mercredi 12 octobre 2016

De retour en séries... à moins d’une catastrophe

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Bergevin a toutes les raisons d'être confiant

FRANÇOIS GAGNON

MARDI, 11 OCT. 2016. 10:54

Le simple fait que Carey Price soit de retour en forme et en force devant son filet fait du Canadien de Montréal une bien meilleure équipe à l’aube de la saison 2016-2017 qu’il amorcera jeudi à Buffalo.
De fait, le Canadien n’est pas seulement un bien meilleur club qu’il ne l’était en avril dernier. Il est meilleur que l’équipe qui a signé neuf gains consécutifs l’automne dernier.
Mais comme cette équipe qui a connu le meilleur départ de l’histoire du Canadien l’an dernier a ensuite connu la pire dégringolade de son histoire, il faudra éviter de célébrer la 25e coupe Stanley dès la fin du mois d’octobre si le Canadien connaît un aussi bon début de saison que l’an dernier.
Car comme il l’a prouvé de désolante façon l’hiver dernier, le Canadien – comme toutes les autres formations de la LNH cela dit – n’est pas à l’abri d’une catastrophe.
Et bien qu’il soit bien meilleur que l’an dernier à pareille date, bien qu’Al Montoya soit un gardien de la LNH ce que Mike Condon n’a pas été en mesure d’être toute la saison dernière, le Canadien ne pourrait pas se passer de Carey Price sur une longue période.
Quelle équipe le pourrait?
Mais si Carey Price demeure en santé, le Canadien sera de retour en séries éliminatoires cette année. Il rivalisera avec Tampa Bay et la Floride pour le premier rang de la division Atlantique.
Et la coupe?
Une fois en séries, tout est possible. Mais il faudra commencer par les atteindre. Rendu là, on en reparlera...
Meilleur sur la glace et dans le vestiaire
Le Canadien est meilleur cette année parce qu’il a conclu des transactions, effectué des embauches et ouvert la porte à des plus jeunes qui font de ce club une équipe qui est meilleure à la fois sur la glace et dans le vestiaire.
Shea Weber est un meilleur quart-arrière à la ligne bleue et dans le vestiaire que ne l’était P.K. Subban. Il ne sera jamais aussi spectaculaire que celui qu’il remplace sur la patinoire. Ça non! Mais il est et sera bien plus efficace que celui qui était l’enfant chéri des amateurs.
Andrew Shaw apportera bien plus au Canadien que Lars Eller pouvait espérer apporter. Surtout que Shaw ne rechignera pas selon qu’il soit employé à l’aile gauche, à l’aile droite ou au centre; qu’il évolue au sein d’un premier, d’un deuxième, d’un troisième, voire d’un quatrième trio; qu’il soit de la première vague de l’attaque à cinq, de la deuxième ou qu’il suive du banc les supériorités numériques de son équipe.

Des gagnants dans le vestiaire
Shaw fera ce qu’on lui demandera de faire. Et si la complicité qui semblait s’installer avec David Desharnais et Daniel Carr en matchs préparatoires se confirme en saison régulière, Shaw ne fera pas juste éclipser Lars Eller, il donnera une chance à David Desharnais de prolonger sa carrière avec le Canadien.
Avec Pacioretty, Galchenyuk et Gallagher réunis au sein d’un premier trio qui a donné des lueurs d’espoir le printemps dernier, le Canadien pourrait enfin compter sur un premier trio digne de ce nom.
Artturi Lehkonen et Alexander Radulov donneront-ils un nouveau souffle à Tomas Plekanec qui semblait manquer de souffle en fin de saison dernière et un peu aussi en matchs préparatoires? Il le faudra. Car ce trio devra produire pour mousser la production offensive du Canadien.
Cela dit, ce trio soulève des questions. Des questions normales. Lehkonen pourra-t-il occuper un rôle aussi important à sa première saison dans la LNH? Ce ne sera pas facile considérant la durée de la saison et la difficulté du mandat qu’on lui confie. Deux ans plus jeune que la surprise des Blackhawks l’an dernier, Lehkonen pourrait-il être le Artemi Panarin du Canadien?
Il pourrait. Mais attendons avant d’ajouter ce défi à la liste déjà longue de défis qu’il aura à relever.

« Radulov a le couteau dans les dents »








Alexander Radulov? « Radu » a prouvé qu’il a encore les mains, le patin et le goût de jouer dans la LNH. Qui en doutait? Personne! La grande question dans le cas de Radulov est : combien de bons matchs offrira-t-il au Canadien. Pas qu’il soit du genre à prendre congé très souvent. Ça non. Surtout qu’avec un contrat d’une seule saison en poche, il ne pourra s’asseoir sur son magot trop souvent s’il veut maximiser ses chances d’obtenir un autre contrat l’an prochain et de revenir pour de bon dans la LNH.
Ce qui risque de compliquer la tâche de Radulov est qu’il a 31 ans et surtout qu’il n’a pas joué du hockey du calibre de la LNH – et un calendrier plus ardu que celui de la KHL – depuis sept ans. C’est long. Très long. Et comme la KHL est loin d’être aussi exigeante que la LNH et que Radulov fera face à de la bien plus forte opposition à tous les matchs, il ne faudrait pas se surprendre qu’il frappe un mur un moment donné avant les Fêtes. Qu’il connaisse des passages à vide de temps en temps ne serait-ce que pour qu’il reprenne son souffle; qu’il ne retrouve ses jambes qui ne sont plus celles du jeune homme qui a pris la LNH d’assaut à Nashville en 2006.
Mais s’il a vraiment le sérieux d’un homme marié et nouvellement papa, ça l’aidera beaucoup à maximiser et à confiner ses énergies-là où elles seront nécessaires : sur la glace du Centre Bell.
Peu importe qui y sera confiné autour de Torrey Mitchell, le quatrième trio du Canadien devrait être efficace. C’est tout ce qu’on lui demandera.
Des questions à ligne bleue
À la ligne bleue, je trouve le Canadien un brin fragile.

Weber sera l’ancre sur lequel cette défensive s’accrochera pour éviter de partir à la dérive. Il sera l’ancre sur lequel Nathan Beaulieu devra s’accrocher pour apprendre à remplir le rôle qu’on veut lui confier au sein du premier duo.
Si Beaulieu affiche une humilité qui est loin de le caractériser depuis son arrivée dans la LNH, il bénéficiera de cette chance incroyable que le Canadien lui offre. Mais s’il se met à croire qu’il sera le prochain Roman Josi et que c’est Shea Weber qui devrait se compter chanceux de jouer avec Nathan Beaulieu plutôt que le contraire, les choses pourraient se compliquer.
Mais bon! Donnons-lui le temps de prouver que ceux qui croient en lui depuis toujours avaient raison de le faire.
Et comptons aussi sur Shea Weber pour brasser Beaulieu un peu avant de le reclouer sur le plancher des vaches si le jeune défenseur se voit déjà avec un trophée Norris dans les mains dans quelques semaines.
Andrei Markov et Jeff Petry sont bons. Ils sont aussi un brin fragile dans le cas de Petry et deux brins lent dans le cas de Markov.
Emelin et Pateryn sont des bons cinquièmes et sixièmes défenseurs. Zach Redmond sera un bon remplaçant quand on fera appel à ses services. De fait, il n’a rien à envier ni à Emelin pas plus qu’à Pateryn. Au point qu’on peut se demander qui est le remplaçant des deux autres au sein de ce groupe.
Derrière, Mikhail Sergachev se pointe le nez. Il mérite pleinement sa chance de jouer dès cette année dans la LNH. Mais pour combien de temps? La place idéale pour Sergachev serait entre Markov et Petry. Il pourrait jouer à gauche pour remplacer Markov et à droite pour remplacer Petry. Mais aura-t-on besoin de lui assez souvent au sein de ce deuxième duo pour justifier sa présence à Montréal avec le grand club?
Je n’ai pas de réponse à cette question.
Mais s’il ne joue pas assez pour bien se développer, Sergachev jouera au Centre Bell en décembre et janvier prochain dans l’uniforme de la Russie dans le cadre du Championnat du monde de hockey junior. Et il jouera ensuite dans l’uniforme de Windsor dans la Ligue de l’Ontario qui se rendra jusqu’à la coupe Memorial.
Malgré l’apport de Shea Weber et l’éclosion de Mikhail Sergachev, cette défensive aura besoin d’un Carey Price à la hauteur de Carey Price pour maximiser les chances de réussite du Canadien.
Parce que Price a prouvé qu’il peut y arriver, il n’y a pas de quoi retenir son souffle. Mais il ne faudra pas se cacher la tête dans le sable non plus. Le Canadien pourrait soudainement devenir très vulnérable si un des trois piliers à la ligne bleue devait se blesser.
Et la perte de Weber sera, comme celle de Carey Price, une source potentielle de catastrophe.
Imaginez les deux...
Muller : la meilleure embauche
Si le Canadien s’est amélioré sur la glace et dans le vestiaire, il s’est aussi amélioré derrière le banc.
L’apport de Kirk Muller sera inestimable. D’abord au chapitre des relations entre les bureaux des coachs et le vestiaire. La communication est la force de Muller. Et ce n’est certainement pas la force de Michel Therrien et même de ses anciens adjoints qui sont fort compétents, mais qui n’ont pas été en mesure de remplacer Gerard Gallant comme courroie de transmission entre Therrien et ses joueurs.
Muller le sera. C’est clair.
Si Muller avait été imposé à Michel Therrien, je ne serais pas aussi positif dans cette analyse. Car la présence de Muller serait perçue par Therrien comme par les joueurs, comme un signe de congédiement au moindre passage à vide.
Le coach passerait plus de temps à penser à sauver son job qu’à bien préparer son équipe. Ce qui n’est pas bon.
Les joueurs pourraient aussi lever le pied et obtenir le départ d’un coach dont il aimerait bien se débarrasser. Ça s’est vu souvent dans le passé aux quatre coins de la LNH. Et ce n’est pas bon non plus.
Mais s’il est vrai que Kirk Muller a été invité à Montréal par le coach et non par le directeur général, ça devrait aider à créer une chimie dans les bureaux des coachs plutôt qu’à fomenter de la zizanie.
On verra!
Ça ne veut pas dire que Michel Therrien soit en parfaite sécurité non plus. Surtout qu’avec le club que lui offre son directeur général, Michel Therrien a besoin d’obtenir des résultats probants. Sans quoi il moussera les critiques déjà vives à son endroit en attisera lui-même rapidement les appels répétés à son congédiement.
Mais avec Kirk Muller pour l’aider à maintenir des liens avec ses joueurs, Michel Therrien devrait être un meilleur coach.
Et si Muller réussit en plus à faire produire une attaque massive qui a été moribonde tout au long de la saison dernière, le coach ne s’en portera que mieux puisqu’une attaque massive qui produit donne des victoires. Et que les victoires calment les appels au congédiement du coach.
Pas de doute, le Canadien est meilleur cette année que la saison dernière. Il ne lui reste qu’à le prouver sur la patinoire.

Prédictions
Atlantique
1- Tampa
2- Montréal
3- Floride
4- Ottawa
5- Boston
6- Detroit
7- Toronto
8-Buffalo

Métropolitaine
1- Washington
2- Pittsburgh
3- NY Islanders
4- NY Rangers
5- Columbus
6- Philadelphie
7- Caroline
8- New Jersey

Washington champion dans l’Est et trophée du Président et les quatre premiers clubs de chaque division en séries...
Centrale
1- Chicago
2- St.Louis
3- Dallas
4- Nashville
5- Colorado
6- Winnipeg
7- Minnesota

Pacifique
1- San Jose
2- Los Angeles
3- Anaheim
4- Edmonton
5- Calgary
6- Arizona
7- Vancouver

Chicago champion dans l’Ouest, les quatre premiers clubs de chaque division en séries.
Chicago gagne la finale de la coupe Stanley contre Tampa.