samedi 9 avril 2016

Vivement septembre!

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Une première difficile pour Therrien

PIERRE HOUDE
VENDREDI, 8 AVR. 2016. 13:46

C’est Michel Therrien qui a inspiré le titre et par extension, le contenu de cette chronique. Au cœur de l’entrevue qu’il m’a accordée avant le match du Canadien en Caroline, il a admis avoir beaucoup plus hâte à septembre qu’aux vacances qu’il s’offrira sous peu. L’homme a beau avoir les traits tirés, il a beau porter les marques d’une saison horrible, il a beau avoir accumulé les nuits blanches au même rythme fou que les défaites répétées de son équipe, il reste que l’exclusion des séries qu’il vit pour la première fois de sa carrière porte un dur coup à sa fierté légitime. Son désir de rédemption, même dans son état actuel, est plus fort que tout!
À moins d’un revirement de situation complètement inattendu, Therrien sautera sur la patinoire du centre d’entraînement de Brossard en septembre prochain en tant qu’entraîneur-chef du Canadien. Et il rêve déjà de la minute où il verra sauter sur cette même patinoire Carey Price en pleine santé, P.K. Subban rétabli et plein d’énergie et Jeff Petry prêt à rejouer le rôle du printemps 2015. Car à n’en pas douter et sans diminuer l’impact du nombre global de blessures ayant frappé l’équipe cette saison, l’absence de ces trois athlètes, à elle seule, provoquait un gouffre immense dans les dernières semaines du calendrier!

Bien sûr, il est difficile d’établir avec exactitude quelle sera la composition de la prochaine édition du Canadien de Montréal. À la lumière de la terrible saison qui se termine, le processus d’évaluation de la haute direction est complexe. Il faut d’abord laisser disparaître l’épais brouillard qui cache le vrai portrait de cette équipe et ainsi établir le plan de relance en conséquence. Transactions? Marché des joueurs autonomes? Ajout de jeunes joueurs présentement à l’intérieur de l’organisation? Pêche miraculeuse au prochain repêchage? Tous ces facteurs peuvent évidemment entrer en ligne de compte, mais encore faut-il d’abord et avant tout savoir évaluer correctement ce qu’on a présentement sous la main!
Or, malgré la longue agonie qui s’est amorcée en décembre dernier, il y a quand même lieu d’apprécier avec objectivité les atouts indéniables de cette équipe, atouts qui sont quand même apparus clairement malgré les déboires répétés du Tricolore.
Premier trio, défenseurs et profondeur
Le rendement épatant du duo Max Pacioretty-Alex Galchenyuk, après qu’il fut créé, me vient d’abord rapidement à l’esprit. Et dans la foulée, le portrait devient encore plus éclatant quand y on ajoute le nom de Brendan Gallagher. Si les deux premiers trouvent de plus en plus la façon de se repérer facilement en situations d’attaque, le troisième est venu y ajouter une dimension d’énergie qui complète fort bien la créativité des deux autres. On pourrait débattre de la pertinence de rassembler ces trois ressources au sein d’une même unité, on pourrait s’obstiner jusqu’à épuisement sur les capacités d’Alex Galchenyuk de jouer au centre sur une base régulière mais personnellement, je crois qu’on se complique beaucoup trop la vie en faisant cela. Ces trois joueurs-là sont faits pour jouer ensemble, à la place qu’ils occupent présentement et ce qu’on a vu lors des dernières semaines ne représente, à mes yeux, qu’un petit échantillon de ce dont ils sont capables, collectivement. Ils peuvent, à eux trois, facilement produire une centaine de buts par saison!
Par ailleurs, en tenant pour acquis que tous les défenseurs sous contrat se présentent au camp d’entraînement au sommet de leur forme physique, on ne peut qu’apprécier la profondeur dont disposera le Canadien en vue de la prochaine saison. De tous les joueurs en développement au sein de l’organisation, Greg Pateryn est celui qui a le plus profité de l’opportunité qui lui fut offerte d’occuper un poste régulier. Sa progression fut rien de moins que spectaculaire, depuis le revirement malheureux qui avait démoli une grande partie de sa confiance, à Detroit, un certain soir de décembre. Pateryn a rapidement appris à mettre ses atouts à contribution : il frappe fort et souvent, il a un bon lancer et sa lecture du jeu s’améliore de match en match. Je ne vois pas comment le poste de droite sur la troisième unité peut lui échapper à l’automne prochain, possiblement aux côtés d’Alexeï Emelin, eux qui ont fort bien fait ensemble pendant plusieurs rencontres. Si c’est le cas et si rien ne bouge du côté des autres défenseurs de l’équipe, on a déjà une excellente unité de six et il n’y aura alors que l’embarras du choix pour le poste de 7e défenseur, à commencer par Mark Barberio à qui on pourrait offrir un nouveau contrat (il sera joueur autonome « restreint »).
Reste l’attaque, du deuxième au quatrième trio. On sera d’accord, le Canadien a présentement sous contrat une abondance de joueurs capables d’évoluer sur une quatrième unité et ce, à prix raisonnable, compte tenu des rigueurs du plafond salarial. De plus, la polyvalence de ceux-ci donne d’intéressantes options d’utilisation à l’entraîneur, autant au centre qu’aux ailes, en situations de mises en jeu ou d’infériorités numériques. Torrey Mitchell, Brian Flynn, Paul Byron et Phillip Danault forment un groupe capable de bien faire les choses sur une base régulière dans la LNH, en autant qu’on leur demande de jouer un rôle qui leur convient.
On en arrive donc à l’épineuse question du « reste » de l’attaque. S’il n’y a pas de doute sur la grande utilité de Tomas Plekanec, on peut dire qu’il y a quatre ou cinq postes qui doivent nécessairement faire l’objet d’une mûre réflexion, ce qui représente selon moi le plus grand défi de Marc Bergevin. Chez les « espoirs », je donne l’avantage à Daniel Carr, à court terme. Malgré sa longue absence, Carr a réussi à devancer Sven Andrighetto et je le vois très bien ravir un poste sur le flanc droit, idéalement sur une troisième unité. Il a connu encore un excellent match en Caroline, jeudi. Personnellement, je donnerais aussi un laissez-passer à Michael McCarron, même si je respecte au plus haut point l’opinion de ceux qui croient qu’il profiterait d’une saison de plus dans la Ligue américaine. Il n’y a tout simplement pas d’équivalent chez le Canadien présentement et il n’est pas obligatoire de lui donner un poste au centre intégralement dès maintenant. Mike Brown mérite-t-il une offre, comme 13e attaquant, compte tenu qu’il y a pas d’équivalent non plus chez le CH présentement? Pourquoi pas.
On en arrive donc à trois postes à combler, des postes qui devraient, en toute vraisemblance et idéalement, faire l’objet d’une recherche à « l’extérieur de la boîte », comme on dit. Il faut absolument au Canadien, au moins un ou deux attaquants capables de bien porter la responsabilité du « top-6 ». Et ce rôle n’est pas fait sur mesure pour Lars Eller ou David Desharnais, encore moins pour Stefan Matteau ni Lucas Lessio et n’est surtout pas encore à la portée de plus jeunes attaquants en développement. Le renfort doit donc venir de la créativité du directeur général et/ou du portefeuille du propriétaire. En terminant, il faudrait aussi idéalement ajouter un vétéran qui « a vu neiger », ce qui a cruellement manqué à l’équipe en pleine période de crise.
Merci à vous tous
Nous voici donc à la fin d’une 27e saison de couverture des matchs du Canadien et de la Ligue nationale de hockey à RDS. Que le temps file! Je tiens à vous remercier sincèrement encore une fois pour la confiance que vous nous portez, d’année en année. L’honneur que vous nous faites de nous laisser pénétrer dans vos foyers d’octobre à avril est immense et nous nourrissons quotidiennement notre passion et notre recherche de rigueur en fonction de vos attentes envers nous. Je vous souhaite un bon printemps et un bon été, en vous rappelant que RDS vous offrira plus que jamais quantité d’événements sportifs passionnants d’ici l’automne.
Entre-temps, je vous laisse en empruntant les paroles de Michel Therrien. Vivement septembre!