vendredi 17 février 2017

S’inspirer de Marchand pour relancer Gallagher

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Brendan Gallagher
Brendan Gallagher (Source d'image:Getty)

En plein jour de la St-Valentin, le Canadien de Montréal a plaqué son entraîneur-chef, Michel Therrien, pour Claude Julien. La réalité est que le Tricolore a perdu six de ses sept dernières rencontres, n’ayant été en mesure d’arracher une victoire qu’aux Coyotes de l’Arizona, l’une des pires formations du circuit, et encore, une période de prolongation fut nécessaire pour réaliser cet exploit. Lors de ces mêmes sept parties, la Sainte-Flanelle n’a inscrit qu’un maigre total de 10 buts. Seul le trio composé de Pacioretty, Radulov et Danault fut en mesure de s’imposer sur la glace. Si le Canadien veut renouer avec le succès, plus de trois joueurs devront noircir avec constance la feuille de pointage. C’est une évidence. Il semble par conséquent que le premier défi du nouvel entraîneur-chef sera de relancer l’attaque du Canadien.
Plusieurs attaquants ne connaissent pas les saisons escomptées, mais je veux m’attarder sur le cas de Brendan Gallagher pour cet article. Le charismatique ailier droit n’a touché les cordages qu’à six reprises cette saison et il n’a récolté que 18 points en 40 rencontres. Il s’agit d’une récolte nettement insuffisante. Pour relancer le Tricolore, Claude Julien devra notamment faire en sorte que « Gally » sorte de cette torpeur.
Cette saison, l’effort de Gallagher est toujours au rendez-vous, n’hésitant pas à mouiller le maillot tous les soirs. Personne ne remet en doute cela. Cependant, pour une raison quelconque, il semble incapable d’acheter un but. Il est incontestable que le petit attaquant se cherche.
Grahique Gallagher
(Source: Sportlogiq)

En analysant de plus près le travail du numéro 11 dans l’enclave, son endroit de prédilection, nous pouvons constater qu’il y est nettement moins efficace cette saison comparativement à la campagne précédente. Même s’il y décoche un nombre presque identique de tirs proportionnellement à son temps d’utilisation à forces égales, ces lancers sont beaucoup moins précis, ratant plus souvent la cible. De même, Gallagher dégaine plus régulièrement en périphérie. Ces deux facteurs font en sorte que son taux de tentatives tir converties en buts soit en chute libre, ce qui est le reflet direct de sa récolte offensive.
Lorsqu’un joueur connaît des ennuis offensivement, il tente généralement de diriger toutes les rondelles sur le filet adverse, espérant profiter d’un bond favorable ou d’une largesse du gardien pour mettre un terme à sa mauvaise séquence. C’est exactement ce qui semble se produire dans le cas de Gallagher, alors qu’il est alarmant qu’un joueur, dont l’ADN est de se poster devant la cage adverse pour voiler le cerbère, dévier un tir ou bondir sur un retour de lancer, décoche un aussi grand nombre de tirs en périphérie.
Parallèlement, lorsque Gallagher se trouve en possession de la rondelle dans l’enclave, ses gestes semblent précipités et il bousille souvent ses chances de marquer par la même occasion, ce qui est un signe de nervosité.
Grahique Gallagher
Chaque joueur connaît ses meilleures séquences lorsqu’il tire avec régularité et avec précision depuis l’enclave, l’inverse étant également vrai. Cette règle s’applique autant à Sidney Crosby qu’à Torrey Mitchell. Nous pouvons également constater que lorsque les périodes creuses commencent à s’éterniser, les joueurs lancent avec moins d’adresse et de n’importe quel angle. C’est un cercle vicieux qui s’enclenche alors. Malheureusement, Gallagher n’y échappe pas.

Désarmé face à cette fâcheuse impasse, Brendan Gallagher pourrait bien trouver ce changement d’entraîneur des plus bénéfiques. Un changement d’air, simplement brasser les cartes, pourrait s’avérer ce dont Gallagher a besoin pour retrouver son niveau.
Ce qui est d’autant plus intéressant est que Claude Julien a longtemps dirigé Brad Marchand à Boston, joueur s’inscrivant dans le même moule que Gallagher. Ils sont deux petites pestes capables de jouer au hockey, se démarquant par leur combativité. Or, le hasard fait bien les choses alors que Marchand a récemment explosé offensivement sous les ordres de Julien.
Au plus grand dam des partisans du Canadien, il faut avouer que Marchand appartient maintenant à l’élite de la LNH. Cette année, il a récolté ni plus, ni moins que 58 points en 58 parties et la saison dernière il avait marqué 37 buts, se classant au sixième rang du circuit Bettman. À la Coupe du monde de hockey, il fut à la tête du premier trio d’Équipe Canada, menant son pays vers le trophée tant convoité.
Travaillant pour Sportlogiq, j’ai vu une soixantaine de rencontres des Bruins de Boston au cours des trois dernières saisons et j’ai assisté à l’éclosion de Marchand. À la suite du départ de Milan Lucic, Julien s’est tourné vers son ancien numéro 63 pour prendre la relève sur le flanc gauche. La clé de cette métamorphose : Marchand gère beaucoup mieux ses parties. Se concentrant davantage sur le hockey, la priorité de Marchand n’est plus de faire sortir l’adversaire de ses gonds. Globalement, Marchand n’est plus le même joueur, étant beaucoup plus assidu sur l’échec avant, fiable défensivement et confiant en ses habiletés offensives, ce qui se traduit par une production plus qu’intéressante. Il sélectionne beaucoup mieux ses occasions pour créer une étincelle et faire basculer le rythme d’une partie, ce qui n’empêche pas son indiscipline de refaire surface par moments, lui arrivant encore d’apparaître aux faits saillants à la suite d’un croc-en-jambe vicieux par exemple.
Mon intention n’est point de tourner le fer dans la plaie, sachant que les amateurs de la Sainte-Flanelle détestent viscéralement Brad Marchand. Mon point est plutôt que si Julien fut en mesure de faire jaillir le meilleur de Marchand, je ne vois pas ce qui pourrait l’empêcher de faire de même avec Gallagher, compte tenu des nombreuses ressemblances entre le style de ces deux hockeyeurs. Qui d’autre que Claude Julien serait mieux placé pour relancer Gallagher, considérant les résultats étonnants qu’il a su soutirer de Brad Marchand?

Le Canadien s'incline 2-1 en prolongation

http://www.lapresse.ca/sports/hockey/ Publié le 21 mars 2017 à 22h35   |  Mis à jour le 22 mars 2017 à 07h36 Dans la défaite, Al Monto...