mardi 14 mars 2017

L’art de marier l’eau et le feu

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Erik Karlsson et Paul Byron
Erik Karlsson et Paul Byron (Source d'image:Getty)
Alain Sanscartier

Sans trop s’éloigner du moment présent, tant pour Ottawa que pour Montréal, il faut tout de même avouer que la planète hockey a très hâte aux prochains jours, alors que les Sénateurs et le Canadien s’affronteront à trois reprises en l’espace de huit jours.
Considérant la situation actuelle du classement de la division Atlantique, on peut dire que cette séquence nous ramènera inévitablement aux deux affrontements des précédentes années en séries éliminatoires entre les deux formations. Nul doute que certaines traces de rivalité ont certainement été ancrées au sein de ces deux organisations et de ces deux vestiaires.
Certes, plusieurs changements ont été apportés, tant au niveau du personnel de joueurs que du personnel d’entraîneurs au fil du temps, mais la rivalité demeure. Une rivalité bien sentie entre ces deux marchés canadiens de la LNH.
Sans comparer cette rivalité aux affrontements du passé opposant le Canadien aux Nordiques, il n’en demeure pas moins que les prochains jours pourraient ajouter un peu d’huile sur le feu, considérant les différents changements apportés à la date limite des transactions de part et d’autre en ce qui a trait à l’aspect physique et à la force de caractère.
Avec le premier rang de la division Atlantique à l'enjeu, le risque de voir la relation amour/haine se retrouver de nouveau à l’avant-plan ne peut être que du bonbon pour les plus fidèles partisans et les journalistes affectés à la couverture médiatique des forces en présence.
Claude Julien
Claude Julien (Source: PC)
D’un côté, le Canadien a dû prendre la décision la plus « facile », comme on dit dans le milieu, soit de procéder à un changement de garde derrière le banc. Avec l’arrivée de Claude Julien, un entraîneur avec beaucoup de vécu et de rigueur, le CH a réussi à redresser la barque.

Par sa façon de voir les choses, Julien ne pouvait qu’être un allié de taille pour le gardien de but Carey Price, qui depuis quelques semaines, a réussi à retrouver son « A-Game ».
Julien est un entraîneur qui ne fait pas dans la dentelle. Il penche plutôt pour du hockey simple et méthodique, laissant très peu de place à l’improvisation. À son arrivée, on lui a confié la tâche de redonner une certaine dose de confiance et d’orientation aux effectifs en place dans le vestiaire du Canadien.
Sans être aveuglé par le contexte actuel de l’enjeu du premier rang, Julien semble depuis son arrivée interpellé par le processus plutôt que le résultat à quelques semaines du début des séries éliminatoires.
De l’autre côté, les surprenants Sénateurs – ronflants selon certains – méritent énormément de respect pour leurs accomplissements actuels.
Depuis l’arrivée du duo Boucher-Dorion, il est évident que les Sénateurs semblent de plus en plus s’être trouvé une identité propre à eux – ce que la direction espérait fortement avec le changement de garde.
Placés dans un rôle de négligés en lever de rideau, les Sénateurs auront tout simplement confondu les sceptiques dans la salle, eux qui sont présentement sur une séquence de six victoires consécutives.
Malgré le facteur blessure et l’absence prolongée du vétéran gardien Craig Anderson à la mi-saison, la troupe de Guy Boucher – en raison du concept d’équipe, du style pratiqué et de l'adhésion au message véhiculé par l’entraîneur – est une équipe transformée.
Les Sénateurs ont une structure défensive des plus étanche avec la septième meilleure fiche défensive du circuit, comparativement à la 26e la saison dernière. Ottawa se trouve également au 11e rang du circuit sur les patinoires adverses – contrairement à une 24e position en 2015-2016. Ces deux facteurs représentent les principales raisons des succès actuels.
Sans en faire la promotion d’un candidat potentiel au trophée Jack Adams (entraîneur de l’année), on doit reconnaître que Guy Boucher, par sa rigueur depuis le jour 1, mérite d’être justement reconnu par le milieu.
Rappelons-nous qu’il s’agit d’une deuxième opportunité pour cet entraîneur québécois qui semble mordre à pleines dents dans cet univers des plus exigeants et qui ne pardonne pas.
Erik Karlsson
Erik Karlsson (Source: PC)
LE meilleur défenseur du circuit Bettman

Certains pourraient m’accuser d’un manque d’objectivité en raison de ma proximité avec les activités quotidiennes des Sénateurs depuis plusieurs saisons. Or, je persiste et signe, Erik Karlsson est actuellement LE meilleur défenseur de la LNH.
Sans rien enlever à plusieurs autres défenseurs du circuit et leurs accomplissements, Karlsson est tout simplement dominant et beaucoup plus efficace que par le passé, et cela dans tous les sens du mot.
Contrairement aux précédentes années où sa contribution offensive retenait davantage l’attention en raison de son haut niveau d’habiletés et la puissance de son tir, il faut dire qu’aujourd’hui Karlsson est beaucoup plus mature. Il est plus responsable, moins unidimensionnel et définitivement moins habité par la pensée individualiste.
Le capitaine des Sénateurs semble être passé de « bon joueur » à « joueur d’exception ». Confiant en ses moyens, le défenseur d’origine suédoise impressionne au plus haut point sur plusieurs autres aspects du jeu qui font de lui un défenseur des plus complet.
Karlsson est un véritable général en défense, un vrai leader. Avec le temps et grâce à une meilleure implication dans son jeu sans la rondelle (positionnement, batailles en espace restreint, découpage de la glace, tirs bloqués) il est devenu un joueur plus complet. Et tout ça sans négliger pour autant son apport offensif.
Récipiendaire du trophée Norris (remis au meilleur défenseur de la LNH) en 2012 et 2015, Karlsson semble davantage se concentrer sur les performances de son équipe que sur ses statistiques personnelles. Dans son rôle de capitaine et de leader de la formation ottavienne, il s’est donné comme mandat de participer à la relance de cette franchise, tout comme l’avait fait un de ses prédécesseurs, Daniel Alfredsson.

Les performances quotidiennes de Karlsson pourraient le rendre admissible au trophée Hart, remis au joueur le plus utile à sa formation. Après tout, il joue actuellement son meilleur hockey depuis son arrivée en Amérique du Nord.
Karlsson sera joueur autonome sans compensation à la fin de la saison 2018-2019, lui qui commande actuellement un salaire de 6,5 millions $ par saison. Il s’agit là d’une aubaine si on le compare à certains autres joueurs d’exception du circuit, toutes positions confondues. Or, il ne serait pas surprenant, le moment venu, c’est-à-dire très bientôt, que l’on propose à celui-ci un renouvellement de contrat à long terme.
Cette nouvelle entente pourrait être supérieure à 10 ou 11 millions $ par saison si l’on considère les règles du marché actuel. À moins que celui-ci soit tenté d'aller voir ailleurs, ce qui serait assez surprenant considérant le contexte actuel et son dévouement envers la franchise ottavienne.
À suivre...

Le Canadien s'incline 2-1 en prolongation

http://www.lapresse.ca/sports/hockey/ Publié le 21 mars 2017 à 22h35   |  Mis à jour le 22 mars 2017 à 07h36 Dans la défaite, Al Monto...