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jeudi 4 février 2016

Le Canadien, une équipe dégonflée en troisième période

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/

« Ce sera difficile de faire les séries »


Nicolas Landry
MONTRÉAL – La version du Canadien qui a écrasé les Sabres de Buffalo 7-2 en octobre était sans pitié en troisième période. Pendant la séquence de neuf victoires avec laquelle il a amorcé sa saison, le Tricolore a marqué 40% de ses buts et n’en a accordé que deux dans le dernier tiers de ses parties.
L’équipe qui s’est inclinée 4-2 contre ces mêmes Sabres mercredi au Centre Bell est désespérément en quête de cette solidité qui la rendait imprenable en début de saison. À ses dix derniers matchs, soit depuis qu’il a signé sa dernière victoire en temps réglementaire, le Canadien a concédé un hallucinant total de 18 buts après le deuxième entracte.
Depuis deux mois, les hommes de Michel Therrien flanchent devant la moindre menace. La confiance des troupes semble complètement à plat.
« C’est une question d’attitude, tentait d’expliquer Brendan Gallagher après avoir été blanchi dans un troisième match de suite. Au début de l’année, on tentait d’être le plus agressifs possible. Ce n’est pas comme si on se disait maintenant : ‘Essayons d’être moins agressifs!’ Mais on doit absolument être plus forts mentalement et comprendre les situations qui se présentent à nous en cours de matchs. De l’adversité, il y en aura. Il faut trouver une façon de la gérer mieux que ça. »
« J’avais l’impression qu’on jouait plutôt bien avec l’avance en troisième période, mais dès qu’ils ont créé l’égalité, ça nous a assommés, a remarqué Max Pacioretty. Il faut trouver une façon de rester forts en pareille situation. Le pointage était égal et il y avait un point important à aller chercher. On s’est écroulés. »
Dale Weise, dont le premier but en huit matchs avait permis aux siens de créer l’égalité 1-1 en début de deuxième, croit que le Canadien a péché par excès de prudence après avoir trouvé le moyen de s’emparer de l’avance lors de l’engagement médian.
« On arrive en troisième période et c’est comme si on se mettait à jouer pour le match nul, a déploré le numéro 22. On se retient, on manque d’agressivité. On ne fait qu’attendre que quelque chose se passe. On met de l’échec-avant à un seul joueur et les deux autres attaquants restent à l’arrière. On manque de synchronisme et tout le monde en est coupable. »
« C’est extrêmement frustrant, a poursuivi Weise. On s’effondre et on continue de perdre chaque soir. Ça doit faire dix fois que je le dis. Cette ligue est trop forte pour qu’on puisse se permettre de se laisser glisser. Les autres équipes vont en profiter et trouver un moyen de marquer. »
« Dans le vestiaire après la deuxième, l’ambiance était la même que lorsqu’on gagnait en début de saison. Tout le monde dit les bonnes choses, tout le monde sait ce qu’on doit faire. Mais présentement, on ne le fait pas », simplifiait Gallagher.
« Depuis deux mois, on invente des façons de perdre des matchs de hockey. On fait des erreurs différentes chaque soir, on est victimes de dérapages mentaux à des moments importants. Il faut que ça change », insistait le jeune assistant.  
L’entraîneur Michel Therrien a commencé son point de presse d’après-match en concédant que la pente menant vers une participation aux séries éliminatoires était devenue très abrupte. Quelques minutes plus tôt, Weise avait fait le même constat.
« Il nous reste beaucoup de matchs à jouer, mais ça va être extrêmement difficile de passer devant toutes ces équipes. »
Février est à peine amorcé et l’espoir se fait déjà rare à Montréal.

vendredi 15 janvier 2016

Un air de déjà vu

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Blackhawks 2 - Canadiens 1


Nicolas Landry
MONTRÉAL – Une première période laborieuse. Un réveil tardif accompagné d’un effort plus qu’honorable. Des chances de marquer en quantité amplement suffisante, mais une incapacité à en convertir suffisamment pour gagner.  
Vous avez déjà entendu ça quelque part?
Confronté à des champions en titre de la coupe Stanley qui avaient remporté leurs huit matchs précédents, le Canadien est loin d’avoir perdu la face, jeudi. Mais le baume qu’il recherchait désespérément après un début de semaine mouvementé est demeuré hors de portée alors que les puissants Blackhawks de Chicago ont quitté Montréal avec une victoire de 2-1.
Il s’agissait d’une deuxième défaite consécutive pour les hommes de Michel Therrien, qui doivent maintenant se préparer à aller défier les Blues de St Louis et les Blackhawks sur leurs propres patinoires, en l’espace de 24 heures, en fin de semaine.
« Je pense que ce soir, l’effort était là. On a mis beaucoup de rondelles au filet, on a eu énormément de chances de marquer », ne pouvait que constater Therrien.
On pouvait difficilement le contredire. Après des buts de Jonathan Toews et Ryan Garbutt en première période, c’est Corey Crawford qui a fait le gros du travail, effectuant 29 de ses 39 arrêts dans les 40 dernières minutes du match. Seul Paul Byron, auteur de son huitième filet de la saison, a réussi à déjouer le gardien québécois.
« Le jeu s’est ouvert un peu à mesure que le match progressait, on a fait patiner leurs défenseurs pas mal, au point où ils semblaient un peu fatigués vers la fin. Mais contre cette équipe, il est fort probable que vous aurez besoin de plus d’un but pour gagner », a calculé Max Pacioretty.
En devoir dans un troisième match de suite, Mike Condon a offert une autre performance béton en effectuant 31 arrêts.
Après s’être retrouvé bien malgré lui au cœur d’une petite tempête au cours des jours précédents, Alex Galchenyuk s’est bien tiré d’affaire. Il a dirigé un total de huit lancers vers le filet adverse et a été crédité de cinq chances de marquer par la firme de statistiques avancées Sportlogiq. Seul Max Pacioretty, avec six, en a obtenu davantage dans le camp des perdants.
Joel Quenneville se rappellera longtemps de ce passage au Centre Bell. C’est là qu’il a signé la 783e victoire de sa carrière, dépassant Al Arbour au deuxième rang de la liste des entraîneurs les plus victorieux de l’histoire de la Ligue nationale.
Un congé prolongé
Après la défaite de samedi dernier contre les Penguins de Pittsburgh, P.K. Subban avait expulsé sa frustration en disant qu’il avait eu l’impression de jouer contre les Harlem Globetrotters. À qui pouvait-il bien comparer les Blackhawks au premier entracte?
Les Hawks ont ouvert la marque à 8:26 de la première période quand Andrew Shaw, après avoir facilement remporté sa bataille contre Tomas Plekanec le long de la rampe, est descendu vers le filet, a déjoué P.K. Subban et envoyé une passe parfaite à travers le demi-cercle du gardien à Toews, qui n’a eu qu’à soulever le disque dans la lucarne.
Le capitaine des Blackhawks marquait ainsi un quatrième but à ses six derniers matchs tandis que Shaw récoltait un sixième points au cours de la même période.
Le premier trio des visiteurs venait d’effectuer une autre présence dominante quand le Canadien a créé l’égalité un peu plus de deux minutes plus tard. Profitant d’un contact entre Marian Hossa et un officiel, Subban a orchestré une contre-attaque avec un relais vers David Desharnais. Arrivé en zone adverse, le petit joueur de centre a dirigé un lancer inoffensif vers le filet de Crawford, mais le retour a ricoché sur Byron et s’est retrouvé derrière la ligne rouge.
Les réjouissances ont toutefois été de courte durée. À la 13e minute, c’est le quatrième trio des Blackhawks qui a fait mal paraître les locaux. Placé au point des mises en jeu à la droite de Condon, Garbutt a hérité d’une rondelle déviée devant le filet et a décoché un puissant tir frappé qui a passé par-dessus l’épaule du gardien.
Therrien a alors jugé que le moment était venu de coiffer Nathan Beaulieu du bonnet d’âne. Le jeune défenseur, qui voilait nonchalamment la vue de Condon sur le but de Garbutt, a passé les sept dernières minutes d’une période difficile au bout du banc. Il y avait quatre minutes d’écoulées au deuxième engagement quand ses lames ont de nouveau touché la patinoire.
Beaulieu a de loin été le défenseur le moins occupé du CH avec un temps d’utilisation légèrement supérieure à 13 minutes. Jeff Petry, qui était de retour au jeu après une absence d’un match motivée par une blessure au bas du corps, a passé près de 22 minutes sur la patinoire.
Crawford solide
Peut-être parce que les 20 premières minutes lui avaient été nécessaires pour chasser la rouille causée par quatre jours de congé, le Canadien est sorti de l’entracte dans une bien meilleure forme et a finalement donné une opposition digne de ce nom aux Blackhawks.
Crawford a réalisé trois arrêts sensationnels sur la même séquence tard au deuxième vingt. Tomas Fleischmann, qui effectuait un retour dans la formation après avoir passé deux matchs en pénitence, a été la victime de deux d’entre eux.
Crawford a ensuite failli payer comptant une erreur d’inattention quand il a laissé sans surveillance un retour de lancer qu’il croyait avoir immobilisé. Tomas Plekanec avait le but égalisateur au bout de son bâton, mais n’a pu pousser la rondelle dans l’ouverture.
Le trio de Galchenyuk a bourdonné avant le son de la sirène, mais Crawford n’a rien voulu savoir. Le cerbère originaire de Chateauguay a terminé le deuxième vingt avec douze arrêts.
Galchenyuk a obtenu la meilleure chance de marquer du Canadien lors du seul jeu de puissance des locaux en troisième, mais Crawford a encore remporté le duel.
Avant d’arriver à Montréal, les Hawks n’avaient pas perdu un match en temps réglementaire après s’être forgé une avance pendant les deux premières périodes. Le Canadien a bien essayé de créer un précédent, mais est arrivé à court de l’objectif.  

vendredi 8 janvier 2016

Manny Malhotra attend toujours un appel d'un club de la LNH

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Manny Malhotra
Manny Malhotra (Source d'image:Vincent Éthier)

Nicolas Landry
MONTRÉAL – Au début décembre, incapable de convaincre une équipe de la Ligue nationale de lui accorder une chance, Manny Malhotra a décidé d’élargir ses horizons et a logé un appel à George McPhee.
Récemment embauché par les Islanders de New York à titre de conseiller spécial au directeur général Garth Snow, McPhee était aussi la personne mandatée par Hockey Canada pour mettre sur pied l’équipe qui représenterait le pays à la Coupe Spengler. Cette avenue intriguait Malhotra, qui avait porté l’Unifolié au Mondial junior en 1998 et au Championnat du monde de 2002.  
McPhee a d’abord été forcé de refroidir les ardeurs du vétéran. Le tournoi de la coupe Spengler est une compétition exigeante qui peut requérir de jouer cinq matchs en autant de jours. On ne peut s’y pointer dans une forme approximative et espérer y faire bonne figure. La candidature de Malhotra était intéressante, mais le joueur autonome devait d’abord se mettre à niveau avec ses pairs qui étaient au boulot depuis quelques mois déjà.
Malhotra a trouvé exactement ce qu’il recherchait à Cleveland, où il a atterri après avoir signé un essai de 25 matchs avec les Monsters de Lake Erie, le club-école des Blue Jackets de Columbus. Dès ses premiers jours avec sa nouvelle équipe, il a été accueilli dans la Ligue américaine par l’une de ces séquences de trois matchs en autant de soirs qui sont propres à ce circuit formateur.
« J’ai reçu un appel le mercredi et voyagé sur un vol de nuit le soir même. On a joué jeudi et vendredi, puis on a pris l’autobus en direction de Grand Rapids pour y jouer le samedi avant de revenir à la maison. Pour un baptême de feu, c’en a été tout un! », racontait Malhotra en entrevue à RDS cette semaine.
Malhotra n’a récolté qu’un point à ses huit premiers matchs dans la LAH, mais la qualité de son jeu lui a valu un autre appel de McPhee, qui recherchait un spécialiste défensif pour compléter sa formation. Des missions en désavantage numérique, des mises en jeu importante, un rôle de mentor dans le vestiaire... Maintenant qu’il avait retrouvé ses jambes, le vétéran de 35 ans avait sans aucun doute la tête de l’emploi.
« J’ai hésité un peu avant d’accepter. J’avais l’impression d’avoir de plus en plus de responsabilités [dans la LAH] et comme on avait quand même beaucoup de blessés, je ne voulais pas laisser mes coéquipiers dans le pétrin. Mais tout le monde à qui j’en parlais me disait que je ne pouvais pas passer à côté d’une pareille opportunité. On m’a encouragé à y aller et je ne l’ai pas regretté. C’était une expérience spéciale. »
Le Canada a survolé la compétition à six clubs. Qualifiée directement pour le carré d’as avec des victoires à ses deux premières parties, la formation dirigée par Guy Boucher a battu l’équipe hôtesse de Davos en demi-finale avant de disposer du Lugano HC par un but en finale. Malhotra a été utilisé dans le rôle qui lui avait été promis en compagnie du Franco-Ontarien Daniel Paille et de l’ancien des Red Wings de Detroit Cory Emmerton.
« La chimie entre nous trois a opéré dès le début du tournoi. Évidemment, la production offensive n’y était pas, mais on a excellé dans le rôle qui nous était confié. La plupart de nos présences débutaient en zone défensive, mais on était en mesure de transporter la rondelle à l’autre extrémité de la patinoire, de provoquer des chances et de fatiguer les défenseurs adverses. Je crois qu’on a bien fait et j’ai eu beaucoup de plaisir à jouer avec ces deux gars-là. »
Malhotra a également ramené de la Suisse des bons mots pour Boucher, avec qui il n’avait jamais eu l’occasion de travailler auparavant.
« À mon avis, son style et sa façon de se comporter étaient parfaits pour la situation. On n’a eu qu’un entraînement complet et une séance d’avant-match avant de sauter dans le feu de l’action. Il n’a donc eu que deux jours pour nous permettre d’assimiler les subtilités de son système et de ses stratégies. Il a été très concis et tout était noir ou blanc à propos de ce qui était attendu de chacun de nous. Il a su nous enseigner ce qu’on devait savoir, nous botter le derrière quand il devait le faire et nous laisser profiter du moment quand le contexte était plus relax. J’ai trouvé qu’il avait fait tout un travail. »
Le véritable objectif : la LNH
Qu’il se trouve en Europe ou sur le bord des Grands Lacs, Malhotra ne cache pas que son objectif suprême est de retourner dans la Ligue nationale.
« Tout le monde veut retourner dans cette ligue, dit sans détour celui qui a disputé 58 matchs dans l’uniforme du Canadien la saison dernière. Mon intention, c’est de mettre des matchs derrière ma cravate et montrer que je suis en santé et que je peux encore contribuer à la cause d’un club. »
Libre comme l’air depuis la conclusion de la dernière campagne, Malhotra s’accroche à l’espoir qu’une équipe, n’importe laquelle, fasse appel à ses services dans le dernier droit menant aux séries éliminatoires. Le vétéran de 991 parties de saison régulière dans la LNH, qui a marqué son premier but de la saison dès son retour avec les Monsters, se considère présentement en audition pour les 30 directeurs généraux du circuit Bettman.
« La LAH est une très bonne ligue dans laquelle on ne vous fait jamais de cadeau. Elle est remplie de jeunes qui tentent de s’y faire un nom et les équipes de la LNH observent constamment ce qui s’y passe. Il n’y a pas de soirée de congé, aucun bon moment pour prendre une pause. Il faut répondre présent à chaque match. Cette simple pensée m’aide à rester alerte. »
L’expérience de la Coupe Spengler a exposé Malhotra à une option qu’il n’avait jamais vraiment pris la peine d’envisager auparavant. En parlant avec son coéquipier Matthew Lombardi, qui a quitté la LNH pour jouer à Genève il y a trois ans, Malhotra a découvert que la Suisse offrait une alternative attrayante aux vétérans qui ne sont pas encore au bout du rouleau.
« Ma femme et moi en avons discuté, admet-il. Je sais que la Suisse offre une qualité de vie sans pareil et que la Ligue nationale A offre un calibre très compétitif. Mais présentement, toute ma concentration est ici. »