Les murs du temple se sont fortifiés

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Carey Price
Carey Price et ses coéquipiers (Source d'image:PC)
Photos 2016

3 décembre 2015… Le Canadien dispute son 27e match de la saison, au Centre Bell, contre les Capitals de Washington. Avant cette rencontre, la fiche de l’équipe était de 19-4-3, pour un total impressionnant de 41 points, un sommet dans la Ligue nationale de hockey. Le Tricolore n’avait perdu que deux fois à domicile, en 14 rencontres. Il s’agissait d’un troisième match complet sans le gardien numéro un de l’équipe, Carey Price et un cinquième sans Brendan Gallagher, qui avait inscrit 9 buts depuis le début de la saison. Torrey Mitchell, un bon employé de soutien en attaque, manquait aussi à l’appel en raison d’une blessure au bas du corps.

8 décembre 2016… Le Canadien dispute son 27e match de la saison, au Centre Bell, contre les Devils du New Jersey. Avant cette rencontre, la fiche de l’équipe était de 17-6-3, pour un total impressionnant de 37 points, un sommet dans la Ligue nationale de hockey. Le Tricolore n’avait perdu qu’une seule fois à domicile, en 14 rencontres. Il s’agissait d’un deuxième match sans le centre numéro un de l’équipe, Alex Galchenyuk, qui avait inscrit 9 buts depuis le début de la saison et un premier sans David Desharnais, qui devait continuer d’assumer sa relève. Greg Pateryn, un bon employé de soutien en défense, manquait aussi à l’appel en raison d’une blessure au bas du corps.

3 décembre 2015... Le Canadien offre une opposition remarquable aux Capitals et dispute l’un de ses meilleurs matchs de la saison, sur le plan collectif. L’équipe bombarde le gardien adverse de 35 tirs et en décoche un total de 73 vers le filet opposé! Trois joueurs seulement n’enregistrent aucun tir au cours du match. Mais Braden Holtby, l’un des meilleurs gardiens du circuit jusque-là, résiste à 33 de ces tirs et les Capitals se sauvent avec la victoire, par la marque de 3-2. Le gardien auxiliaire, Mike Condon, paraît mal pour la première fois de son mandat de releveur à Carey Price en accordant trois buts sur 19 tirs et démontre un niveau de compétitivité laissant à désirer. À compter de 23:00, ce soir-là, le Canadien de Montréal allait connaître l’une des pires séquences de sa glorieuse histoire. Il n’allait remporter que 5 de ses 26 matchs suivants! Et encore, deux de ces victoires furent acquises en bris d’égalité. Jusqu’au 9 avril 2016, le Tricolore ne remportera que 19 de ses 55 matchs, dont près du tiers en bris d’égalité!
8 décembre 2016… Le Canadien offre une opposition remarquable aux Devils et dispute l’un de ses meilleurs matchs de la saison, sur le plan collectif. L’équipe bombarde le gardien adverse de 49 tirs et en décoche un total de 82 vers le filet opposé! Trois joueurs seulement n’enregistrent aucun tir au cours du match. Le gardien Cory Schneider, l’un des bons gardiens du circuit jusque-là, résiste à 44 de ces tirs...
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Voilà où s’arrête ce parallèle, assez saisissant vous en conviendrez, entre la saison 2015-2016 et celle de 2016-2017 et ce, au même moment, très précisément. Car la suite du paragraphe précédent peut maintenant s’écrire de façon dramatiquement opposée au libellé d’il y a un an. Il faut maintenant y lire :
« …mais le Canadien a réussi quand même à le déjouer à 5 reprises et remporte une victoire convaincante, pour ne pas dire étonnante de 5-2. Le gardien numéro un, Carey Price, paraît bien encore une fois en accordant deux buts sur 21 tirs et démontre un niveau de compétitivité extrêmement fort. Il a même rué de coups un adversaire qui, selon lui, avait dépassé les limites acceptables de l’esprit sportif envers les gardiens, geste qui lui a valu quatre minutes de pénalité. Les attaquants des quatre trios ont tous contribué au succès commun du Tricolore et les trois unités en défense ont très bien conjugué leurs efforts, à tous les points de vue. À compter de 23:00 ce soir-là, le Canadien de Montréal va…
La suite 
Alors, mes amis, comment va s’écrire, croyez-vous, le reste de l’histoire ? Difficile à prédire, n’est-ce pas ?
Pour tenter l’exercice, il faut se rabattre sur des points précis, sur des faits, connus et parfaitement documentés, alors que le Canadien amorce très exactement le deuxième tiers de sa saison, le samedi 10 décembre, contre l’Avalanche du Colorado.
Commençons par la formation qui a disputé ce 27e match, jeudi dernier. En ajoutant les noms de Carey Price, de Brendan Gallagher et de Torrey Mitchell à la liste, on dénombre un total de onze joueurs qui revêtaient l’uniforme du Tricolore le 8 décembre 2016 au Centre Bell (soit plus de la moitié de l’équipe !) et qui n’y étaient pas lors du fameux 27e match de la saison précédente, le 3 décembre 2015. Sept joueurs de l’alignement d’il y a un an ne font plus partie de l’organisation, tandis qu’un autre traîne son baluchon dans la ligue East Coast (Zachary Fucale).
Les différences peuvent s’établir de façon assez simple entre les deux tableaux. Dans un premier temps, même si les liens ne sont pas parfaits, on peut faire ressortir celles-ci : Shea Weber vs P.K. Subban, Alexander Radulov vs Thomas Fleischmann, Philippe Danault vs Lars Eller, Andrew Shaw vs Devante Smith-Pelly, Arturri Lehkonen vs Christian Thomas, Al Montoya vs Mike Condon, Zach Redmond vs Tom Gilbert. Si on ajoute la situation des blessés d’il y a un an, on doit évidemment commencer par la substitution de Price vs Condon et celle de Brendan Gallagher vs Dale Weise. Je vous vois esquisser un petit sourire ?
En tout cas, si vous êtes un partisan du Canadien, vous auriez au moins raison d’être beaucoup plus optimiste pour la suite des choses que vous auriez pu l’être l’an dernier à pareille date. Au niveau du talent brut, qu’il soit actuel ou potentiel, il y a un gain appréciable, c’est certain. Et je ne parle pas ici, simplement, de la présence de Carey Price devant le filet et je ne veux pas, non plus, relancer un long débat à propos de Shea Weber et de P.K. Subban qui sont, tous les deux, des joueurs étoiles et qui possèdent des styles bien différents et qui leur sont propres.
Je parle surtout de l’apport extraordinaire d’un Radulov, qui soulève la foule et ses coéquipiers par sa créativité et son énergie, qui génère quantité d’occasions de marquer et de maux de tête pour l’adversaire, dans son territoire. Je parle de l’intensité d’un Shaw, qui provoque, dérange, frappe et marque des buts importants. Je parle d’un Danault, qui se présente tous les soirs et qui fait tout ce qu’on lui demande sans broncher. Je parle d’un Lehkonen qui possède une vitesse irrésistible et une vision du jeu absolument dignes de la LNH et qui se développe à un rythme soutenu. Je parle aussi d’Al Montoya qui, malgré la dégelée de Columbus et une fiche légèrement déficitaire, offre à son équipe un niveau d’expérience précieux dans la perspective de l’utiliser à une vingtaine d’occasions cette saison.
Eh oui, il faut bien finir par mettre dans l’équation la contribution globale de Weber, son tir foudroyant, sa résistance, sa présence dissuasive en zone défensive. Bref, on parle d’une bonne dose de caractère, d’intensité, de vitesse et de leadership qui s’est ajoutée à ce qui existait déjà chez le Canadien. On parle de facteurs qui étaient prioritaires sur la liste de Marc Bergevin lors de son bilan de l’été dernier. Et même s’il n’est pas un joueur actif, comment ne pas ajouter Kirk Muller à cette liste importante d’additions positives pour le Canadien ?
Soyons honnêtes. Le Canadien de Montréal vient d’être frappé durement par les blessures sérieuses à Alex Galchenyuk et David Desharnais et nul doute que leur absence prolongée représente un souci énorme. C’est un immense vide à combler au cœur du potentiel offensif de l’équipe. On verra, du reste, si le directeur général pourra combler une partie de ce vide via le marché des transactions.
Entre temps, le Tricolore possède indéniablement des atouts supérieurs à l’an dernier, des atouts qui pourraient permettre d’éviter, sans changements radicaux à la formation de jeudi dernier, le même genre d’effondrement qui a secoué si fort et même fait écrouler certain des murs du temple, la saison dernière !

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