samedi 10 décembre 2016

Marc Bergevin et les transactions

http://www.lapresse.ca/sports/hockey/

Publié le 10 décembre 2016 à 10h43 | Mis à jour à 10h43
Marc Bergevin... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse)
Marc Bergevin
PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE
Bougera, bougera pas? La question se posait avant même qu'Alex Galchenyuk et David Desharnais tombent au combat, vu le manque apparent de profondeur du Canadien au centre derrière le numéro 27. Avec les deux centres perdus pour un minimum de six à huit semaines, elle se pose plus que jamais.
LE CONTEXTE
La ligne du centre déployée jeudi par le Canadien allait comme suit : Tomas Plekanec, Phillip Danault, Torrey Mitchell et Brian Flynn. Plekanec connaît une saison épouvantable avec 9 points en 27 matchs et n'a clairement pas les outils pour alimenter les meilleurs ailiers de l'équipe - ni pour affronter les meilleurs défenseurs. Danault est le plus productif du groupe avec 11 points en 27 matchs, une fiche qu'il présente malgré une léthargie de 11 matchs sans point. Mitchell compte 9 points en 27 matchs, dont 7 buts. Son efficacité de 33,3 % sur ses tirs laisse toutefois présager un ralentissement. Enfin, Brian Flynn n'a que 2 petits points en 16 sorties. Dans un monde idéal, l'acquisition d'un centre permettrait à Danault et à Mitchell de piloter les troisième et quatrième trios et à Flynn de retourner à l'aile.
LE CALENDRIER
Le Canadien a livré une performance hors pair jeudi, mais il l'a fait contre une unité défensive un peu louche. Ce soir, c'est au tour de l'Avalanche, la pire équipe de la LNH (à égalité avec les Coyotes de l'Arizona), de débarquer au Centre Bell. Bref, il faut être prudent dans les conclusions à tirer de ces deux matchs. Le calendrier se corsera ensuite, mais cinq des six prochains matchs ont lieu à domicile, où l'avantage de la patinoire aide Michel Therrien à gérer les confrontations. Ça se complique à compter du 23 décembre, car le Tricolore amorcera alors un voyage de sept matchs à l'étranger.
LES ANTÉCÉDENTS
Si on se fie à l'historique de Bergevin, il ne faut pas s'attendre à voir un centre capable de jouer dans les deux premiers trios débarquer à Montréal. À une exception - majeure - près, le directeur général du Canadien a toujours été réticent à donner des joueurs qui ont de la valeur. Et quand il l'a fait, il a eu le flair de laisser partir des joueurs qui n'allaient pas exploser ailleurs. Des 16 joueurs de niveau LNH échangés par Bergevin depuis son arrivée, seulement trois ont disputé 100 matchs par après. Huit des 16 joueurs ne sont plus dans la LNH aujourd'hui. Parmi les huit autres, on retrouve Rene Bourque, qui renaît de ses cendres au Colorado, mais qui était au neutre depuis son départ de Montréal. Devante Smith-Pelly a connu une embellie l'an passé à son arrivée au New Jersey, mais est revenu au naturel cette saison.
L'EXCEPTION
L'exception, c'est évidemment P.K. Subban, mais Bergevin a obtenu en retour un joueur qui occupe exactement la même chaise de défenseur numéro 1. Subban est très productif à Nashville, mais Shea Weber l'est tout autant à Montréal. Lars Eller et Dale Weise ont aussi été échangés dans les bonnes années de leur carrière, mais sont tombés à plat offensivement. Cela dit, on voit mal en quoi Bergevin serait plus avancé s'il sacrifiait un joueur établi pour s'améliorer au centre. Le groupe de défenseurs tient le coup, mais a aussi été épargné par les blessures, à l'exception de Nathan Beaulieu (et Greg Pateryn depuis jeudi). À l'aile, ni Daniel Carr ni Sven Andrighetto n'ont prouvé qu'ils peuvent jouer régulièrement dans les trois premiers trios - un rôle qui les attendrait si un ailier devant eux dans la hiérarchie était échangé.
LE RISQUE
Il reste les espoirs et les choix de repêchage et là aussi, Bergevin s'est montré prudent jusqu'ici. Il a couru un certain risque en cédant Sebastian Collberg aux Islanders de New York pour obtenir Thomas Vanek, mais Collberg joue aujourd'hui en Suède. Du reste, les espoirs échangés jusqu'ici avaient pour noms Tim Bozon, Jarred Tinordi, Christian Thomas, Jack Nevins, Louis Leblanc et Steve Quailer, pour ne nommer qu'eux. Bref, pas de future étoile ici. Quant aux choix de repêchage, Bergevin n'a toujours pas échangé de choix de premier tour. Gardons toutefois à l'oeil les deux choix de deuxième tour qu'il a cédés aux Blackhawks de Chicago l'été dernier pour obtenir Andrew Shaw. Avec l'un d'eux, Chicago a sélectionné Alex DeBrincat, qui est le deuxième compteur de la Ligue junior de l'Ontario. Et le défenseur Samuel Girard était toujours disponible... Avec la transaction Subban-Weber, il s'agit de la seule autre transaction susceptible de revenir hanter Bergevin.
LES OPTIONS
Malgré toutes les critiques qu'il essuie pour son manque d'audace, le DG du CH peut en revanche se féliciter de ne jamais avoir fait mal à son équipe dans une transaction jusqu'ici. Bergevin n'a pas l'habitude de sacrifier des actifs, que ce soit des joueurs établis, de bons espoirs ou de hauts choix au repêchage. S'il veut respecter ses limites habituelles, il a deux choix de deuxième tour en banque pour 2017 (le sien et celui de Washington) et trois pour 2018 (le sien et ceux de Washington et de Chicago). Reste une variable inconnue : quel effet la débandade de l'an passé a-t-elle laissé dans la haute direction ? L'équipe n'a rien sacrifié l'an dernier, mais a subi pour conséquence une exclusion des séries éliminatoires. Si le navire se met à prendre l'eau, risquera-t-on de nouveau le statu quo dans l'espoir d'un retour rapide de Galchenyuk ? Les blessures au genou ont déjà joué des tours à cette équipe...

vendredi 9 décembre 2016

Le Canadien l'emporte sur les Devils dans un match tumultueux

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Devils 2 - Canadiens 5

Éric Leblanc

MONTRÉAL – Avec les pertes à long terme d’Alex Galchenyuk et David Desharnais, le Canadien est confronté à une redoutable épreuve de caractère et Carey Price a donné le ton en prouvant qu’il ne se laisserait pas « marcher sur les pieds » en faisant sa meilleure imitation de Ron Hextall dans un gain des siens face aux Devils du New Jersey.
De retour devant ses partisans à la suite d’un long voyage qui aura été très coûteux par rapport aux blessures, le Canadien a trouvé le moyen de s’imposer par le pointage de 5-2 au Centre Bell.
Malgré un manque de munitions, Montréal a été en mesure de marquer cinq buts grâce à Phillip DanaultTorrey Mitchell (deux fois)Artturi Lehkonen et Max Pacioretty qui a joué en novembre en dépit d'une microfracture à un pied. De plus, le camp montréalais a massivement dominé avec 49 lancers (un sommet cette saison) contre 21.

Aucun de ces buts ne se retrouvera dans les jeux de la semaine, mais le style n’avait pas d’importance dans ce match déterminant pour le Canadien. Quelques meneurs du club ont d’ailleurs pris la parole avant la partie pour insister sur ce point.
« C’était une statement game comme j’ai dit aux joueurs, on devait avoir un bon effort. C’était important pour notre groupe d’envoyer ce genre de message », a jugé l’entraîneur Michel Therrien.
Price est parvenu à mettre du piquant dans cette soirée qui s’annonçait difficile sans deux joueurs de centre. Lors des dernières secondes de la première période, le gardien du Tricolore a été heurté par Kyle Palmieri qui a glissé vers lui à la suite d’un contact avec Jeff Petry. Sans hésiter, Price a répliqué avec trois puissants coups de bouclier vers la tête et le dos de son assaillant.
Reconnu pour son calme, Price a vraisemblablement décidé de se faire justice par lui-même ayant été souvent frappé par des adversaires au cours des récentes années. Le scénario s’est reproduit sur le premier but des Devils qui a été accordé en dépit d’un contact à son endroit venant d’Adam Henrique.
« Je ne sais pas, on m’est rentré dedans sur le premier but et je me suis dit que je ne voulais pas que ça reproduise. Je pense que ça m’a enflammé », a commenté Price qui était tout de même d’accord avec le verdict sur le but.
« Je dois me défendre, c’est rendu comme ça », a-t-il ajouté celui qui s’était déjà vengé, il y a longtemps, contre Cam Janssen en janvier 2010.
« Il a démontré beaucoup de leadership. Parfois, il faut que tu défendes toi-même et c’est ce qu’il a fait. Ils attaquaient son filet comme sur le premier but. D’ailleurs, on est totalement en désaccord avec la décision qui a été rendue », a exprimé Therrien.
La réaction de Price – qui a plu à plusieurs amateurs et déplu à certains partisans – n’aura finalement coûté qu’une durée de deux minutes en infériorité numérique. Les arbitres ont été plutôt indulgents envers lui puisque le règlement stipule qu’ils peuvent imposer une inconduite de partie à un gardien pour un tel geste s’ils jugent que l’intention était de blesser.

Une première victoire sans Galchenyuk ni Desharnais
Price a cédé une autre fois dans ce match face à Taylor Hall alors que le Canadien détenait une avance de 4-1 au troisième engagement. Hall a touché la cible grâce à une superbe passe de Henrique en supériorité numérique.
En l’absence de Galchenyuk et Desharnais, le trio composé de Danault, Andrew Shaw et Lehkonen a accompli de l’excellent boulot. Rappelons que Danault se sentait malade en début de journée, mais il a été en mesure de participer à la rencontre.
Force est d’admettre que le Canadien s’est très bien tiré d’affaire sans deux centres de son organigramme. Évidemment, toutes les victoires sans ces deux éléments sont précieuses puisqu’un creux de vague pourrait frapper le CH durant leur remise en forme.
« C’était une belle preuve de caractère, on veut montrer que notre succès ne repose pas seulement sur deux joueurs », a commenté Mitchell.
Les joueurs devront se partager la production offensive comme ce fut le cas face aux Devils alors que neuf protégés de Therrien ont récolté au moins un point.
« C’est encourageant pour notre équipe, l’éthique de travail a été phénoménale. Quand on parle d’une belle victoire d’équipe, tout le monde a contribué », a convenu l’entraîneur.

Une réponse assez éloquente du CH
« C’était important d’avoir une bonne partie en tant qu’équipe. Bien sûr, on a besoin de deux excellents centres comme eux, mais tout le monde doit élever son jeu d’un cran quand ça arrive », a exposé Danault qui avait repris des couleurs.
Tomas Plekanec s’est vu offrir l’occasion de piloter le premier trio avec Pacioretty et Alexander Radulov. Mitchell s’est retrouvé au centre de la deuxième unité tandis que Danault et Brian Flynn ont patiné respectivement au centre des troisième et quatrième trios.
Soulignons aussi que le défenseur Greg Pateryn sera sur la touche pour une période de huit semaines en raison d’une fracture à une cheville.
Sur une note plus positive, le Tricolore a pu compter sur le retour du défenseur Nathan Beaulieu et de Zach Redmond qui effectuait ses débuts officiels avec Montréal.
Dès samedi, le Canadien essaiera de poursuivre sur ce résultat encourageant recevant la visite de l’Avalanche du Colorado.

« Pacioretty a joué avec une microfracture »

Carey Price déplore la tolérance des arbitres

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Price se fait justice lui-même

Éric Leblanc

MONTRÉAL – Carey Price ne veut pas critiquer ouvertement les dirigeants de la LNH, mais ses propos sont éloquents. La grande vedette du Canadien déplore la latitude accordée aux joueurs pour foncer sur les gardiens.
« On dirait que c’est rendu la façon de jouer : on fonce au filet, on pousse le gardien et on marque. Il faut mettre son pied à terre parfois », a déclaré Price qui a renvoyé la balle aux décideurs du circuit Bettman.
« Il faudra demander aux dirigeants. Mais les arbitres n’imposent plus de punition pour ces gestes. C’est seulement mon opinion », a-t-il commenté avec dépit.

Quelques minutes plus tard, ce fut au tour de son entraîneur, Michel Therrien, de se prononcer sur le traitement qui est réservé aux gardiens aux quatre coins de la LNH.
« La Ligue se doit de protéger les gardiens, c’est très important. Je ne parle pas seulement de nous avec Carey, mais des autres gardiens également. Est-ce que c’est une tendance plus visible contre nous? Pas plus. Nous aussi, on fonce au filet, c’est important de le faire pour pouvoir marquer », a exprimé Therrien qui ne s’opposerait donc pas à une hausse des punitions pour obstruction sur les gardiens.
Chose certaine, les coéquipiers de Price ont apprécié son geste et ils ont senti que leur meneur s’est simplement exprimé d’une manière différente alors qu’il s’impose habituellement avec ses arrêts.
« J’ai aimé ça, il est très compétitif et on l’a vu d’une autre façon dans ce match », a jugé Torrey Mitchell.
« C’était génial et ce fut très bon pour le momentum, ça nous a donné un élan. Comme d’habitude, il a fait les choses à sa façon », a souligné Phillip Danault.
« Il a défendu son territoire et c’est son droit surtout que les adversaires essaient d’en profiter. On ne l’a pas assez bien protégé et il s’est chargé de se faire comprendre. Ça démontre de l’émotion et du caractère », a cerné Andrew Shaw. 
Nathan Beaulieu, qui ne recule jamais devant une petite confrontation aux poings, n’était pas surpris de voir Price « péter les plombs ».


« Pacioretty a joué avec une microfracture »
« C’est bien, c’est un gars passionné et l’un de nos plus grands meneurs. Ça démontre l’étendue de son caractère et à quel point il veut gagner », a dit Beaulieu qui n’aurait pas voulu se frotter à Price et son bouclier.
En ce qui concerne Therrien, la réaction de Price confirme que les choses étaient allées trop loin.
« Carey est toujours calme. Quand il décide de se défendre comme ça, tu sais que quelque chose de déplorable est arrivé. C’était la deuxième fois qu’il se faisait pousser », a prétexté l’entraîneur.
Quant à Price, il assure qu’il n’a pas visionné récemment des frasques de Ron Hextall et il admet que ses coéquipiers ont apprécié son geste.
« Je pense qu’ils étaient un peu reconnaissants et motivés par ça », a convenu celui qui avait peut-être eu une courte nuit de sommeil avec un bébé à la maison.
Exactement la contribution souhaitée
Avant d’entamer le match contre les Devils, Therrien et ses adjoints ont probablement imaginé un scénario idéal pour compenser les pertes d’Alex Galchenyuk et David Desharnais.


Une première victoire sans Galchenyuk ni Desharnais
Les entraîneurs du CH devaient souhaiter une production bien répartie par leur effectif. Ils peuvent dire mission accomplie pour ce test contre les Devils et ils s’accrocheront à l’espoir que ça puisse se reproduire pendant quelques semaines.
Dans ce sens, le trio de Danault, Shaw et Artturi Lehkonen a ravi Therrien avec une prestation inspirée.
« Ils ont été très bons, j’ai aimé la chimie entre ces joueurs. Mais tous les trios ont été bons, notre rythme était élevé et on retire beaucoup de fierté de ça », a évalué Therrien.
Après une victoire aussi satisfaisante, l’entraîneur pouvait bien se permettre une petite blague à l’endroit de Danault.
« Il devait avoir de l’énergie puisqu’il n’est pas venu à l’entraînement ce matin », a-t-il lancé en riant.
Danault avait aussi le goût de rire à la suite de ce triomphe et de sa performance d’un but et une passe.
« J’étais pas mal blanc en début de journée. Mais, après ma sieste de six heures, je me sentais mieux », a-t-il conclu avec le sourire.