vendredi 13 janvier 2017

On souffre tous ensemble!

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Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas!

Images of Francois Gagnon

Le rendez-vous ne pouvait être mieux choisi : contre le Wild du Minnesota, l’un des meilleurs clubs de la LNH, contre Devan Dubnyk qui est non seulement un des favoris dans la course au trophée Vézina, mais aussi dans la course au titre de joueur le plus utile – trophée Hart – cette année, Carey Price avait l’occasion de dissiper les doutes associés à ses récentes performances.
Un brin trop généreux, deux brins nonchalant, Price pouvait profiter d’un tel duel pour apaiser l’inquiétude qui s’installait depuis quelques semaines dans la tête et le cœur des partisans du Tricolore.
Price a raté son coup. Il a raté son rendez-vous. Victime de sept buts sur les 24 tirs décochés par le Wild, non seulement a-t-il été incapable d’apaiser l’inquiétude des fans, mais il a attisé une tempête qui déferlera pendant quelques jours certainement. Une tempête déferlera tant que le meilleur gardien au monde ne collera pas deux, trois, voire quatre grosses parties de suite.

Histoire d’informer ceux qui ne le sauraient pas encore : le Canadien a accordé sept buts et il a perdu 7-1 alors que Tomas Plekanec a évité l’injure d’un jeu blanc en toute fin de rencontre. Bien qu’il venait de marquer dans un troisième match de suite, Plekanec a gardé les mains aussi basses que la tête après son but. Pas question de célébrer d’une quelconque façon un but qui ne voulait strictement rien dire et qui ne diminuait en rien les affres de la raclée que son équipe encaissait jusque-là.
Accorder sept buts dans un match, ça arrive.
De fait, c’est la cinquième fois de sa carrière que Price est victime d’une soirée aussi misérable. Il a même déjà été victime de huit buts dans l’un de ces matchs. Et sans surprise, il a perdu lors de ces cinq occasions :
-       7 octobre 2009 : sept buts sur les 32 tirs des Canucks de Vancouver;
-       11 février 2009 : sept buts sur les 27 tirs des Oilers d’Edmonton;
-       9 février 2011 : huit buts sur les 34 tirs des Bruins de Boston;
-       2 mars 2013 : sept buts sur les 36 tirs des Penguins de Pittsburgh qui ont marqué le dernier en prolongation.
-       Et il y a eu jeudi soir au Minnesota.
Aucune inquiétude
Ces mauvaises soirées arrivent à tous les gardiens, même aux meilleurs. C’est pour cette raison qu’on doit éviter de céder à la panique trop vite.

« Je préférais rester dans le match »
Mais comme Price vient d’accorder trois buts ou plus pour une sixième fois à ses sept dernières sorties, il y a peut-être là matière à réflexion.
« Absolument pas », a indiqué Michel Therrien, après la rencontre. «C’est le moindre de mes soucis», a même ajouté l’entraîneur-chef du Canadien.
Le parcours de Carey Price incite bien sûr Michel Therrien à afficher une confiance inébranlable en son gardien numéro un. Aurait-il été préférable de sortir Price du merdier après deux périodes alors qu’il avait été victime de quatre buts?
Peut-être. Mais l’entraîneur-chef a respecté la volonté de son gardien. « Nous avons eu une discussion au deuxième entracte et Carey tenait à demeurer sur la glace. Je respecte sa décision et j’apprécie le fait qu’il voulait rester là. Dans un match aussi difficile que celui de ce soir, cela a démontré qu’on souffre tous ensemble », a ajouté Michel Therrien.
Contrairement à ses habitudes suivant des mauvaises sorties, Carey Price a affronté les questions des journalistes jeudi au Minnesota. Il n’a pas cherché d’excuse admettant d’amblée avoir connu une soirée très difficile comme le reste de ses coéquipiers. « Ça résume assez bien la partie », a-t-il convenu. « Ils ont profité de toutes les occasions que nous leur avons données. Les deux buts rapides en début de deuxième période nous ont scié les jambes. Il était alors clair qu’il serait très difficile de revenir de l’arrière contre une équipe qui joue aussi bien. C’est une soirée très décevante. Mais elle est passée. Ou passe à autre chose », a ajouté le gardien.

« Price tenait à rester devant le filet »
Pourquoi alors avoir demandé de rester devant la cage? « Les autres joueurs ne peuvent être rappelés au banc. Je tenais donc à demeurer avec eux jusqu’au bout. »
Les déclarations claires et précises de Michel Therrien et de Carey Price en marge de la décision de le garder devant le but jusqu’à la toute fin n’effaceront pas le résultat désolant de la partie.
Ça non!
Mais elles éviteront le tsunami de questions, de spéculations, d’inventions de scénarios catastrophes qui auraient meublé le silence du Canadien si l’état-major et le gardien avaient décidé de demeurer cois.
Comme quoi : toute vérité est bonne à dire, à lire et à entendre…
Match très difficile
Carey Price n’a pas été bon. Prétendre le contraire serait ridicule. Il s’est fait surprendre une fois ou deux ou trois. Il a été victime d’un but dans la lucarne du côté court pour la deuxième fois en deux matchs par Eric Staal qui lui avait joué le même tour au Centre Bell le 22 décembre dernier.
Mais la très mauvaise sortie de Price ne peut effacer la sortie tout aussi mauvaise du reste de l’équipe.

Canadiens 1 - Wild 7
Je vous l’écrivais après la victoire servie sur un plateau d’argent par les Jets, mercredi. à Winnipeg : si le Canadien se rend coupable d’une aussi mauvaise performance face au Wild, il paiera chèrement cette erreur.
La facture a été salée.
Le Wild joue du très gros hockey. Ils sont efficaces dans toutes les facettes du jeu. Mais défensivement, ils excellent.
Même en première période alors qu’ils rivalisaient tant bien que mal avec leurs rivaux du Wild, les joueurs du Canadien n’ont jamais été en mesure de se rendre à Devan Dubnyk. Ils n’ont jamais ou très (trop) rarement été en mesure de le mettre à l’épreuve avec des tirs de qualité.
Sur les 20 arrêts qu’il a effectués, Dubnyk a fait face à cinq, peut-être six, occasions de marquer. Pas plus.
Je veux bien croire que le Canadien disputait un deuxième match en deux soirs. Mais l’envolée entre Winnipeg et Minneapolis et d’une durée de 60 minutes à peine. Il n’y a pas eu d’entraînement matinal. Et ce n’est pas comme si les Jets avaient obligé le Canadien à suer sang et eau pour sortir gagnant de Winnipeg. Les joueurs du Tricolore ont eu plus de difficulté à se protéger du froid dans la capitale albertaine que de se protéger de leurs adversaires des Jets.
Alors la fatigue ne peut justifier pareille débandade collective du Canadien.
Contre un vrai club de hockey, un réel aspirant à la coupe Stanley, le Canadien a souffert de l’absence de ses blessés. Les jeunes qui ont si bien paru face aux Jets étaient soudainement rassis par des adversaires dignes de la LNH. Remarquez que les vétérans n’en menaient pas large non plus.
Le Wild n’a pas cédé toute la place au Canadien comme Dustin Byfuglien l’a fait devant Phillip Danault mercredi. Comme les Jets l’ont fait devant le Tricolore.
Le Wild s’est tenu debout. Il a frappé. Il a marqué. Il a joué du gros hockey. Du vrai hockey. Il a servi au Canadien un match duquel le Tricolore aurait pu sortir gagnant seulement si Carey Price avait volé les deux points en multipliant les miracles devant son filet.
Et jeudi soir à St. Paul, de miracles, il n’y a pas eu.
Que non!
« La fatigue nous a rattrapés. On jouait contre une grosse équipe. Mais il est clair que ce fut une soirée difficile pour tout le monde », a conclu avec justesse l’entraîneur-chef Michel Therrien.
Au-delà la dégelée encaissée aux mains du Wild – le Minnesota vient de signer un cinquième gain consécutif contre Montréal – une dégelée qui devrait servir de leçon cela dit en passant, le Canadien complète sa séquence difficile de neuf matchs sur la route en 10 parties avec une fiche très honnête, voire surprenante, de 12 points récoltés sur une possibilité de 20 (5-3-2).
Après un congé salutaire vendredi, le Tricolore recevra les Rangers de New York, une autre force de la LNH cette saison, samedi au Centre Bell. Seules bonnes nouvelles pour le Tricolore, les Rangers reçoivent les Maple Leafs à Manhattan vendredi soir et Henrik Lundqvist connaît plus que sa part de difficulté au Centre Bell…
Vivement les retours d’Andrei Markov, Alex Galchenyuk et Andrew Shaw.