Remontée gagnante, but refusé, expulsion méritée

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Rangers 4 - Canadiens 5

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Les fans des Rangers diront, avec raison, qu’Henrik Lundqvist a grandement aidé leur cause après être venu voler au secours de son coéquipier Antti Raanta demeuré au vestiaire en raison d’une blessure subie au premier tiers, mais il est impératif de souligner le caractère affiché par le Canadien, samedi soir, face aux Rangers.
Trois fois, le Canadien est revenu de l’arrière dans ce match. Il a comblé les avances de 1-0, 2-1 et 3-2 que les Blue Shirts se sont offerts au grand plaisir de leurs fans, très nombreux, venus profiter d’un long week-end à Montréal.
Mieux encore, pour une sixième fois cette saison, le Canadien a non seulement comblé un recul ou des reculs en cours de partie, mais il s’est offert une sixième remontée gagnante en troisième période cette saison.
Ce n’est pas rien.
C’était la 17e fois cette saison que le Canadien amorçait le dernier tiers avec un recul à combler. Et c’est la neuvième fois qu’il trouve le moyen de sortir du match avec des points au classement. Aux 12 associés à ses six victoires, on doit ajouter les points primes récoltés dans le cadre des trois revers en prolongation ou tirs de barrage qu’il a encaissés.
Obtenir 15 points sur les 28 à l’enjeu dans le cadre de match que tu tires de l’arrière après 40 minutes, c’est non seulement très bon, c’est excellent.
De fait, le Canadien est sur un pied d’égalité avec les Penguins de Pittsburgh en tête de la LNH pour le nombre de points récoltés à la suite de remontées effectuées en troisième période. Les Penguins affichent une victoire de plus, mais seulement un revers en prolongation.
Ajoutez à ces 15 points, les neuf associés à la fiche du Tricolore (4-2-1) lorsque le score est égal après 40 minutes et vous avez une fiche de 10-10-4 lorsqu’il tire de l’arrière ou est à égalité après deux périodes.
C’est solide comme statistique.
Price inquiète
Fort de ses trois buts – ceux d’Emelin, Byron qui est rendu à 13 et Pacioretty qui est rendu à 20 – marqués en 62 secondes – le record d’équipe est de 31 secondes et il tient depuis 1955 – le Canadien a donc transformé ce qui avait des airs de revers en victoire importante contre un rival qu’il croisait pour la première fois cette saison. Un rival qu’il pourrait croiser encore en séries.
Bon! Carey Price a encore accordé quatre buts. Eh oui! Ça lui fait maintenant sept matchs de trois buts ou plus à ses dépens lors des huit dernières parties.
Rien pour rassurer ceux, et ils sont de plus en plus nombreux, qui s’inquiètent.

Mais vous savez quoi, j’ai été bien plus inquiété par le vilain mouvement qu’il a effectué sur une glissade sur sa droite en deuxième période – tir dévié des Rangers sur le poteau – que par les quatre buts accordés.
Cette glissade ressemblait énormément à celle du 25 novembre 2015, encore contre les Rangers, mais au Madison Square Garden, glissade qui avait chassé Price de la rencontre après deux périodes et qui avait mis un terme à sa saison.
Avec les conséquences qu’on connaît.
Le gardien du Canadien a semblé secoué sur le jeu. Vraiment. Mais il a terminé la rencontre effectuant quelques bons arrêts par la suite. De quoi rassurer le Canadien et ses partisans. Du moins pour le moment...
But refusé
Le Canadien n’a pas seulement dû revenir de l’arrière au pointage, il a dû surmonter les contrecoups de deux contestations qui lui ont sauté au visage.
Le premier but de la partie – un but qui serait allé à la fiche de Phillip Danault – a été refusé après qu’Alain Vigneault eut prétendu qu’Andrew Shaw s’était rendu coupable d’obstruction à l’endroit du gardien Antti Raanta. Le coach des Rangers avait vu juste. Shaw a été touché devant le filet, mais il s’est ensuite aidé pour tomber sur le gardien adverse.
La deuxième décision a coûté un but au Canadien alors que les arbitres et leurs collègues de la salle de révision située à Toronto ont déterminé que le contact entre Kevin Hayes et Carey Price ne pouvait être imputé à l’attaquant des Rangers.
Dans leur décision, les officiels ont établi que le contact est survenu dans le cadre normal du jeu après un arrêt effectué par Price aux dépens de Hayes qui s’amenait en échappée.
Sur ce point, on peut être d’accord.
Mais! Après l’arrêt initial, la reprise démontre clairement que le patin droit de Hayes s’engouffre sous la jambière de Price et traîne le gardien du Canadien vers l’arrière du but, l’empêchant de tenter de stopper le tir de Rick Nash qui a marqué dans une cage déserte.
Dans leur décision, les officiels indiquent que le contact s’est produit à l’extérieur de la zone réservée au gardien et que de ce fait, on ne peut imputer la responsabilité à Hayes. D’où la décision de rejeter l’appel logé par Michel Therrien.
Je comprends les propos des officiels. Mais je peine à les appliquer dans le cours normal du jeu. Et la pire conséquence de cette décision à mes yeux n’est pas le fait que Price ait été victime d’un autre but, mais plutôt le fait qu’il devient vraiment difficile de tracer une ligne droite entre les buts accordés et les buts refusés.
Non seulement la ligne n’est pas droite, mais elle semble aller des deux côtés du centre selon les soirées. C’est cette forme aléatoire de décision qui vient noircir les contestations qui devaient justement servir à réduire les zones grises en gardant le blanc, plus blanc, et le noir, plus noir.
Je continue à croire que les contestations sont nécessaires. Et que c’est une très bonne idée de permettre aux officiels qui sont sur la glace de revoir les jeux serrés afin de confirmer ou de renverser leurs décisions initiales. Mais il me semble que le hockey serait gagnant d’avoir une idée plus claire sur les différences entre un bon but et un autre qui ne l’est pas.
Shaw coupable
À son premier match après une absence de 14 parties en raison des contrecoups d’une commotion cérébrale, Andrew Shaw a donné l’impression d’être encore un brin étourdi en première période samedi.
Et je ne parle pas ici du but qu’il a annulé en se rendant coupable d’obstruction contre le gardien Raanta. Je ne parle pas non plus de la pénalité mineure qu’il a écopée quelques minutes plus tard et dont les Rangers ont su profiter en marquant quatre secondes seulement après le début de sa pénalité.
Je parle de la pénalité majeure – et de l’inconduite de partie – dont il a hérité après avoir mis en échec – très tardivement et sournoisement – Jesper Fast en zone ennemie.
Fast avait complété sa passe depuis une bonne seconde et demie – la limite permise est de 0,8 seconde pour frapper un adversaire qui n’a plus la rondelle – lorsqu’il a été frappé. En plus, le coup est venu par-derrière.
Vrai que Fast n’a pas été frappé directement à la tête, mais il a été blessé sur le jeu et les arbitres ont immédiatement décerné une majeure et une inconduite de partie.
Les arbitres auraient pu décerner deux minutes seulement pour obstruction. Mais le niveau de dangerosité et le fait que le joueur des Rangers ait été secoué sur le jeu ont poussé les arbitres à y aller avec sévérité considérant, comme c’était leur plein droit, que le geste était dangereux et représentait une tentative de blessure.
Vous avez le droit de ne pas être d’accord.
L’entraîneur-chef Michel Therrien l’était comme il l’a d’ailleurs souligné indiquant qu’il arrivait aux arbitres « comme à tous les joueurs et parfois aux entraîneurs d’avoir des mauvaises soirées. »
Michel Therrien a défendu son joueur avec ce commentaire. Il a joué son rôle.
Je ne le suis toutefois pas dans sa théorie que Shaw a été victime d’une commotion sur un jeu qui n’a pas entraîné la moindre pénalité alors qu’il a été chassé hier pour un coup moins percutant.
Les deux jeux étaient complètement différents.
Le 12 décembre dernier, lors de la visite des Bruins de Boston au Centre Bell, Andrew Shaw a été frappé par le défenseur Torey Krug alors que les deux joueurs fonçaient vers une rondelle libre. Shaw s’est baissé pour aller saisir la rondelle et Krug l’a frappé alors que les deux s’apprêtaient à toucher au disque. Il y a eu collision entre les deux joueurs c’est vrai. Shaw a essuyé le plus gros de l’impact, c’est vrai aussi. Mais ce n’était pas une mise en échec.
Samedi, Shaw a asséné une mise en échec tardive et par-derrière à un adversaire.
Deux sanctions qui lui ont valu une expulsion.
Il sera intéressant maintenant de voir si le bureau de la sécurité des joueurs décidera d’imposer des mesures disciplinaires supplémentaires à un joueur que la Ligue a justement rencontré plus tôt cette saison pour l’inciter à plus de jugement sur la patinoire.
Personnellement, je crois que la sanction rendue par les arbitres était la bonne et qu’elle est suffisante. Mais disons que Shaw flirtera dangereusement avec une sanction sévère s’il ne trouve pas un moyen de mieux canaliser ses énergies.
Cela dit, il faudrait m’expliquer à quoi peut bien penser un gars qui vient de rater 14 matchs en raison d’une commotion quand il décide de jeter les gants pour livrer un combat. Peut-être que Shaw n’était pas complètement guéri après tout.
Des joueurs comme Andrew Shaw ont des rôles difficiles à remplir. Ils doivent jouer aux limites des règles pour bien faire leur travail. Mais quand l’élastique est complètement étiré, il faut savoir le relâcher un peu au lieu de toujours se le casser sous le nez.
Alex Galchenyuk, de retour au jeu lui aussi après une absence de 18 parties, a trouvé une façon plus utile d’aider son équipe saluant son retour au jeu avec un but.
Phillip Danault, avec trois passes, et ses compagnons de trio Paul Byron et Brian Flynn ont toutefois été les meilleurs du Canadien samedi.
Le Tricolore s’envolera vers Detroit dimanche. Il amorcera lundi après-midi face aux Red Wings – c’est la journée Martin Luther King aux États-Unis, donc congé férié – une semaine pas commode de quatre matchs alors que les Penguins seront au Centre Bell mercredi, que le Canadien se rendra au New Jersey vendredi avant de revenir à la maison samedi prochain pour recevoir les Sabres de Buffalo.
Bon dimanche!

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