mardi 14 mars 2017

RDS : le Canadien s’attaque aux Blackhawks

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Brendan Gallagher
Brendan Gallagher (Source d'image:Getty)
MARDI, 14 MARS 2017. 08:09

De retour à la maison après un séjour de quatre matchs sur la route, le Canadien sera confronté à un défi de taille ce soir dès 19 h 30 sur les ondes de RDS, alors qu’il recevra la visite des redoutables Blackhawks de Chicago.

Hockey 360 mettra la table à cette rencontre à compter de 18 h 30.
À l’instar du Tricolore, qui n'a encaissé qu’un seul revers à ses huit derniers matchs, les Blackhawks sont sur une belle lancée avec huit victoires en 10 rencontres.
Après s’être inclinés coup sur coup devant les Ducks et les Red Wings, les Hawks ont renoué avec la victoire dimanche face au Wild du Minnesota.
La troupe de Claude Julien devra notamment avoir à l’œil Patrick Kane, qui a marqué 15 buts en 16 matchs depuis le 1er février.
Plus de détails à venir.

L’art de marier l’eau et le feu

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Erik Karlsson et Paul Byron
Erik Karlsson et Paul Byron (Source d'image:Getty)
Alain Sanscartier

Sans trop s’éloigner du moment présent, tant pour Ottawa que pour Montréal, il faut tout de même avouer que la planète hockey a très hâte aux prochains jours, alors que les Sénateurs et le Canadien s’affronteront à trois reprises en l’espace de huit jours.
Considérant la situation actuelle du classement de la division Atlantique, on peut dire que cette séquence nous ramènera inévitablement aux deux affrontements des précédentes années en séries éliminatoires entre les deux formations. Nul doute que certaines traces de rivalité ont certainement été ancrées au sein de ces deux organisations et de ces deux vestiaires.
Certes, plusieurs changements ont été apportés, tant au niveau du personnel de joueurs que du personnel d’entraîneurs au fil du temps, mais la rivalité demeure. Une rivalité bien sentie entre ces deux marchés canadiens de la LNH.
Sans comparer cette rivalité aux affrontements du passé opposant le Canadien aux Nordiques, il n’en demeure pas moins que les prochains jours pourraient ajouter un peu d’huile sur le feu, considérant les différents changements apportés à la date limite des transactions de part et d’autre en ce qui a trait à l’aspect physique et à la force de caractère.
Avec le premier rang de la division Atlantique à l'enjeu, le risque de voir la relation amour/haine se retrouver de nouveau à l’avant-plan ne peut être que du bonbon pour les plus fidèles partisans et les journalistes affectés à la couverture médiatique des forces en présence.
Claude Julien
Claude Julien (Source: PC)
D’un côté, le Canadien a dû prendre la décision la plus « facile », comme on dit dans le milieu, soit de procéder à un changement de garde derrière le banc. Avec l’arrivée de Claude Julien, un entraîneur avec beaucoup de vécu et de rigueur, le CH a réussi à redresser la barque.

Par sa façon de voir les choses, Julien ne pouvait qu’être un allié de taille pour le gardien de but Carey Price, qui depuis quelques semaines, a réussi à retrouver son « A-Game ».
Julien est un entraîneur qui ne fait pas dans la dentelle. Il penche plutôt pour du hockey simple et méthodique, laissant très peu de place à l’improvisation. À son arrivée, on lui a confié la tâche de redonner une certaine dose de confiance et d’orientation aux effectifs en place dans le vestiaire du Canadien.
Sans être aveuglé par le contexte actuel de l’enjeu du premier rang, Julien semble depuis son arrivée interpellé par le processus plutôt que le résultat à quelques semaines du début des séries éliminatoires.
De l’autre côté, les surprenants Sénateurs – ronflants selon certains – méritent énormément de respect pour leurs accomplissements actuels.
Depuis l’arrivée du duo Boucher-Dorion, il est évident que les Sénateurs semblent de plus en plus s’être trouvé une identité propre à eux – ce que la direction espérait fortement avec le changement de garde.
Placés dans un rôle de négligés en lever de rideau, les Sénateurs auront tout simplement confondu les sceptiques dans la salle, eux qui sont présentement sur une séquence de six victoires consécutives.
Malgré le facteur blessure et l’absence prolongée du vétéran gardien Craig Anderson à la mi-saison, la troupe de Guy Boucher – en raison du concept d’équipe, du style pratiqué et de l'adhésion au message véhiculé par l’entraîneur – est une équipe transformée.
Les Sénateurs ont une structure défensive des plus étanche avec la septième meilleure fiche défensive du circuit, comparativement à la 26e la saison dernière. Ottawa se trouve également au 11e rang du circuit sur les patinoires adverses – contrairement à une 24e position en 2015-2016. Ces deux facteurs représentent les principales raisons des succès actuels.
Sans en faire la promotion d’un candidat potentiel au trophée Jack Adams (entraîneur de l’année), on doit reconnaître que Guy Boucher, par sa rigueur depuis le jour 1, mérite d’être justement reconnu par le milieu.
Rappelons-nous qu’il s’agit d’une deuxième opportunité pour cet entraîneur québécois qui semble mordre à pleines dents dans cet univers des plus exigeants et qui ne pardonne pas.
Erik Karlsson
Erik Karlsson (Source: PC)
LE meilleur défenseur du circuit Bettman

Certains pourraient m’accuser d’un manque d’objectivité en raison de ma proximité avec les activités quotidiennes des Sénateurs depuis plusieurs saisons. Or, je persiste et signe, Erik Karlsson est actuellement LE meilleur défenseur de la LNH.
Sans rien enlever à plusieurs autres défenseurs du circuit et leurs accomplissements, Karlsson est tout simplement dominant et beaucoup plus efficace que par le passé, et cela dans tous les sens du mot.
Contrairement aux précédentes années où sa contribution offensive retenait davantage l’attention en raison de son haut niveau d’habiletés et la puissance de son tir, il faut dire qu’aujourd’hui Karlsson est beaucoup plus mature. Il est plus responsable, moins unidimensionnel et définitivement moins habité par la pensée individualiste.
Le capitaine des Sénateurs semble être passé de « bon joueur » à « joueur d’exception ». Confiant en ses moyens, le défenseur d’origine suédoise impressionne au plus haut point sur plusieurs autres aspects du jeu qui font de lui un défenseur des plus complet.
Karlsson est un véritable général en défense, un vrai leader. Avec le temps et grâce à une meilleure implication dans son jeu sans la rondelle (positionnement, batailles en espace restreint, découpage de la glace, tirs bloqués) il est devenu un joueur plus complet. Et tout ça sans négliger pour autant son apport offensif.
Récipiendaire du trophée Norris (remis au meilleur défenseur de la LNH) en 2012 et 2015, Karlsson semble davantage se concentrer sur les performances de son équipe que sur ses statistiques personnelles. Dans son rôle de capitaine et de leader de la formation ottavienne, il s’est donné comme mandat de participer à la relance de cette franchise, tout comme l’avait fait un de ses prédécesseurs, Daniel Alfredsson.

Les performances quotidiennes de Karlsson pourraient le rendre admissible au trophée Hart, remis au joueur le plus utile à sa formation. Après tout, il joue actuellement son meilleur hockey depuis son arrivée en Amérique du Nord.
Karlsson sera joueur autonome sans compensation à la fin de la saison 2018-2019, lui qui commande actuellement un salaire de 6,5 millions $ par saison. Il s’agit là d’une aubaine si on le compare à certains autres joueurs d’exception du circuit, toutes positions confondues. Or, il ne serait pas surprenant, le moment venu, c’est-à-dire très bientôt, que l’on propose à celui-ci un renouvellement de contrat à long terme.
Cette nouvelle entente pourrait être supérieure à 10 ou 11 millions $ par saison si l’on considère les règles du marché actuel. À moins que celui-ci soit tenté d'aller voir ailleurs, ce qui serait assez surprenant considérant le contexte actuel et son dévouement envers la franchise ottavienne.
À suivre...

lundi 13 mars 2017

La technologie au service des espoirs

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Samuel Girard
Samuel Girard (Source d'image:Getty)

MONTRÉAL – Au lendemain d’un match à Shawinigan, Samuel Girard sort son téléphone pour regarder attentivement une vidéo. Pendant ce temps, à Milwaukee, Alexandre Carrier fait la même chose, bien enfoncé dans le confort de son divan, avec sa tablette.
Mais détrompez-vous, ils ne visionnent pas les vidéos virales sur YouTube ou du moins, pas cette fois.
Les deux espoirs des Predators de Nashville profitent plutôt du fascinant système utilisé par l’organisation et son directeur du développement, Scott Nichol (662 matchs dans la LNH) et son adjoint Wade Redden (1023 matchs dans la LNH).

Depuis quelques années, les Preds ont recours à cette technologie pour favoriser la progression de leurs jeunes joueurs. Plusieurs fois par saison, les différents espoirs sous la supervision de Nichol reçoivent des séquences vidéos qui décortiquent leurs bons et moins bons coups sur la patinoire.
Voici un exemple concret : l’action se déroule dans la zone neutre et Girard ajuste sa trajectoire pour contrer l’adversaire qui prépare une attaque. La séquence vidéo s’immobilise et ce commentaire apparaît : « Bon positionnement de ta part, si tu parviens à récupérer cette rondelle, tu auras du temps et de l’espace pour compléter un jeu. »
Peu importe où ils sont, Girard, Carrier et les autres membres de la relève des Preds peuvent donc se connecter sur leur profil respectif pour voir et revoir des conseils et des commentaires - comme celui-ci - fournis par Nichol et Redden.
« Là, ne fais pas ça ou bien tu es trop loin de l’attaquant, ou tu aurais dû lancer sur cette séquence... Ils nous aident sur des petits détails qui te permettent de grandir en tant que joueurs. Ils me donnent des trucs et soulèvent des points négatifs pour que je puisse m’améliorer », a énuméré Girard durant un généreux entretien, mercredi dernier.
Alexandre Carrier
Alexandre Carrier, à droite, célèbre un but. (Source: Admirals de Milwaukee)
« En fin de compte, c’est juste de l’apprentissage, donc même s’il y a des critiques, tu dois les accueillir positivement et t’améliorer pour la prochaine fois », a également présenté Carrier dans une conversation fort intéressante.

L’utilisation de la vidéo de manière aussi spécifique et concrète charme les joueurs de cette génération.
« Les jeunes sont tellement visuels maintenant. Ils veulent revoir leurs présences et quelques équipes n’ont pas assez de temps pour le faire avec chaque joueur. Ceci dit, on ne va pas bombarder les jeunes avec une tonne de vidéos, on ne veut pas que leur intérêt diminue », a commenté Nichol à la sortie d’une séance sur glace avec des espoirs à Milwaukee.
« Ça permet de voir les choses d’un autre angle. Dans le feu de l’action, tu penses parfois que tu n’as pas beaucoup de temps pour choisir la meilleure option. Mais, quand tu revois la séquence, tu te rends compte que tu aurais pu faire un autre jeu. C’est aussi bénéfique pour la confiance de voir des extraits positifs », a exprimé Carrier qui évolue avec le club-école, les Admirals de Milwaukee dans la Ligue américaine de hockey.
Le processus fonctionne également dans le sens inverse.
« Quand je trouve que j’ai mal joué dans un match, je peux contacter Scott et lui demander de m’envoyer les extraits de mes présences », a-t-il ajouté.
L’approche des Preds pourrait soulever quelques questions. Par exemple, est-ce que les vidéos et les conseils envoyés aux joueurs interfèrent avec les enseignements vidéos effectués par les équipes de chaque patineur.
« On n’enseignerait jamais aux jeunes des choses reliées au système de jeu. Ce volet demeure la responsabilité des entraîneurs. Dans notre cas, on s’attarde sur les détails de leur jeu en se fiant sur le type de joueur qu’on prévoit qu’ils vont devenir. Parfois, ce sont des habiletés individuelles qui peuvent parfois être délaissées durant la saison régulière. On veut développer leurs habiletés et leurs habitudes de professionnels. Comme ça, ils sont moins perdus quand ils arrivent à notre camp d’entraînement », a détaillé Nichol.
Un petit coup au derrière parfois?
Le système élaboré par les Preds ne s’arrête pas à sa vocation éducative.
« Ça leur procure des enseignements et ça favorise la communication. Si un jeune a une question, on peut aller manger et regarder une séquence. Du même coup, on peut en profiter pour parler de comment ça va pour lui, de l’école, de ses amis, sa famille, sa copine et encore plus », a précisé Nichol, qui est le père de trois enfants.Scott Nichol
Scott Nichol avec les Predators en 2008. (Source: Getty)

Dans l’ensemble, l’ancien attaquant et Redden essaient de présenter aux joueurs le bon côté des choses.
« Ce sont toujours de bons commentaires et il essaie, la plupart du temps, d’être positif. C’est rare qu’il va te dire que tu as été pourri », a confié Carrier en souriant.
« Mais si tu te traînes les pieds pendant la game alors qu’il a fait 10 heures d’auto pour venir te voir, il va te dire sa façon de penser », a poursuivi le choix de quatrième ronde en 2015.
Girard, lui non plus, n’a pas vraiment subi les foudres de Nichol, mais il sait déjà quand il a connu une sortie inférieure à ses attentes.
« Si j’en joue une mauvaise, je suis le premier à le savoir. Mon père connaît aussi la game et il me dit la vérité, c’est ce que j’aime de lui », a noté le défenseur repêché en deuxième ronde par les Preds en 2016.
Bien sûr, Nichol doit parfois adopter une approche plus sévère et l’initiative ne vient pas toujours uniquement de lui.
« Ça nous arrive de recevoir un appel de l’entraîneur qui nous demande de botter le derrière à un joueur. L’an passé, Benoit Groulx dirigeait Alex et Yakov Trenin avec les Olympiques à Gatineau. Il m’avait appelé pour me demander de botter le derrière du jeune. Ça veut dire beaucoup quand ça vient de moi surtout que ça ne vient pas de la même voix que d’habitude. On a une bonne relation avec les entraîneurs dans ce sens. On est là pour aider les joueurs à devenir meilleurs », a admis celui qui a évolué pour les Predators, les Sabres, les Flames, les Blackhawks, les Sharks et les Blues.
Un monde de différence, sauf que...
Nichol et Redden ont chacun entamé leur carrière dans la LNH il y a 20 ans. La technologie a fait énormément de chemin depuis ce temps. C’est encore plus vrai lorsqu’on remonte jusqu’aux années 1980. Girard et Carrier ont grandi dans cette ère technologique, mais ils réalisent les avantages qui sont à leur portée.
« C’est sûr que ça change la réalité. Je pense que c’est une bonne chose et c’est pour ça que le hockey s’est autant développé », a opiné Girard.
Alexandre Carrier
Alexandre Carrier (Source: Admirals de Milwaukee)
« Il faut en profiter et chaque joueur peut le faire. On est plus chanceux que les joueurs pouvaient l’être il y a 20 ou 30 ans », a reconnu Carrier qui a devancé les prévisions en jouant ses deux premiers matchs dans la LNH en 2016-2017.

Pour avoir vécu les deux époques, Nichol remarque surtout l’ouverture accordée à la relève.
« Oh oui, c’était tellement différent. Avec le contexte du plafond salarial, on veut que nos jeunes soient prêts à jouer rapidement alors que c’était plus difficile de percer auparavant », a ciblé l’homme de 42 ans.
La technologie fait sa part, sauf que les responsables du développement poussent encore leur influence plus loin avec des séances sur la patinoire durant lesquelles des exercices d’habiletés sont au rendez-vous.
« Cette saison, ils sont déjà chacun venus deux fois. C’est bon, ils n’habitent pas proche. C’est le fun de voir que les gars de développement sont intéressés à leurs joueurs, il y en a qui ne viennent jamais.
« Il y a une bonne relève qui s’en vient à Nashville. Sérieusement, ils font un bon travail. On l’entend que c’est l’une des bonnes organisations pour prendre soin de ses joueurs », a souligné Girard.
En raison de son succès, les Predators préfèrent garder quelques secrets sur leur application de développement. C’est compréhensible avec tous les efforts investis pour se démarquer de leurs rivaux.
« On consacre beaucoup d’énergie pour les aider et on voit qu’ils progressent bien. Notre organisation est en santé grâce à ce développement », a conclu Nichol.