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mercredi 17 février 2016

Faire taire le mythe

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/

Michel Therrien
Michel Therrien (Source d'image:Getty)

Les récents insuccès des Canadiens de Montréal soulèvent les passions dans la métropole et on entend plusieurs personnes donner leur suggestion pour remédier à la situation. Certains parlent d’échanges, d’autres de congédiement et certains autres du premier choix au repêchage. Ce que je trouve très amusant dans tout ça est quand j’entends des gens dire que le CH devrait perdre intentionnellement pour avoir une meilleure chance de repêcher premier à la fin juin.
Je suis désolé d’en décevoir plusieurs, mais aucun joueur n’accepterait de perdre intentionnellement pour aider l’organisation. Cette histoire est un des plus gros mythes du monde du hockey! Je ne dis pas que les partisans ne peuvent pas souhaiter que l’équipe perde ces matchs, mais jamais un joueur ne va accepter de perdre des matchs pour avoir le premier choix. Il ne faut pas oublier que la vaste majorité (sinon la totalité) des athlètes professionnels se sont rendus où ils le sont par détermination et fierté. Bien que l’équipe ne joue pas très bien depuis un certain temps et que le match en Arizona ait été complètement affreux, les joueurs ne sont certainement pas indifférents aux déboires de l’équipe.
Croyez-moi que lorsque l’équipe termine au dernier rang, ce n’est pas facile se dénicher un contrat la saison suivante. J’ai vécu la même chose à ma dernière année avec le Tricolore et je n’ai pas rejoué un match dans la LNH par la suite. À l’autre extrême, un joueur qui remporte la coupe Stanley s’est probablement acheté deux ou trois saisons supplémentaires de carrière. Je sais que les joueurs ne s’amusent pas du tout en ce moment car ce n’est jamais agréable de vivre des séquences du genre, mais c’est encore pire à Montréal. La passion des amateurs et la couverture médiatique de l’équipe, qui sont très appréciées, pèsent lourd lors de séquences comme celle dans laquelle le CH est plongé en ce moment. C’est complètement impossible de s’évader et de penser à autre chose si ce n’est que pour une journée car on en discute partout dans les journaux, la télé, la radio et les réseaux sociaux.
Pour ceux qui aimeraient voir l’équipe mettre de côté tous ces vétérans pour faire place aux jeunes des IceCaps, sachez que le plafond salarial ainsi que la limite de 23 joueurs ne permettent pas à l’équipe de prendre ces décisions. Il reste la date limite des transactions pour se débarrasser de certains joueurs, mais encore une fois, la réalité du hockey avec un plafond salarial ne facilite pas les transactions car si le CH se débarrasse de salaire, ce n’est pas toujours facile de ne pas en prendre en retour.
Tout ça pour dire qu’il ne faut pas crucifier les joueurs car je suis persuadé qu’ils ne se foutent pas des résultats décevants car ce sont des athlètes fiers. Certes, le spectacle n’est pas encourageant et l’effort de certains laisse à désirer, mais n’allez simplement pas croire que les joueurs sont indifférents aux déboires de l'équipe. Quand la confiance disparait, ce n’est pas toujours facile de s’en sortir.
Cependant, le sport professionnel est un domaine de résultat et je ne dis pas qu’il faut avoir pitié des joueurs car ce sont eux seuls qui peuvent s’en sortir. Sans dire qu’ils sont paresseux, loin de là, ils peuvent quand même en donner plus et jouer avec plus d’émotions. Ils ne doivent pas attendre un changement, mais plutôt créer ce changement par l’émotion et le travail acharné.

mardi 12 janvier 2016

Le CH doit redresser le bateau

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/

Michel Therrien
Michel Therrien (Source d'image:PC)

Après un début de saison des plus fulgurants, le Canadien de Montréal traverse sa première tempête depuis plusieurs saisons. Comment expliquer ces récents déboires? La réponse n’est pas aussi simple que plusieurs puissent le croire, car une mauvaise séquence dans le sport professionnel est rarement attribuée à une seule chose. Il y a à l’occasion un élément déclencheur, mais pour que cette séquence dure aussi longtemps que celle du CH, d’autres facteurs s’ajoutent à la liste.
Premièrement, l’impressionnant début de saison de l’équipe a peut-être faussé la donne un peu. Oui le CH est une des bonnes équipes de l’Est, mais je ne crois pas nécessairement qu’elle est la meilleure. Ceci étant dit, grâce à Carey Price, le Tricolore pouvait lutter pour la première place dans l’Est bien que je les voyais plutôt vers le 3e ou 4e rang. En début de saison, tout souriait au Canadien, tous les joueurs jouaient bien en même temps et tous les paris de Michel Therrien s’avéraient être les bons. L’équipe était en pleine confiance et tout baignait dans l’huile, mais, le sport étant ce qu’il est, l’inverse semble se produire, car plusieurs joueurs vivent des moments difficiles au même moment.
Alors que plusieurs experts commençaient à parler du CH comme une des équipes favorites pour remporter la coupe, voilà qu’il y en a qui commencent à douter de leur présence en séries. Personnellement je serais très surpris que le Canadien rate le rendez-vous printanier, mais il se doit de renverser la vapeur le plus rapidement possible, car en deuxième moitié de saison, il est tellement difficile de remonter la pente. De plus, plusieurs équipes ont des matchs en main sur le Tricolore, mais les autres équipes doivent quand même remporter ces matchs.
Donc quel était l’élément déclencheur de cette léthargie? La réponse est sans aucun doute la blessure à Carey Price. Premièrement, toute équipe qui perdrait son meilleur joueur en serait affectée et encore plus quand ce joueur est le meilleur de toute la ligue et un gardien de but. Plusieurs me diront que Mike Condon fait du bon travail et que le CH ne marque pas de but et je suis en plein accord avec eux, mais je crois que le manque d’offensive est en partie (je dis bien en partie) attribuable à la perte de Carey. La raison est la suivante, Price donnait une confiance inébranlable à cette équipe et je crois que les joueurs en sont quelque peu affectés. Rappelez-vous des propos de Ken Hitchcock qui mentionnait que son équipe sentait qu’elle commençait les matchs contre Montréal en tirant de l’arrière 1-0. Mais croyez-moi que les joueurs du CH sentaient la même chose à l’inverse, c’est-à-dire qu’il commençait en avance 1-0.
Loin est mon intention de dénigrer Mike Condon qui fait un travail tout à fait remarquable en l’absence de Price. Il a été mis dans une position très difficile et il fait un travail exceptionnel en son absence, mais ça reste qu’il n’est pas Price. Souvent il fait plusieurs gros arrêts et ne donne pas nécessairement de buts faibles, mais il fait peut-être un arrêt de moins que Price pourrait faire qui fait la différence dans un match. Mike Condon est un excellent gardien de but, de loin supérieur à Dustin Tokarski, et cette expérience lui servira pour encore plusieurs saisons.
Alors que je considère la perte de Price comme l’élément déclencheur, la perte de Brendan Gallagher en a rajouté. Gallagher est la bougie d’allumage du CH ainsi que le cœur et âme de l’attaque par sa fougue, son ardeur au travail et sa détermination. Lui et Daniel Carr ont marqué plus régulièrement que les autres parce qu’ils se salissent le nez devant le filet, car dans la LNH de nos jours, les buts se marquent à cet endroit. Les gardiens sont trop bons que la plupart du temps ils feront le premier arrêt s’ils peuvent repérer la rondelle. Or, Gallagher et Carr dérangent devant le filet et sont récompensés pour leurs efforts.
Ajouter à ces deux éléments que plusieurs joueurs sont plongés dans une léthargie au même moment et vous avez une équipe qui se cherche. Plusieurs réclament une grosse transaction ou le congédiement de Michel Therrien. Une transaction n’est pas aussi facile de nos jours, encore moins quand une équipe est en difficulté, car les homologues de Marc Bergevin savent que l’équipe est désespérée. Marc est un gestionnaire intelligent et bien entouré que je suis persuadé qu’il tente quelque chose, mais ça prend un partenaire de danse aussi. Des fois c’est plus facile à dire qu’à faire.
Pour ce qui est de Michel Therrien, ce serait très cruel de le congédier puisque l’équipe a beaucoup de succès depuis son arrivée et il a perdu son meilleur joueur à la position la plus importante au hockey. Ceci étant dit, il doit trouver une façon de sortir plusieurs joueurs de leurs léthargies, car si d’ici une à deux semaines l’équipe se retrouve en dehors des séries, il sentira la soupe chaude. Cependant, en ce moment, il mérite le bénéfice du doute. Ce qui me préoccupe le plus est simplement que, même si c’est normal que l’équipe gagne un peu moins de matchs sans son gardien numéro 1, la tendance est un peu troublante. Si l’équipe a la meilleure fiche de la ligue en présence de son as et la pire sans lui, il y a un autre malaise.
Je crois cette équipe, avec ou sans Price, capable de remonter une partie de la pente jusqu’à son retour, mais la dégringolade doit cesser rapidement.
Rappelez-vous aussi que dans le sport, une équipe n’est jamais aussi bonne que nous le croyons et jamais aussi mauvaise non plus.