L’importance des grands frères

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Michel Therrien
Michel Therrien (Source d'image:PC)
MATHIEU DARCHE
LUNDI, 4 AVR. 2016. 08:45

La saison des Canadiens de Montréal tire à sa fin et ce sera bientôt le temps des bilans. La question qui sera analysée à plusieurs reprises sera certainement: « Que s’est-il passé? ».
La raison principale restera sans équivoque l’absence de Carey Price. Je ne m’attarderai pas sur cette raison dans cette chronique puisque je l’ai régulièrement abordée tout au long de la saison, car je préfère élaborer sur ma manchette à l’Antichambre cette semaine, c’est-à-dire, l’absence de grands frères dans cette équipe. Cette absence n’était pas aussi palpable lorsque Price était devant le filet, car l’équipe remportait des matchs grâce à ses performances ainsi qu’à la confiance qui régnait dans le vestiaire. Quand l’équipe gagne et que tout baigne dans l’huile, c’est très facile d’être un bon leader et de rester positif, mais c’est une tout autre histoire lorsque l’équipe traverse une période difficile.

Je crois fortement que l’absence de vétérans tels Gionta, Gorges, Bouillon, Malhotra et autres ont grandement manqué au Canadien. On a peut-être sous-estimé leur présence lors des dernières campagnes car Price faussait la donne. Cette situation n’a certainement pas facilité le travail de Michel Therrien, qui s’est retrouvé démuni de ressources dans le vestiaire. Quand les jeunes de l’équipe prennent trop rapidement les règnes, il est très difficile de traverser ces périodes creuses sans l’appui de vétérans qui ont du vécu dans la LNH. Ceci est un des plus gros problèmes qui affligent les Oilers d’Edmonton depuis une dizaine de saisons. J’en discutais avec Shawn Horcoff pendant le lockout et il mentionnait que c’était très difficile d’éduquer ces jeunes pour devenir de vrais professionnels, car il était seul comme vétéran et que ces jeunes se sont fait confier les règnes de l’équipe beaucoup trop tôt et ceci a créé les résultats que nous constatons depuis plusieurs années. La sortie de l’entraineur Todd Mclellan samedi démontrait la frustration de ce coach avec l’attitude de ces joueurs.
Nous entendons régulièrement les gens mentionner que le Canadien devrait laisser aller les vieux pour faire de la place aux jeunes, mais malheureusement, ce n’est pas de cette façon que ça fonctionne dans la LNH. Toutes les équipes de tête dans la ligue ont un bon nombre de bons vétérans. Je dis « bons », car une équipe doit trouver les bons vétérans, ceux qui peuvent guider tous ces jeunes dans leur apprentissage de vie professionnelle. Carey Price a permis à cette équipe de s’en tirer en début de saison, mais force est d’admettre que lorsqu’il est tombé au combat, sa perte a laissé un vide au sein des Canadiens.
Ne sous-estimez surtout pas l’apport qu’ont eu les Gionta, Gorges, Bouillon, Malhotra, Parros, Arsmstrong, Murray, Halpern lors des 2-3 dernières saisons du Tricolore. Lors de mes saisons avec le Canadien, on peut ajouter les Gill, Spacek, Hamrlik, Moen, et oui, même Gomez, car ces joueurs avaient du vécu dans la LNH et plusieurs d’entres eux avaient remporter des coupes Stanley. Tous ces vétérans avaient eux aussi été éduqués par des vétérans à leur tour en début de carrière. Personnellement, j’ai eu droit à des Kevin Dineen, Lyle Odelein, Ian Laperrière et autres au cours de ma carrière et j’aime croire que j’ai aussi eu un certain impact sur plusieurs jeunes joueurs dans la LNH et la LAH.
Le manque de « grands frères » a rendu la tâche à Max Pacioretty beaucoup plus difficile qu’elle aurait dû l’être à sa première saison comme capitaine. Malheureusement pour lui, il n’a pas été très bien entouré côté vétérans cette saison, mais croyez-moi qu’il en sortira gagnant, car c’est une expérience qu’il se souviendra longtemps.
Je souhaite sincèrement à Michel Therrien de pouvoir compter sur un groupe plus mature lors de la prochaine saison, mais surtout sur un Carey Price en santé!

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