dimanche 18 octobre 2015

Les joueurs du Canadien sont encore affamés

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/



Éric Leblanc
MONTRÉAL – Bien sûr, Michel Therrien apprécie grandement l’éloquent début de saison de sa troupe, mais il ne veut rien savoir de parler de ce départ historique. Par contre, ses joueurs n’ont pas hésité qu’ils visent encore beaucoup plus.

La déclaration forte de sens est venue du capitaine Max Pacioretty.

« On a mieux joué au fil du match et on ressent l’inspiration d’accomplir encore plus que ce bon départ », a proposé Pacioretty avec conviction.
Quelques minutes plus tard, Therrien a été invité à quelques occasions à commenter cette sortie fulgurante des blocs de son club, mais il a refusé d’aller dans cette direction.

L’entraîneur a préféré cette option puisqu’il ne veut pas que son équipe s’emballe aussi hâtivement. Il peut se rassurer puisque Pacioretty a également eu ce message à lancer.

« C’est notre travail de ne pas être trop confortable et se placer dans une situation pour gagner les matchs », a-t-il mentionné.

Avare de commentaires sur la question, Therrien s’est réjoui de plusieurs autres aspects. Avant tout, il s’est régalé de l’effort collectif de sa troupe qui n’a plus à se fier uniquement sur Carey Price pour récolter des victoires.

« C’est agréable de voir que les joueurs retirent beaucoup de fierté de se comporter de manière responsable, ce fut un autre bel effort d’équipe. On a procédé à des changements pendant l’été (dont au niveau de la philosophie de jeu) et on trouve que ça aide le groupe », a indiqué Therrien.

Parmi les modifications implantées, les défenseurs jouissent d’une liberté encore plus grande pour se joindre à l’attaque. Ceci dit, aucun défenseur n’avait encore touché la cible cette saison avant le but de Jeff Petry samedi soir.

Étrangement, l’excellent numéro 26 avait lui-même prédit la fin de cette disette.
« Personne n’en parlait vraiment, mais je me suis retourné vers (Tom) Gilbert en deuxième période et je lui ai mentionné que j’avais le sentiment qu’un défenseur allait marquer dans ce match. Il riait quand je suis revenu au banc », a raconté Petry dont le travail ne passe pas inaperçu.

« Il a bien joué, il patine avec beaucoup de confiance. Il a compté un but très important et on aime sa façon de pouvoir s’impliquer dans l’attaque. En plus, il joue bien en défense et il forme un duo difficile à affronter avec Alexei Emelin », a exprimé son entraîneur.

Le but de Petry est survenu au cours de la sensationnelle troisième période du Canadien. Durant cet engagement, le Tricolore a prouvé qu’il sera une menace pour n’importe quelle équipe de la LNH grâce à son intensité.

« L’une de nos forces demeure qu’on utilise tous les trios et ça nous permet de maintenir le rythme au dernier tiers. On peut parfois avoir plus d’énergie que l’adversaire », a convenu Brendan Gallagher.

Étant donné que les Red Wings avaient croisé le fer avec les Hurricanes de la Caroline la veille, le portrait a été facilité. Tout de même, le Canadien détient maintenant un reluisant dossier de 10 à 1 pour les buts marqués au dernier tiers face à ses adversaires.

« On sentait que ça finirait par marcher en appliquant une pression soutenue. C’était plus facile pour nous de ne pas voyager et de les attendre dans notre environnement », a conclu Pacioretty sans trop vouloir s’emporter.
Fait à noter que Price a pris congé de la presse pour une rare fois afin de rencontrer un jeune partisan qui l'attendait avec impatience. Il sera donc pardonné pour son mauvais but du match et cette absence pour un motif plus que valable.

La vitesse et le travail acharné du Canadien a payé depuis le début de l'année

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/



Images of Francois Gagnon
Le Canadien en a gagné une sixième samedi en battant les Red Wings 4-1. Six victoires de suite, ce n’est pas rien.
Surtout que ce gain prolonge la séquence historique du Tricolore et lui permet de s’approcher du record de la LNH : un record que Toronto et Buffalo partagent avec 10 gains consécutifs signés en début de saison 1993-94 pour les Leafs et 2006-07 pour les Sabres.
Les rabat-joies insisteront sur le fait que les Red Wings disputaient samedi un deuxième match en deux soirs ou que le Tricolore a affronté des clubs faibles ou en panne histoire de minimiser la portée de cette séquence victorieuse en début de saison.
Ce serait faire preuve d’un excès de mauvaise foi.
Vrai que les Wings avaient joué vendredi. Vrai aussi que le Canadien n’a pas encore croisé d’adversaires redoutables à l’exception peut-être des Rangers de New York qu’il a toutefois muselés jeudi dernier.
Mais au-delà ses adversaires, au-delà les aléas défavorables du calendrier pour ses rivaux, il est impossible de fermer les yeux sur la qualité du jeu déployé par la troupe de Michel Therrien.
Quand on regarde les six gains du Tricolore, particulièrement les cinq derniers, on peut les résumer avec une équation simple alors que la vitesse combinée au travail donne des succès. Vitesse et travail ne peuvent garantir des victoires tous les soirs. C’est évident. Mais la vitesse et le travail sont des éléments qui donnent et donneront toujours du succès moussant du coup les chances réelles de victoire. Le Canadien en a fait la preuve par quatre en ouvrant la machine en troisième (3 buts sur 20 tirs contre les 5 tirs de Detroit) pour s’assurer de profiter de l’aspect fatigue des Wings et ainsi miner leurs chances de revenir dans la partie
Ajoutez à cette équation des variables comme les deux buts offerts par l’attaque massive samedi – un but chanceux marqué par Gallagher qui s’est transformé en boule de quilles sur le jeu et un autre attribuable au travail excellent du «Petit David» Desharnais pour voiler la vue du gardien Petr Mrazek sur un tir de Jeff «poutine» Petry – la contribution offensive des défenseurs – Petry est le seul arrière à avoir marqué jusqu’ici – ou celle inattendue d’un joueur de soutient ici, d’un autre là et vous avez des éléments supplémentaires expliquant les six victoires de suite du Canadien.
Carey Price dans tout ça ?
Oui, Carey Price demeure le pivot défensif du Canadien. En fait non : il demeure le pivot point. Mais exception faite du match d’ouverture à Toronto où il a fait contrepoids à une sortie ordinaire de son équipe, Price a été un élément parmi l’ensemble des éléments ayant guidé son club aux victoires au lieu de voler à lui seul les points accumulés au classement comme ce fut le cas bien souvent l’an dernier. Bien trop souvent.
Price a fait son travail samedi. Après le cadeau accordé à Dylan Larkin pour permettre au Wings d’inscrire le premier but – c’était la première fois cette saison que le Canadien encaissait le premier but au lieu de le marquer – Price a été parfait. Beaucoup moins occupé que son adversaire, il n’a pas eu à multiplier les arrêts. Ça non. Mais il s’est imposé quand cela comptait.
Contre les Rangers, Price a récolté la première étoile en raison de ses quelques arrêts du tonnerre qui ont miné le moral des Blueshirts et leurs chances de victoire. Mais si le match avait été disputé à New York, Henrik Lundqvist, beaucoup plus occupé que Price dans la défaite, aurait reçu cet honneur tant il a offert une performance à la hauteur de celle de Price.
À Pittsburgh, le gardien du Canadien a donné un cadeau. Peut-être deux. Mais lorsque le match était sur le point d’équilibre en fin de rencontre, Price a réalisé l’arrêt le plus important de la soirée aux dépens de Sidney Crosby.
À Boston, il n’a pas été plus important dans la victoire que le reste de ses coéquipiers.
Tout un contraste avec l’an dernier alors que le Canadien au grand complet par le biais de Michel Therrien, de son patron Marc Bergevin ou des joueurs croisés dans le vestiaire tentait de faire croire que Price n’était qu’un élément au sein de l’équipe. C’était peut-être vrai en théorie, mais ô combien faux en pratique comme l’ont confirmé ses 10, 12, 15 vols de grand chemin perpétrés aux quatre coins de la LNH.
Jusqu’ici cette année, c’est beaucoup plus vrai que Price, bien qu’il soit le meilleur joueur de l’équipe et qu’il remplisse un rôle important, n’est plus le seul à pouvoir faire gagner son club. Ce qui est tout à l’honneur des attaquants et des défenseurs qui abattent du solide boulot devant lui.
«On a changé un peu la philosophie de notre équipe», a répondu Michel Therrien lorsque mon collègue Arpon Basu lui a demandé de commenter le fait que son équipe n’était pas seulement l’affaire de son gardien.
Crédit à Michel Therrien
Le Canadien ne fait pas encore partie des forces de la LNH en matière d’attaque. Oui il a marqué quatre buts samedi. Ça ne lui en fait seulement 14 en six rencontres ce qui n’est pas énorme. Surtout que quatre de ces 14 buts ont été enfilés dans des filets déserts.
Mais parce que le Canadien joue bien, qu’il joue du hockey inspiré, rapide et efficace autant à l’attaque qu’en défensive ces 14 buts – combinés aux arrêts de Carey Price et de Mike Condon – ont été suffisants pour gagner.
Combien de temps cela durera ? Bien malin qui peut le prédire avec justesse.
Mais ce qui est clair toutefois, c’est que l’équipe semble vraiment unie dans une même cause. Et cette cause n’est pas simplement de vouloir gagner, car tous les joueurs de toutes les équipes de tous les sports confondus veulent gagner.
Ce qui est frappant chez le Canadien en ce début de saison exceptionnel, c’est de voir que les joueurs passent des paroles aux actes en ne se contentant pas seulement de vouloir gagner, mais en prenant tous les moyens nécessaires pour y arriver.
Parce qu’il a su inculquer cette notion et surtout l’obtenir de ses joueurs, Michel Therrien mérite sa part de responsabilités dans les succès de son club jusqu’ici. Et en s’assurant de vite oublier les rencontres gagnées hier pour se concentrer sur celles à remporter demain, Therrien maximise ses chances de voir son équipe suivre la formule gagnante : vitesse + travail = succès.

Le Canadien a la seule fiche parfaite de la LNH

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/

Red Wings 1 - Canadiens 4


Éric Leblanc
MONTRÉAL – Le Canadien a prolongé à six triomphes sa poussée historique pour entamer le calendrier 2015-16 en disposant pour une septième fois d’affilée des Red Wings de Detroit, au compte de 4 à 1, au Centre Bell.
La manière n’a peut-être pas été la plus convaincante ni la plus reluisante, mais le Tricolore a conservé son dossier immaculé même s’il s’est retrouvé en déficit pour la première fois de la saison.

En raison de la défaite des Sharks contre les Islanders, le clan montréalais possède rien de moins que la seule fiche parfaite de la LNH.
Contre toute attente, c’est en produisant deux buts en supériorité numérique – via Brendan Gallagher et Jeff Petry - que les protégés de Michel Therrien ont eu le dessus.
 
« Le jeu de puissance a été très bon, il a marqué deux buts très importants dans le match. On a eu la chance de le pratiquer samedi matin et ce fut utile de revenir un peu à la base. On a beau parler de X et de O dans les réunions, mais la meilleure recette demeure de le pratiquer sur la patinoire. On a été très agressif pour aller au filet et diriger les rondelles vers le but, c’est ce qui explique le succès obtenu et recherché », a analysé Therrien.

Tomas Plekanec, l’homme au nouveau contrat, et Brian Flynn dans un filet désert sont venus scier les jambes des Wings qui ont définitivement manqué de jus pendant le tiers final alors qu’ils ont été dominés 20 à 5 pour les lancers.

En effet, les Wings ont débarqué au Centre Bell au lendemain de leur première défaite de la saison et ils n’ont pas été en mesure de renverser la vapeur dans l’amphithéâtre montréalais.
Le match est demeuré à égalité pendant plusieurs minutes puisque Carey Price a éprouvé un rare moment défaillance – qui lui sera facilement pardonné par les partisans – sur le but du camp adverse.

Celui-ci a été enfilé par l’impressionnant Dylan Larkin, âgé de 19 ans seulement. Il faut remonter à 2003-04 avec Jiri Hudler pour retrouver le dernier joueur de moins de 20 ans à évoluer pour les Wings.
Même s’il n’a pas été fidèle à ses habitudes sur cette séquence, Price a tout de même sauvé les meubles dans la dernière minute du tiers initial quand il a muselé Gustav Nyquist qui a filé en échappée.
Ayant marqué le premier but lors de ses cinq matchs précédents, le CH a été plongé dans une situation différente, mais il a repris le contrôle du match grâce à son acharnement qui est venu à bout des visiteurs.
Heureusement que le Canadien a touché la cible sur le jeu de puissance puisqu’il a nettement manqué de finition dans cette rencontre avant les buts en fin de match de Plekanec et Flynn. Les hommes de Michel Therrien ont orchestré quelques chances de qualité sans vraiment en profiter. Dale Weise, qui a décoché quatre lancers, Andrei Markov et Plekanec qui ont été frustrés par un poteau et Max Pacioretty ont notamment raté des occasions intrigantes.

Il importe de préciser que le but de Gallagher a été marqué d’une façon plutôt particulière. La petite peste a littéralement trouvé le fond du filet alors qu’il a poussé le disque avec ses patins en chutant à toute vitesse vers le but tout en fonçant sur le gardien Petr Mrazek, impuissant sur la scène.

« Évidemment, ce n’était pas très beau, mais je vais le prendre », a commenté Gallagher en étant capable de rire de lui-même.

Étant donné que le but avait déjà été révisé par la LNH, les Wings n’ont pas pu contester la décision.
« Je n’avais aucune idée de ce qui allait arriver, mais je croyais bien que la rondelle avait pénétré dans le filet avant que je rentre en contact avec le gardien », a-t-il expliqué.

« J’étais un peu biaisé et je pensais que le but était bon donc j’essayais de convaincre les autres que c’était le cas. En fait, la rondelle était sous mon patin quand j’ai chuté pour me retrouver dans le filet », a poursuivi le combatif attaquant.
Sans surprise, le numéro 11 s’est fait agacer par ses pairs sur le banc.

« On m’a taquiné en me disant que mon premier but aurait pu être plus beau », a avoué Gallagher avec le sourire.

« On savait qu’il marquerait son premier de cette façon et ça ne sera pas son dernier », a noté Pacioretty en se payant gentiment la tête de son partenaire.

Sur le côté moins rose des choses, le Canadien n’a pas connu le départ le plus inspiré et le Russe Alexander Semin a encore éprouvé des moments d’égarement.

De plus, notons que Therrien a confirmé que David Desharnais est ennuyé par un pépin physique, qui n’est pas majeur, ce qui l’empêche de se charger des mises au jeu. Ceci dit, il a joué un rôle clé sur le but de Petry en venant voiler la vue du cerbère tchèque tout en contribuant à une autre forte soirée de son trio.

Il s’agissait du 1000e match en carrière de l’arbitre québécois Marc Joannette, qui jouit d’une réputation de premier plan, et il a eu droit à un hommage mérité avant la partie.

Le CH recevra ensuite mardi les Blues de St. Louis, autre puissance et ça constituera le premier test contre un rival de l’Association ouest.

Une domination complète en 3e

Les Red Wings le savaient et c’était tout aussi vrai pour le Canadien. Ce n’était donc pas un secret que la troisième période s’annonçait éreintante pour les visiteurs en raison de leur match de la veille.
Therrien a donc insisté sur cet aspect lors du deuxième entracte et ses joueurs ont répondu avec brio avec une période très efficace.
« On se devait d’imposer beaucoup de pression et j’apprécie le fait que les joueurs se défoncent des deux côtés de la patinoire. Ils travaillent pour créer des chances de marquer et empêcher l’adversaire d’en faire autant », a louangé l’entraîneur québécois.

« C’est ce qu’il faut faire, tu ne peux pas lever le pied dans la LNH et modifier ton style de jeu. Quand tu commets cette erreur, l’autre équipe parvient à en profiter. La meilleure défense demeure de jouer dans leur territoire », a rappelé Gallagher.

« On n’a pas changé notre vision, on savait que nos chances viendraient. On savait que leur énergie allait baisser en troisième période et on a fini par en profiter », a convenu Petry qui savourait encore plus son but étant donné qu’il a été inscrit contre l’équipe de sa région natale.

Ce beau travail s’est conclu avec les buts de Plekanec et Flynn tandis que le gardien des Wings n’a rien eu à se reprocher stoppant 38 rondelles au bilan final.