25e coupe sans l’ajout d’un ou deux joueurs d’impact? Une équipe, qui ne compte dans ses rangs que deux joueurs issus des quatre derniers repêchage, Artturi Lehkonen et Sven Andrighetto, peut-elle compter sur sa filiale pour la dépanner? Finalement, quand on ne sait toujours pas, après cinq ans, quel type de joueur est Alex Galchenyuk, le problème n’est-il pas plus profond qu’on l’imagine?

« Claude Julien est un coup de circuit »








Pour l’instant, Bergevin, qui a remercié le seul entraîneur qu’il ait embauché dans sa jeune carrière, a pris une décision qui va probablement générer un peu d’espoir parmi les joueurs et ramener le calme dans la population. Avec Julien, qu’il a qualifié de superstar dans son milieu, il est logique de croire que certains progrès seront quasi instantanés. L’entraîneur saura utiliser les mots pour créer une meilleure unité dans la chambre. Il va leur offrir son propre style, qui ne s’éloigne pas tellement tout ce qui se fait ailleurs, mais le discours et le timbre de voix seront différents.
Si Therrien était sans mots pour expliquer le cafouillage de sa troupe, Julien est d’une grande clarté quand on lui parle des difficultés du Canadien à marquer des buts.
« S’il y a un problème, on déterminera si c’est une question de confiance ou de style de jeu, dit-il. Ensuite, on apportera les ajustements qui s’imposent. »
Tout un défi devant lui
Julien avoue aimer les défis. Si c’est le cas, il en a tout un devant lui. Il apprendra avant même de diriger son premier match au Centre Bell que c’est la coupe et rien d’autres qui occupe les pensées des amateurs. Probablement qu’à Boston, où il vient de passer 10 ans dans un marché qui ne pardonne guère plus, il n’a jamais entendu parler d’une fenêtre d’opportunité. Ici, un peu plus et l’expression serait dans le dictionnaire. Il apportera des solutions et règlera certains problème, mais pour la fenêtre, dont il est si souvent question, ça risque d’être plus compliqué.  L’organisation lui versera plus de 20 millions au cours des cinq prochaines années avec le mandat précis de réussir là où sept entraîneurs, y compris lui-même, ont échoué depuis le remplacement de Jacques Demers.

Julien est déterminé à relancer le Canadien
Pour éviter d’avoir à identifier des joueurs, Bergevin n’a pas voulu élaborer publiquement sur la nature des problèmes qui l’ont forcé à procéder à  ce changement qu’il n’a sûrement pas fait de gaieté de coeur. Cependant, vous pouvez parier que Julien en sait déjà pas mal sur la situation.
Dans un autre ordre d’idées, Bergevin a tenu à éclaircir un détail qui lui semblait important. Il a précisé qu’il avait la bénédiction de l’entraîneur quand il s’est adressé à ses leaders dans un hall d’hôtel en Arizona. C’est sans doute vrai, mais ça ne veut pas dire pour autant que Pacioretty, Weber et Price ne l’ont pas renseigné au sujet de ce qui n’allait pas dans l’équipe.
Bergevin sait indubitablement qu’il ne possède pas encore tous les chevaux pour gagner la course. Il considère avoir frappé un coup de circuit avec l’embauche de Julien, mais s’il échoue dans sa tentative pour mettre le grappin sur un athlète de premier ordre durant les deux prochaines semaines, le nouveau venu devra se défendre avec le personnel qui a fait faux bond à Therrien.
Julien s’est fixé comme premiers objectifs de distribuer des responsabilités aux joueurs et d’établir rapidement un canal de communication avec eux. Ils vont lui porter une oreille très attentive au départ. Ils le font tous quand il ne savent pas vraiment à qui ils ont affaire. Avec le temps, ils en viennent à faire les les choses à leurs manières.
Michel Therrien, qui ronge son frein à la maison, pourrait sans doute nous en parler.

« Je suis heureux de revenir à Montréal »

« Si les Bruins ne m'avaient pas permis de parler au CH, je serais ailleurs »

« Je ne vais pas changer mon style »

samedi 4 février 2017

Michel Therrien envoie des flèches aux arbitres

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MONTRÉAL – Jeudi soir dernier, à Philadelphie, Andrew Shaw était tombé dans les mauvaises grâces de Michel Therrien en écopant d’une pénalité qui avait permis aux Flyers de s’inscrire à la marque et d’éventuellement compléter une remontée victorieuse. L’entraîneur n’avait pas tardé à en faire son bouc émissaire en le clouant au banc pour la durée de la troisième période.
Samedi après-midi, Shaw s’est de nouveau fait punir à un moment fort inopportun. Alors que son équipe tentait de combler un retard d’un but en fin de troisième période, le combatif attaquant s’est fait envoyer au cachot pour avoir retenu le porteur du disque en zone neutre. Les unités spéciales ont tenu le coup, mais le Canadien a manqué de temps pour revenir à la hauteur des Capitals de Washington.

« Andrighetto joue du bon hockey »


Cette fois, Shaw a toutefois reçu l’absolution de son entraîneur. C’est vers les officiels que Therrien a préféré envoyer quelques pointes après la défaite des siens.
« Il faut que vous compreniez qu’il y a des punitions qui sont dans le jeu et d’autres punitions qui sont de l’indiscipline totale, a nuancé l’entraîneur. Ce soir, ce n’était pas une punition, on s’entend tous là-dessus. »
Therrien y est aussi allé d’une moue révélatrice en guise d’appréciation pour le jugement des arbitres sur une punition décernée à Alexander Radulov en début de troisième. Les Capitals ont inscrit le but vainqueur sur l’avantage numérique qui a suivi.
« On a fait une bonne poussée en troisième, mais certaines décisions ont coupé notre momentum. Je ne crois pas que Radulov méritait une pénalité », a plus tard précisé le coach en anglais.
Therrien croyait aussi que les visiteurs auraient dû être punis pour avoir retardé la partie quand Matt Niskanen a rejeté la rondelle dans les gradins peu après le troisième but des Caps. Max Pacioretty, qui était aux trousses de Niskanen sur la séquence, était du même avis dans le vestiaire des perdants. La reprise vidéo de la séquence semble donner raison aux deux hommes.
« C’était assez clair. Pour ce genre de décision, c’est noir ou c’est blanc. Mais que voulez-vous qu’on fasse? », a déploré Therrien.
Une ruse de Holtby?
Therrien était toutefois d’avis que justice avait été faite sur un but qui a été refusé à Radulov en deuxième période. Le Russe avait déjoué Braden Holtby d’un tir vif du côté de la mitaine après une pièce de jeu spectaculaire, mais l’intervention un peu trop musclée de Pacioretty aux dépens du cerbère a privé le numéro 47 des fruits de son effort.
Sans nécessairement critiquer la décision rendue, Pacioretty se demandait si Holtby n’avait pas provoqué le contact et ainsi influencé le travail des officiels.
« J’ai demandé à Monty [Al Montoya] et Pricer [Carey Price] et ils étaient du même avis que moi, arguait le capitaine. Je ne regardais pas en direction du filet, mais dans ce genre de situation, on sait toujours à peu près où se trouve le demi-cercle. J’avais donc l’impression d’être à l’extérieur et j’ai tout de suite senti que ses patins étaient dans une drôle de position étant donné la façon dont ‘Radu’ s’approchait à contre-courant. Je ne m’attendais vraiment pas à ce qu’il y ait un contact de la sorte, alors peut-être qu’il l’a fait exprès. C’était tout un jeu de sa part. »
Desharnais écope
Contre les Capitals, Therrien a pris la décision de laisser David Desharnais de côté pour réintégrer dans sa formation Sven Andrighetto, qui avait été laissé dans les gradins à Philadelphie.
Après avoir raté 24 matchs en raison d’une blessure à un genou, Desharnais était revenu au jeu et avait inscrit son quatrième but de la saison en début de semaine contre les Sabres de Buffalo. Il avait été utilisé pendant 13 minutes et 18 secondes contre les Flyers.
« ​Ce n’est jamais une décision facile quand tu sors un vétéran, a affirmé Therrien. Il ne faut pas oublier qu’Andrighetto joue du bon hockey aussi. Je trouve qu’il patine bien, qu’il provoque de bonnes chances de marquer. C’était beaucoup plus pour rentrer Andrighetto que pour sortir David. »
Majoritairement utilisé contre le trio d’Alexander Ovechkin en compagnie de Tomas Plekanec et Andrew Shaw, Andrighetto a joué pendant 14:54 samedi. Il a récolté un tir au but.

Trop peu trop tard pour le Canadien

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MONTRÉAL – Confronté à une équipe que Michel Therrien s’est empressé de qualifier de « meilleure de la Ligue », le Canadien a échappé la première partie de son traditionnel programme double de la fin de semaine du Super Bowl en s’inclinant par la marque de 3-2 devant les Capitals de Washington, samedi après-midi.
Un but en avantage numérique de Nicklas Backstrom, inscrit à 5:16 de la troisième période, a donné aux Caps une avance de deux buts qu’ils ont su protéger jusqu’à la toute fin.

Max Pacioretty a rétréci l’écart avec son 25e filet de la saison, mais Braden Holtby a volé Alex Galchenyuk et Torrey Mitchell dans la deuxième moitié de la troisième en plus de fermer la porte dans la dernière minute pour signer sa onzième victoire consécutive.
« Les chances là, mais on affrontait l’un des meilleures gardiens de la Ligue et il a joué à la hauteur de sa réputation. On est arrivés tout juste à court », a commenté Pacioretty.

Capitals 3 - Canadiens 2

« Évidemment, on est déçus de ne pas avoir remporté ce match, mais on se mesurait définitivement à la meilleure équipe dans la Ligue alors il y a du positif à retenir de ce match », a ajouté Therrien.
Les Capitals, qui dominent effectivement le classement général de la LNH avec une récolte de 76 points en 52 matchs, ont signé une 15e victoire à leurs 18 derniers matchs.
Le Canadien a quant à lui subi une deuxième défaite consécutive et une quatrième à ses six dernières sorties, mais il a néanmoins fait amende honorable après sa contre-performance de jeudi à Philadelphie.

Max Pacioretty dans l'Antichambre








« Quand on joue sur les talons et qu’on ne sort pas de notre zone avec le contrôle de la rondelle, ce n’est pas trop long qu’on se retrouve dans le trouble. Mais ce n’était pas le cas ce soir. Peut-être un petit peu, mais assurément pas comme à Philly », estimait Pacioretty.
Alexander Radulov, qui a été au cœur de tous les combats dans la défaite, a terminé le match avec deux points. Philip Danault, son joueur de centre sur le premier trio, n’a pas joué dans les dix dernières minutes de la troisième. Therrien a expliqué qu’il souffrait d’une blessure au haut du corps et n’a pu confirmer sa présence pour le match de dimanche contre les Oilers d’Edmonton.
Les Capitals ont maintenant une fiche de 12-0-2 à leurs 14 dernières visites à Montréal. Leur dernière défaite en temps réglementaire au Centre Bell remonte au 10 janvier 2009.
Les Caps étaient arrivés en ville avec l’artillerie lourde habituelle. Alexander Ovechkin avait 17 points à ses 12 derniers matchs, Backstrom en revendiquait 21 à ses 14 derniers et T.J. Oshie 19 à ses 15 derniers. Evgeny Kuznetsov visait un quatrième match de suite avec au moins deux points. De quoi faire trembler la plus solide des brigades défensives.
Mais c’est avec leur quatrième trio que les visiteurs ont donné le ton dès la quatrième minute de la rencontre. Profitant d’un cafouillage de Jeff Petry et Jacob De La Rose à leur propre ligne bleue, Daniel Winnik a pris possession de la rondelle à l’entrée de la zone adverse et la remise en retrait à Jay Beagle, qui a mystifié Carey Price d’un tir vif du côté de la mitaine.
À 31 ans, Beagle améliorait une marque personnelle avec son onzième but de la saison.

La nouvelle identité des Capitals
Un bris sur la bande derrière Holtby a forcé l’interruption du match pendant une vingtaine de minutes. Le Canadien en a profité pour reprendre ses esprits et préparer sa riposte. Au retour de l’intermède, un gros travail de récupération de Danault et Pacioretty à la ligne bleue des Caps a mené au but égalisateur de Radulov, qui inscrivait un 40e point à son 51e match.
Une intervention providentielle du défenseur Matt Niskanen a empêché Tomas Plekanec de donner les devants au CH quelques instants plus tard. À l’autre bout, Price s’est contorsionné pour voler Brett Connolly dans la dernière minute de la période.
Il aurait toutefois fallu des pouvoirs surhumains à Price pour contrecarrer les plans d’Andre Burakovsky à mi-chemin dans le match. Alimenté par une belle passe transversale de Connolly, l’Austro-Suédois de 21 ans a décoché un lancer balayé fumant qui a sifflé par-dessus l’épaule gauche du cerbère étoile.
Radulov est une fois de plus venu au secours du Tricolore en marquant, sur un genou, ce qu’on croyait être son deuxième but du match. Après un bref conciliabule, les officiels ont toutefois jugé que Pacioretty avait privé Holtby de sa liberté de mouvement et ont mis fin aux célébrations.
La décision n’a pas découragé la bougie d’allumage russe. À la reprise, l’inépuisable numéro 47 s’est offert une autre montée d’un bout à l’autre de la patinoire et a coupé au but en déjouant Niskanen, mais Holtby a eu le dernier mot.
La fougue de Radulov a aussi ses effets pervers. En début de troisième, « Radu » s’est fait envoyer au cachot pour avoir retenu Ovechkin profondément en zone offensive. Backstrom a doublé l’avance des Caps lors de l’avantage numérique subséquent.

« Andighetto joue du bon hockey »








Pacioretty a ramené le CH dans le coup quelque deux minutes plus tard. Grâce à l’aide de Radulov – encore lui –, le capitaine a inscrit son 25e de la campagne pour porter la marque à 3-2.
Holtby a toutefois fermé la shop après ce faux pas. Galchenyuk, qui a brièvement retrouvé sa place sur le premier trio en l’absence de Danault, l’a défié sans pouvoir le déjouer en toute fin de match. Même chose pour Mitchell, qui s’est échappé en désavantage numérique seulement pour se buter au brio du portier des Prairies.
Holtby a terminé sa journée de travail avec vingt arrêts. Son vis-à-vis Price en a quant à lui réalisé 27.

samedi 17 décembre 2016

Carey Price et Patrick Roy : aucune comparaison possible

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Sharks 4 - Canadiens 2

Images of Francois Gagnon

Lorsque Carey Price a regardé vers sa droite en retraitant au vestiaire plusieurs ont imaginé le pire.
Sorti du match après avoir accordé un but sur le troisième tir des Sharks en début de deuxième période, Price jouait-il à Michel Therrien le même coup que Patrick Roy a joué à Mario Tremblay le 2 décembre 1995 lorsque le gardien a défié son entraîneur-chef du regard après avoir annoncé au président de l’équipe à l’époque, Ronald Corey, qu’il venait de disputer son dernier match dans l’uniforme du Canadien?
La réponse est non.
De fait, les deux événements n’ont rien à voir. Je veux bien croire qu’on aime créer des tempêtes autour du Canadien, mais il y a quand même des limites à exagérer.
Mario Tremblay et Patrick Roy se livraient un duel de coqs dans le vestiaire du Tricolore à l’époque. Le premier était un tout jeune entraîneur-chef, flamboyant, émotif qui devait établir son autorité alors que le deuxième était la pierre d’assise de l’équipe, le joueur qui en menait très large dans le vestiaire comme sur la glace et qui ne s’en laisserait pas imposer par un jeune coach peu importe le nombre de conquêtes (cinq) de la coupe Stanley à son actif.
En plus, Patrick Roy a été offert en pâture aux Red Wings de Detroit qui ont enfilé neuf des 11 buts marqués dans cette tristement célèbre défaite de 11-1 du 2 décembre 1995 au Forum.
Vendredi soir, Carey Price a été retiré après avoir accordé quatre buts. Quatre buts concédés sur les 18 tirs qu’il a affrontés. On sera tous d’accord, du moins je l’espère, que le meilleur gardien de la LNH n’était pas à son mieux face aux Sharks. Des Sharks qui forment d’ailleurs l’équipe qui lui donne le plus de fil à retordre dans le circuit comme le confirment les sept revers infligés en neuf matchs (2-6-1) contre lui.

Mais peu importe que Carey Price n’était pas l’ombre de lui-même, l’équipe qui jouait devant lui était amorphe dans toutes ses actions. En fait, elle était carrément mauvaise.
Quatre pénalités écopées coup sur coup en première période ont permis aux Sharks de marquer deux buts et de surtout prendre le plein contrôle de la patinoire. Michel Therrien a d’ailleurs assumé sa part de blâme en convenant que son mandat était de préparer son équipe et qu’en dépit des trois jours de congé de cette semaine, son club n’était définitivement pas prêt à faire face aux Sharks.
Sans surprise aucune, les Sharks ont donc ajouté un troisième but – en passant bravo à Timo Meier, un diplômé de la LHJMQ, qui a salué son premier match dans la LNH avec un filet aux dépens du Canadien – et ils auraient facilement pu en marquer un, voire deux autres avant la fin de l’entracte.
Sortir Price pour revenir avec lui
Parce que le plan du Canadien était de donner le match de samedi, à Washington, à Al Montoya, le Canadien aurait facilement pu retirer Price dès la fin du premier tiers de manière à modifier le plan initial et de lui offrir la chance de rebondir moins de 24 heures plus tard face aux Caps. Surtout que les deux points à l’enjeu demain ont plus de valeur que les deux que les Sharks sont venus ramasser sur la glace du Centre Bell vendredi.
Mais voilà : Michel Therrien est revenu avec Price pour amorcer la période médiane. Les circonstances ont fait qu’il a changé son fils d’épaule moins de sept minutes plus tard.
Carey Price a refusé de répondre aux questions des journalistes après le match de vendredi. C’est dommage. Car à titre de pierre angulaire du Canadien, à titre de meilleur gardien de la LNH et de l’un des meilleurs joueurs du circuit toutes positions confondues, Price devrait être en mesure d’assumer une contre-performance comme celle de vendredi et d’affronter les médias. Ne serait-ce que pour tuer dans l’œuf la tempête soulevée par son regard en direction du coach.
Je ne sais pas ce que Price avait dans la tête lorsqu’il retraitait vers le banc. Et je ne tenterai jamais de vous faire croire, voire de tenter de croire, qu’il dévisageait l’ensemble de ses coéquipiers qui venaient de l’abandonner devant son filet.
Il est clair que Price était en colère. Je me souviens d’un soir ou un plus jeune Carey Price victime d’un revers en prolongation aux mains des Blues de St Louis avait fracassé un des tableaux accrochés sur les murs du vestiaire. J’imagine donc que cela a brassé pas mal entre le moment où Price s’est retrouvé sous les gradins et le moment où sa colère s’est estompée.
Une telle crise serait tout à fait normale dans les circonstances. Car je ne me souviens pas – à part peut-être certains soirs des premières années des Sénateurs d’Ottawa où l’équipe était tellement mauvaise que les gardiens des Sens devaient remercier leur coach et le ciel de les sortir de là – de gardiens vedettes qui ont apprécié le fait d’être rappelés aux bancs en cours de partie.
Le regard de Price à l’endroit de Michel Therrien était donc tout aussi normal à mes yeux.
Je crois toutefois qu’en athlète fier qu’il est, le gardien a regardé son coach en se disant : si tu avais l’intention de me sortir si vite en deuxième, pourquoi diable ne m’as-tu pas gardé au banc après la première période. Cela m’aurait évité l’affront d’un rappel sous les yeux et surtout les huées des partisans entassés dans le Centre Bell.
C’est très facile de le dire ou de l’écrire après coup, mais c’est justement pour éviter ce genre de situation explosive que le Canadien aurait dû retirer Price après 20 minutes au lieu de le faire après 26:44.
Mais bon!
En assurant que sa décision lui permettait de redonner le match de samedi, à Washington, à Carey Price – de toute façon c’est ce match que Price aurait dû garder anyway puisqu’il est plus important que celui contre les Sharks – Michel Therrien a pris la seule décision qu’il pouvait prendre. Et Price en profitera peut-être pour signer sa 250evictoire en carrière de brillante façon afin de faire oublier sa soirée difficile de vendredi.
Mais attention avant de fêter : le défi qui attend le Canadien à Washington est tout aussi imposant que celui qui se dressait devant lui au Centre Bell vendredi.
Le rôle ingrat d’un numéro 2
Et Al Montoya dans tout ça disent certains : pourquoi l’avoir gardé devant le filet pour les 10 buts des Blue Jackets à Columbus alors qu’on a « protégé » Price vendredi contre San Jose?
Je n’arrive pas à croire, pas plus qu’à comprendre, comment il se fait que des partisans mettent un gardien numéro un et son adjoint sur un pied d’égalité.
Montoya a été gardé pour les 10 buts des Jackets parce que Price jouait le lendemain soir contre les Flyers au Centre Bell.
Montoya a été sacrifié vendredi pour permettre à Price de rebondir samedi à Washington.
C’est élémentaire comme décision. N’importe qu’elle équipe va mettre toutes les chances de son côté en y allant avec son numéro un le plus souvent possible. Déjà que le Canadien ne s’aide pas en refusant de donner des deux matchs en deux soirs à Price – remarquez que c’est peut-être pour minimiser les risques de blessures avec les conséquences éventuelles qu’on sait – si la sortie rapide du numéro un vendredi et l’entrée d’urgence de Montoya mousse les chances de victoire face aux Caps, ce sera un plus.
Mais entre vous et moi, le Canadien est mieux de jouer trois périodes comme il l’a fait en troisième vendredi. Sans quoi la présence de Price devant le filet du Tricolore ne changera rien à l’issue de la rencontre.
Ça et là
La tempête dans un verre d’eau, mais tempête quand même, soulevée par le regard de Price a mis dans l’ombre quelques notes intéressantes remarquées lors de la rencontre.
- Michael McCarron a disputé une solide troisième période. Son jeu le long de la bande et sa capacité à bien protéger la rondelle a mené au deuxième but du Tricolore. Un deuxième but qui a rendu la fin de rencontre presque intéressante...
- Philippe Danault a lui aussi connu un match intéressant. Le Québécois (10 en 15) et Brian Flynn (10 en 14) qui a aussi marqué le premier but du Canadien au dernier tiers ont été les deux centres les plus efficaces sur la patinoire vendredi soir, damant le pion à Joe Thornton qui a gagné seulement 5 des 20 mises en jeu qu’il a disputées...
- Malgré des ennuis aux cercles des mises en jeu, Joe Thornton a démontré à plusieurs reprises à quel point il est encore le meilleur passeur de la LNH...
- Coupé au menton par la lame du bâton de Marc-Édouard Vlasic, Max Pacioretty a raté une portion de la période médiane pour recevoir des soins. Le capitaine a raté une, voire deux, occasions en or en fin de rencontre...
- Après Andrew Shaw qui a déclaré forfait en raison de contrecoups attribuables à une commotion cérébrale, Sven Andrighetto a quitté la rencontre après deux présences seulement. Il n’est jamais revenu au jeu. Shaw et Andrighetto n’ont pas accompagné l’équipe à Washington...
- Chris Terry a été rappelé en fin de soirée vendredi pour pallier la perte d’Andrighetto.