dimanche 25 octobre 2015

Des arguments en banque pour Therrien

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« Nous n’étions pas la meilleure équipe sur la glace »


Éric Leblanc
MONTRÉAL – Dans le monde du sport, lorsqu’une équipe savoure une séquence victorieuse à l’image de celle du Canadien, les entraîneurs raffolent d’une performance décevante pour ramener leurs ouailles à l’ordre.
Michel Therrien ne le décrira peut-être pas ainsi, mais c’est exactement ce que le gain contre les Maple Leafs de Toronto lui a fourni comme munitions.
En dépit du triomphe de 5 à 3, le neuvième en neuf tentatives, le Tricolore n’a pas joué à la hauteur de ses standards. Therrien pourra donc utiliser ces arguments pour serrer la vis auprès de ses joueurs.
« Les Leafs avaient beaucoup d’énergie contrairement à nous.Mentalement, on n’était pas alerte et on a commis des erreurs qu’on ne fait pas normalement avec et sans la rondelle », a déclaré Therrien qui a senti des signes précurseurs tôt dans la rencontre.
De manière plus spécifique, le Canadien a concédé pas moins de 52 lancers aux Maple Leafs après des récoltes de 36 pour les Sabres vendredi et 38 pour les Blues mardi. Therrien a donc été le premier à admettre qu’un resserrement s’impose.
« Aucun doute, mais il faut qu’on réalise qu’on sera confronté au meilleur hockey de tous nos adversaires. Ils veulent nous battre et c’est un énorme défi mental d’être au sommet de notre jeu à ce moment de l’année », a développé Therrien.
Ce n’est pas tout, le Tricolore a également sombré dans l’indiscipline durant cette rencontre en offrant quatre occasions en supériorité numérique aux hommes de Mike Babcock.
« Je n’ai pas aimé notre discipline ce qui n’arrive pas souvent, mais c’était définitivement un mauvais match. On a mal joué et on a écopé de mauvaises punitions. Ce n’est pas notre façon de faire », a déploré le pilote d’expérience.
À ce propos Dale Weise a sans doute représenté l’exception alors qu’il n’a pas répliqué à une attaque sans équivoque de Dion Phaneuf qu’il venait « d’étamper » dans le coin de la patinoire.
« Il m’a heurté sur le bras, les côtes et il m’a asséné un uppercut. Mais ça prend une telle discipline pour gagner des matchs », a insisté l’ailier.
Déçu du rendement de sa troupe, Therrien peut se réconforter puisque ses joueurs semblaient tout autant mécontents dans le vestiaire.
« On savait que le match serait éprouvant en ayant joué la veille. Ce n’est pas une excuse, mais il faut leur donner du crédit parce qu’ils ont attaqué notre filet dans ce match. Ils ont cru qu’on serait fatigué et ils ont poussé le rythme pour avoir le dessus. C’est la façon de faire quand une équipe a joué la veille », a révélé P.K. Subban.
« Clairement, ils étaient plus frais et dispos que nous. C’est une bonne équipe qui impose beaucoup de pression et ils n’ont pas lâché le morceau », a admis Carey Price.
De son côté, Lars Eller a critiqué l’insouciance des joueurs avec la rondelle et le niveau insuffisant d’effort.
Un jeu de puissance plus convaincant
C’est toujours un peu étrange de constater un bilan aussi négatif à la suite d’une victoire, mais le rendement en supériorité numérique est venu sauver la mise.
Le soulagement est perceptible autant chez les joueurs que les entraîneurs alors que le Canadien a généré 8 en 35 (23%) occasions cette saison. Il a donc fallu essayer de comprendre les raisons de ce redressement.
« On compte des buts ! », a expliqué Therrien en riant.
« Plus sérieusement, on déplace davantage la rondelle et on se rend au filet avec plus d’agressivité. Ça nous procure des chances de marquer », a-t-il souligné.
Max Pacioretty a remarqué des choses similaires à son patron tout en vantant la contribution plus répartie.
« On distribue beaucoup plus rapidement la rondelle alors qu’on essayait trop de créer un jeu pour un joueur en particulier auparavant. Présentement, on utilise bien tous les joueurs », a soulevé le capitaine.
« Tout le monde touche la rondelle et parvient à contribuer, ça se voit dans les statistiques. On se sent bien présentement, on a confiance en nos moyens », a enchaîné le 67.
Notamment grâce au jeu de puissance, le Canadien a amassé plus de buts lors des derniers matchs. Pour être plus précis, le CH a compté 19 fois en quatre rencontres dont 12 fois en deux sorties en 24 heures.
Le Tricolore n’était pas reconnu pour une telle production l’an passé et il sera intéressant de surveiller si cette tendance peut se maintenir.
« Je ne sais pas si ça va continuer ainsi, mais on se procure plus de chances de marquer en jouant bien. Dans ce match, les occasions sont surtout venues du jeu de puissance et les unités spéciales ont permis d’arracher cette victoire. C’est une grosse différence depuis la saison dernière et tout le monde s’en réjouit », a fait remarquer Subban.
Sur le même souffle, le défenseur a repris un ton plus négatif.
« En tant qu’équipe, on n’est pas satisfait du rendement général. On a juste accompli un bon départ, c’est tout. On a encore une tonne de hockey à jouer », a rappelé l’auteur d’un but et neuf aides en autant de parties.
Subban n’est pas le seul à avoir atteint le plateau des 10 pointsPacioretty (7 buts, 4 aides), Tomas Plekanec (5 buts, 5 aides) et Andrei Markov (1 but, 9 aides) font aussi partie de ce groupe.

Insatisfaits, malgré la 9e victoire

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Maple Leafs 3 - Canadiens 5

Éric Leblanc
MONTRÉAL – Le Canadien n’a pas réussi sa meilleure performance encaissant quelques attaques et pas moins de 52 tirs des Maple Leafs de Toronto, mais la troupe de Michel Therrien a encore une fois pigé dans ses ressources pour ajouter un neuvième chapitre victorieux à son sensationnel début de saison.
En vertu de son gain de 5 à 3, le Tricolore obtiendra l’occasion - mardi soir face aux Canucks à Vancouver - de devenir la troisième équipe de l’histoire à entamer son calendrier avec 10 triomphes. Pour l’instant, cette marque appartient aux Leafs de 1993 -94 et aux Sabres de Buffalo de 2006-07.  
« Ce n’est pas encore spécial à nos yeux surtout que ce n’était pas notre meilleur effort. Au moins, on a eu le dessus. Il a fallu bûcher pour l’emporter et on a eu besoin de la contribution de tous les joueurs pour que ça fonctionne », a indiqué Dale Weise.
« Notre but n’est pas d’établir des records, mais de gagner la coupe Stanley alors on ne va pas se réjouir pour ça. On va attendre avant de sabrer le champagne comme les gens croient que l’on fera », a ajouté P.K. Subban.
Therrien et ses protégés ont bien beau répéter sur tous les toits qu’il ne s’agit que d’un début de saison, mais c’en est tout un même si cette partie a définitivement déplu à l’entraîneur. Personne ne voulait se rabattre sur l’excuse de disputer un deuxième match en deux soirs, mais le Canadien aurait eu besoin d’une recharge.
« On n’a pas bien joué, c’est aussi simple que ça. On a affronté une équipe très énergique et on n’a pas égalé leur intensité. On a commis des erreurs mentales », a soulevé Therrien.
« Ce fut un match très difficile, on n’était pas la meilleure équipe sur la patinoire. La différence est venue du travail des unités spéciales ce qui nous a permis de l’emporter sans oublier les prouesses de Carey (Price) », a jugé l’entraîneur sans détour.
De retour devant son filet à la suite d’une soirée de congé, Price a une fois de plus provoqué des cauchemars au camp adverse. Il a été bombardé de 52 lancers  pour savourer sa 230e victoire en saison régulière avec le CH.
Leo Komarov et James van Riemsdyk ont eu besoin de rebonds favorables pour le déjouer tandis que Morgan Rielly est parvenu à le surprendre.
« Ils ont tout envoyé vers le filet et mes coéquipiers ont bien tenu le coup en troisième période. On ne pourra pas dominer l’adversaire à tous les matchs, mais on a trouvé une autre manière de l’emporter », a résumé Price avec son calme légendaire.
À force d’analyser les succès du CH, on finit par conclure que la formation montréalaise parvient toujours à trouver une manière d’avoir le dernier mot. Dans cette neuvième victoire, le Canadien a souvent peiné dans son territoire, mais il a produit avec une grande efficacité.
D’ailleurs, le jeu de puissance semble avoir retrouvé son rythme à moins qu’il ne traverse qu’une période fructueuse. Lors des cinq premiers matchs, l’avantage numérique avait marqué deux fois en 21 tentatives. Depuis, le CH a compté six fois en 14 occasions dont deux dans ce duel contre les hommes de Mike Babcock.
P.K. Subban (son premier de la saison) et Brendan Gallagher ont compté ces deux buts en supériorité numérique. Lars Eller, David Desharnais et Max Pacioretty ont également trompé la vigilance de Jonathan Bernier qui a tout de même stoppé plusieurs autres menaces du CH.
Par-dessus le marché, il s’agissait de la huitième fois d’affilée que le Tricolore disposait des Leafs.
La prestation a laissé un goût amer dans la bouche des membres du Canadien, mais le bilan général de la saison demeure exceptionnel. À titre d’exemple, le CH a touché la cible 35 fois contre seulement 12 pour ses adversaires en neuf matchs. Pour la première fois en 2015-16, les opposants du Tricolore ont enregistré plus de deux buts.
Alexander Semin a bien personnifié la sortie ardue de sa troupe. Ayant commis des bourdes menant à deux buts torontois, Semin s’est retrouvé en pénitence et il a sauté des tours en troisième période.
« Je n’ai pas aimé les deux revirements qui ont coûté deux buts », a simplement convenu Therrien.
Dans le camp des Leafs, Pierre-Alexandre aurait également sans doute souhaité une soirée plus réussie pour ce retour dans la métropole québécoise. Le Canadien a marqué pendant qu’il était au cachot et il était sur la patinoire lors de deux autres buts montréalais.
Le Canadien quittera maintenant le Centre Bell pour l’Ouest canadien avec des arrêts à Vancouver, Edmonton et Calgary pour conclure le mois d’octobre. Le CH continuera sa séquence canadienne en recevant les Jets et les Sénateurs par la suite.
« C’est toujours excitant d’aller dans l’Ouest canadien. Les joueurs apprécient le support qu’on reçoit partout au pays. On est accueilli chaleureusement », a répondu Therrien à un collègue qui lui a ensuite demandé si c’était plus facile dans ce sens.
« C’est un grand mot, tu devrais faire notre horaire et tu verrais que ce n’est pas si facile. C’est facile assis sur ta chaise », a rétorqué l’entraîneur avec sérieux et humour.
Avant la rencontre, le Canadien a rendu un hommage plus que mérité au réputé docteur David Mulder dont le centre de traumatologie de l’Hôpital Général de Montréal porte maintenant son nom. Celui qui a souvent été surnommé le Jean Béliveau des docteurs a pris un grand soin des joueurs du CH pendant plusieurs décennies sauvant notamment la vie de Trent McCleary au passage en plus des interventions marquantes auprès de Max Pacioretty, Saku Koivu et Donald Audette.
L’aperçu des buts
Environ à mi-chemin en première période, Subban a été le premier à enfiler l’aiguille. Les Leafs l’ont oublié deux fois à proximité du filet et il n’a pas raté sa deuxième chance alors que son puissant tir s’est frayé un chemin dans le filet.
Tôt en deuxième période, Eller a doublé l’avance des siens en récupérant un retour de lancer d’Alex Galchenyuk qui a tout fait sauf marquer.
Moins d’une minute plus tard, Komarov a profité d’une déviation de Van Riemsdyk pour réduire l’écart.
La réplique est venue de Desharnais dont la passe a tout simplement touché Michael Grabner pour franchir la ligne rouge.
Van Riemsdyk a relancé les visiteurs quand il a récupéré une rondelle qui a frappé la bande derrière Price pour revenir devant le filet.
Pacioretty a ensuite marqué sur une défaillance de Bernier quand son tir en infériorité numérique a percé sa muraille.
Le sixième but de la deuxième période a été le plus beau. Bien posté près de la cage, Gallagher a redirigé la brillante passe de Subban qui avait feinté un lancer.
Reilly a finalement complété le pointage au dernier tiers avec un lancer qui a battu Price du côté du bouclier.

Dierry Jean s'incline devant Terence Crawford

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Jean encaisse la défaite


OMAHA, Neb. - Terence « Bud » Crawford a défait le Montréalais Dierry Jean par K.-O. au 10e round pour conserver sa ceinture des super-légers de la WBO, samedi.
Crawford, qui n'a jamais subi la défaite a envoyé Jean au tapis au premier et au neuvième rounds et a ensuite utilisé une lourde combinaison de coups, forçant Jean à s'effondrer dans les câbles à 2:30. L'arbitre a alors mis fin au combat devant 11 020 spectateurs réunis au CenturyLink Center.
Cette impressionnante performance dans un combat prévu pour 12 rounds met la table pour un éventuel combat entre Crawford (27-0, 19 K.-O.) et Manny Pacquiao.
Crawford, qui détient aussi la ceinture des poids légers de la WBO, montre une fiche de 5-0 dans des combats de championnat du monde ainsi que trois K.-O. Il s'agissait de la troisième défense de titre de Crawford, à Omaha, sa ville d'origine.
Jean (29-2), qui est né en Haïti, a atteint Crawford avec quelques bons coups, mais ça n'a semblé que motiver le champion davantage.
Crawford a réellement été l'agresseur tout au long de la soirée et a semblé déstabiliser Jean puisqu'il était gaucher.
Il a durement atteint Jean avec un crochet de gauche à la fin du premier round, l'a ébranlé au deuxième et l'a envoyé au plancher au neuvième avec une combinaison gauche-droite-gauche.
Lorsque la cloche a mis fin au quatrième engagement, Jean - visiblement confus - s'est dirigé vers le coin de Crawford avant que ce dernier lui indique la bonne direction en souriant.
Une solide gauche suivie de plusieurs coups a presque mis fin à la soirée au cinquième, et lorsque le round a pris fin, Crawford a sauté au milieu du ring comme s'il était frustré de ne pas avoir réussi à terminer le travail.
Jean a bien fait au huitième en atteignant la cible à quelques occasions, mais Crawford a ensuite poivré son adversaire jusqu'à la fin.
Le Québécois Mikaël Zewski a pour sa part battu Ayi Bruce par K.-O. au cinquième round, dans le combat de demi-finale.