mardi 19 janvier 2016

Matchs truqués : deux autres révélations

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Des balles de tennis.
Des balles de tennis. (Source d'image:PC)

MELBOURNE, Australie - Deux joueurs de tennis, un espoir australien et un ancien membre de l'équipe britannique de Coupe Davis, ont révélé mardi avoir été approchés par des inconnus qui leur proposaient de perdre volontairement contre de l'argent, deux jours après les révélations de médias britanniques sur des matches truqués.
L'espoir du tennis australien Thanasi Kokkinakis a déclaré avoir été approché via Facebook. « C'étaient des gens venus de nulle part qui disaient: "je te donnerai telle somme pour balancer un match". J'ai essayé de bloquer ce genre de choses, de m'en débarrasser pour me concentrer sur ce que j'ai à faire », a raconté le jeune joueur de 19 ans à la radio australienne 3AW.
Par ailleurs, un ancien joueur britannique, Arvind Parmar, a raconté auTimes de Londres une tentative de corruption dont il a fait l'objet en 2004 dans un tournoi Challenger (2e division du circuit) aux Pays-Bas.
« On m'a proposé une enveloppe pleines d'euros pour perdre en deux sets, une heure avant d'entrer sur le court », a déclaré Parmar, 37 ans et désormais retiré du circuit.
« J'ai été approché par un inconnu alors que je quittais l'entraînement. Il m'a montré l'argent et m'a dit que je devais perdre en deux sets. Il semblait anxieux, nerveux et après quelques mots échangés il a essayé de me mettre l'enveloppe dans les mains », a-t-il ajouté.
« C'était une somme substantielle, des dizaines de milliers d'euros, bien plus que ce que j'aurais eu en gagnant le tournoi et plus que ce que la plupart des joueurs de ce niveau gagnent en un an », a dit l'ancien joueur.
Mardi, en marge des Internationaux d'Australie, le no 1 mondial Novak Djokovic avait raconté qu'en 2007 il avait lui aussi été indirectement approché, par l'intermédiaire de membres de son équipe, par des inconnus cherchant à le corrompre.
À Melbourne, le quotidien The Age a affirmé que la police, mise au courant des futures révélations de la BBC et de BuzzFeed, s'était renseignée dans le milieu du tennis pour savoir quels matches des Internationaux d'Australie risquaient de faire l'objet de trucage.
Ces deux médias britanniques ont affirmé dimanche que seize joueurs, dont huit sont inscrits aux Internationaux d'Australie, étaient soupçonnés d'être impliqués dans des matches truqués au cours de la dernière décennie. Ayant eu accès à des documents confidentiels, ils accusent également l'ATP, instance dirigeante du tennis professionnel, d'avoir cherché à étouffer plusieurs affaires.
À Melbourne, le président de l'ATP Chris Kermode a démenti toute tentative d'escamotage. « Les autorités du tennis rejettent toute allégation selon laquelle des preuves de trucage de matchs auraient été cachées ou ne feraient pas l'objet d'une enquête approfondie », a-t-il dit.

Patrick Côté et la théorie de l’évolution

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Mayday, Mayday!! C'est terminé!


Nicolas Landry
MONTRÉAL – Un direct au menton, une accumulation d’uppercuts, un travail de finition sans merci. C’est un scénario qui ne vous fera jamais tomber en bas de votre chaise quand vous regardez un combat de Patrick Côté.
Dimanche, à son retour dans l’octogone de l’UFC, Côté a suivi ce script à la lettre. Quand il a forcé l’arbitre Steve Rita à s’interposer entre ses poings et le visage de Ben Saunders, l’effet de surprise est surtout venu du fait qu’il venait de signer une deuxième victoire consécutive par K.-O. Pour lui, c’était une première séquence du genre depuis celle qui l’avait mené à l’obtention d’un combat de championnat contre Anderson Silva en 2008.
Mais quant à la méthode utilisée, c’était du Prédateur tout craché.
La vraie révélation à retenir de cette éclatante victoire est plutôt survenue quelques minutes avant le coup de grâce, au premier round, quand Côté, de son propre aveu, s’est fait prendre par surprise par une projection de Saunders et s’est retrouvé sur son dos, monté par un colosse de 6 pieds 3 pouces.
Des situations inconfortables, Côté en avait déjà connu quelques-unes depuis le début de sa carrière. On ne pratique pas les arts martiaux mixtes pendant près de 15 ans sans aller sentir le tapis de temps en temps. Mais contre Saunders, on a assisté à une autre preuve de la métamorphose opérée par le vétéran depuis son retour dans les ligues majeures, à l’une des raisons pour lesquelles, à 35 ans, il est redevenu un nom pertinent dans le sport qu’il a aidé à faire connaître au Québec et au Canada.   
Avec un adversaire dans sa garde, Côté est passé à l’attaque.  
« Avant, j’avais le jiu-jitsu, mais je m’en servais surtout pour m’en défendre, expliquait Côté à son retour de Boston, lundi après-midi. Je ne voulais pas y aller, c’était une question de confiance. Mais j’ai pris beaucoup de maturité et je n’ai plus peur d’essayer des affaires. Même si ça ne marche pas, je sais que je ne me mettrai pas dans le trouble, que je vais être capable de m’en sortir quand même. Ça me donne un outil de plus dans mon coffre au niveau des offensives et ça va faire réfléchir encore plus mes adversaires à l’avenir. »
Ben Saunders et Patrick CôtéDans pareille situation, l’ancien Côté aurait emprunté la voie de la prudence. Il aurait probablement cherché à se coller comme une ventouse à la poitrine de son assaillant, à fermer les espaces en enveloppant son adversaire dans ses membres en attendant que l’officiel ne remette l’action debout ou que la sirène annonçant la fin du round se fasse entendre. Si c’était ce que Saunders avait en tête, ses plans ont été déjoués.    
Côté s’est d’abord protégé, a étudié la situation, puis s’est activé. Il a évalué ses options à droite et à gauche jusqu’à ce qu’il juge le moment opportun pour passer à l’action. Lorsqu’il s’est emparé du bras droit de Saunders pour le piéger entre ses jambes, il croyait bien être en voie de célébrer sa première victoire par soumission en près de dix ans.
« C’est passé proche! Je dirais qu’elle était parfaite à 98%, estime celui qui gagne aussi sa vie comme analyste à RDS. C’est sûr que ça se fait vite, mais si on parle vraiment de la technique comme on l’enseigne, je n’ai pas suffisamment serré mes genoux pour emprisonner le bras et il a été capable de sortir le coude. Mais ça aurait pu passer contre n’importe qui. »
L’initiative de Côté a néanmoins été payante. Elle lui a permis de reprendre le contrôle du combat en s’emparant d’une position avantageuse et en portant les meilleurs coups dans la dernière portion du round.
Au deuxième, le naturel est revenu au galop. Côté a étudié son vis-à-vis pendant une petite minute avant de lancer une première combinaison qui a touché la cible. Saunders était ébranlé, Côté l’a senti et a trouvé l’audace de poser un geste en apparence osé : provoquer le corps à corps avec un expert de boxe thaïlandaise de la trempe de « Killa B ».
« Je suis rentré avec un gros direct et je l’ai pincé directement sur le menton, décrit-il. Dans le clinch, je sentais que son emprise n’était pas vraiment solide autour de ma tête et il y avait beaucoup d’espace, alors j’ai commencé à lancer des uppercuts. Le troisième qui a touché directement sur la mâchoire, j’ai vite compris qu’il avait vraiment fait mal. Quand j’ai vu les genoux plier, l’arbitre lui a donné une chance de revenir, mais j’ai complété le travail. »
Côté rit quand on lui demande s’il sait combien de coups il a pu passer sous la défense de sa victime avant que celle-ci ne s’écroule. Selon les données recueillies par FightMetric, 23 des 31 coups lancés par le Québécois au deuxième round ont touché la cible.
«  Je ne les ai pas comptés encore. Ils passaient tous, alors je n’ai pas arrêté. »
Prêt à accueillir Nick Diaz
Les critiques ont été dithyrambiques après la performance de Côté. Du nord au sud, de nombreux observateurs se sont empressés de la consacrer comme la plus impressionnante de sa carrière.
« Je ne cacherai pas que c’est une de mes bonnes, approuve le principal intéressé. Je me suis senti en confiance et en contrôle d’un bout à l’autre. C’est un des combats pour lesquels j’étais le moins nerveux de toute ma vie. Même dans le vestiaire, on s’est réchauffé pendant dix minutes et le reste du temps, on niaisait, on riait. Il n’y avait rien de stressant de notre côté et ça a bien été. »
Après sa victoire précédente, contre Josh Burkman, Côté avait fait campagne pour obtenir un adversaire classé dans le top-15 de la division des mi-moyens, mais son souhait n’avait pas été exaucé. Il a donc fait parler ses poings, livrant un argument qui risque de ne laisser aucun choix à ses patrons.
« Je pense avoir passé un message assez évident. Avec ce combat, je pourrais moi-même faire mon entrée dans le top-15, alors on verra. Je crois leur avoir mis un peu de pression », avance celui qui montre maintenant un dossier supérieur à ,500 (10-9) pour la première fois de sa carrière à l’UFC.
À tête reposée, Côté propose le nom de Matt Brown, présentement classé 6e chez les mi-moyens. Immédiatement après sa victoire, dans les coulisses du TD Garden, il avait été encore plus ambitieux en prononçant le nom de Nick Diaz, qui fait l’objet d’une suspension qui sera levée au mois d’août.
« Il m’en reste moins qu’il m’en restait, alors si je n’ai pas de combat contre quelqu’un qui est classé, je veux des combattants qui ont un nom. Je veux un combat qui vaut quelque chose au niveau du marketing. C’est ça qui est important pour moi maintenant. Je n’ai pas le goût de passer à travers une séquence de dix autres combats pour avoir une chance au titre. Donc si je ne peux pas avoir un gars bien classé, donnez-moi un nom. »
Alors, c’est pour quand, la première guerre de mots virtuelle? Pas cette fois, affirme Côté, qui compte revenir à la bonne vieille méthode pour trouver sa prochaine victime.
« Il n’y aura pas de challenge sur Twitter, promet-il en s’esclaffant. Je l’ai dit à voix haute, c’est sûr que ça va se rendre à ses oreilles. On va voir s’il va répondre. »

Canadien: le 1er décembre, cette date fatidique...

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Jean-François Chaumont

MONTRÉAL - Michel Therrien ne doit pas souvent fredonner la chanson Les derniers seront les premiers, de Céline Dion. Pour son équipe, c'est exactement le phénomène contraire qui se produit.
Il y a deux visages à cette saison 2015-2016. Celui avant le 1er décembre et celui depuis cette date.
Au 1er décembre, le Tricolore trônait au sommet de la Ligue nationale de hockey avec une fiche remarquable de 18-4-3. L'équipe marquait des buts à la tonne, Dale Weise se destinait vers une saison de plus de 30 buts, Tomas Fleischmann et Torrey Mitchell surpassaient les attentes, Mike Condon avait parfois des airs de Carey Price, le jeu en supériorité numérique faisait des flammèches, Marc Bergevin passait pour un génie et le nom de Therrien circulait comme un candidat pour le Jack-Adams.
Cette époque n'existe plus. Terminée. Révolue. Depuis le 1er décembre, le Canadien a frappé le mur de plein fouet. Des 30 équipes de la LNH, les «Glorieux» se retrouvent au 30e rang avec un dossier de 5-15-1. On parle d'une très mince récolte de 11 points, soit six de moins que les Rangers de New York en 29e position et sept de moins que des formations qu'on décrivait comme risibles en début de saison, les Blue Jackets de Columbus, les Sabres de Buffalo et les Maple Leafs de Toronto.

COUPABLES...

Avec une équipe en chute libre, les partisans réclament maintenant des têtes. Sur les réseaux sociaux, Michel Therrien se fait congédier par des partisans pratiquement toutes les cinq secondes. Et Bergevin reçoit également sa part de critiques.
Le 28 décembre à Tampa, quelques heures avant une rare victoire de 4-3 contre le Lightning de Tampa Bay en tirs de barrage, Bergevin avait réitéré sa confiance et sa foi envers son groupe d'entraîneurs et le noyau fort de l'équipe. Le DG avait utilisé des paroles rassurantes pour Therrien en disant qu'il était toujours son homme de confiance. Il avait aussi rappelé la complexité de conclure une grosse transaction, un exploit que les Blue Jackets et les Predators de Nashville ont pourtant réalisé dans l'échange Ryan Johansen pour Seth Jones.
Avec Price à l'infirmerie depuis le 25 novembre et pour encore quelques semaines, Bergevin n'a pratiquement rien fait pour sortir de la misère son entraîneur. Oui, il a acquis le gardien Ben Scrivens et le défenseur Victor Bartley. Il a aussi rappelé des IceCaps de St. John's le défenseur Mark Barberio et plusieurs attaquants ont visité Montréal avec les Daniel Carr, Sven Andrighetto, Charles Hudon, Michael McCarron et Jacob De La Rose. De ce groupe, il n'y a aucun sauveur. Loin de là.
Dans un tel contexte, Bergevin serait très mal placé pour indiquer la porte de sortie à Therrien, à qui il a consenti une prolongation de contrat de quatre ans après les séries de 2014 (valide jusqu'en 2018-2019).

PAS JUSTE PRICE

Il n'y a pas qu'une seule façon d'analyser les déboires du CH depuis le début de décembre. Oui, la perte de Price a fait très mal à l'équipe. Oui, l'absence de Brendan Gallagher pour plusieurs semaines a également créé un trou sur le flanc droit.
Mais il n'y a pas juste les facteurs Price et Gallagher. Les chiffres ne mentent pas.
► Il n'y aura qu'une seule façon de calmer cette tempête, et pour ce faire, le CH devra vaincre ses rivaux de division cette semaine, les Bruins et les Maple Leafs.
Supériorité numérique
Avant le 1er décembre: 21 en 88 (23,9 %)
Depuis le 1er décembre: 7 en 66 (10,6 %)
Buts marqués
Avant le 1er décembre: 88 (3,52 buts/match)
Depuis le 1er décembre: 56 (2,24 buts/match)
Infériorité numérique
Avant le 1er décembre: 75 en 87 (86,2 %)
Depuis le 1er décembre: 51 en 62 (82,3 %)
Buts accordés
Avant le 1er décembre: 40 (1,90 but/match)
Depuis le 1er décembre: 62 (2,95 buts/match)
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