Caps-Pens : la grande finale avant la finale

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Sidney Crosby et Matt Niskanen
Sidney Crosby et Matt Niskanen (Source d'image:Getty)
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MERCREDI, 26 AVR. 2017. 17:45

WASHINGTONC’est le genre de commentaire qui peut faire mal. Le genre de remarque qui peut froisser et réveiller un adversaire déjà pas mal éveillé et menaçant.
Mais quand l’entraîneur-chef des Capitals de Washington a dit, mercredi midi, que les Maple Leafs de Toronto avaient offert un bon échauffement à son équipe en première ronde, il n’a pas manqué de respect à l’endroit des Leafs. Il n’a pas non plus amplifié la force de son club à l’aube de la série fort enlevante que les Capitals et les Penguins amorceront demain au Verizon Centre.
Trotz a simplement dit une vérité toute crue.
Car oui, les Leafs ont bien préparé les Caps dans leur quête de sortir gagnant d’un duel en séries face aux Penguins depuis que Sidney Crosby et Alexander Ovechkin sont les fers de lances des deux équipes.
L’an dernier, les Capitals, pourtant champions de la saison régulière, très bien nantis en attaque et défendus par l’éventuel gagnant du trophée Vézina Braden Holtby, ont baissé pavillon en six parties contre des Penguins qui ont transformé cette victoire en tremplin qui les a projetés jusqu’à la coupe Stanley. Le même scénario s’était produit en 2009 lors de la première confrontation Sid-Alex en séries alors que les Penguins sont revenus de l’arrière pour gagner en sept.
Les Caps en sept!
Qui gagnera cette année?
J’ai donné la victoire aux Capitals en sept parties.
Pourquoi?
Sur le plan sentimental simplement parce que je considère qu’ils sont non seulement dus, mais qu’ils méritent la coupe Stanley.
Sur le plan de la raison, à cause justement de l’échauffement de grande qualité que les Maple Leafs ont offert aux Caps. Un échauffement qui a eu des allures de mise en garde. De sérieuse mise en garde en fait.

Les Capitals qu’un peu tout le monde voyait traverser rapidement, voire balayer, les Leafs ont gagné en six parties difficiles. Cinq de ces six matchs ont d’ailleurs été très difficiles puisqu’ils se sont décidés en prolongation.
Champions de la saison régulière encore cette année, très bien nantis à l’attaque encore cette année, toujours très bien protégés par Holtby bien qu’il ne devrait pas gagner un deuxième trophée Vézina de suite – observation personnelle ici sans plus – les Caps ont une lacune : une défensive un brin lente dont les Penguins ont su profiter l’an dernier.
Cette lacune, Mike Babcock et ses jeunes Maple Leafs l’ont exploité à outrance en première ronde, obligeant les vieux Caps à jouer avec plus d’intelligence et de conviction.
En plus de la défensive qui a dû se tenir sur le bout des pieds et qui le faire davantage contre Pittsburgh dès jeudi, Braden Holtby a appris à ses dépens qu’il n’était pas invincible lui non plus comme en témoignent sa moyenne de 2,36 buts alloués par match et son efficacité de 92,5 %.
Des statistiques en passant qui sont nettement en deçà de celles de Carey Price qui a pourtant été cloué au pilori par bien des fans du Canadien qui lui ont imputé une part de la défaite face aux Rangers. Imaginez!
Parce que les Caps ont plus de force de frappe que le Canadien, Holtby n’a pas eu à assumer l’odieux d’une élimination hâtive des Capitals. Il s’est plutôt servi des 197 arrêts réussis et 16 buts accordés comme d’une saine préparation.
Quatre victoires à domicile
Les avertissements servis par les Leafs à Holtby, à ses défenseurs, à Barry Trotz et ses adjoints serviront donc la cause des Capitals à compter de demain.
Mais attention! Ce n’est pas parce que les Leafs ont bien préparé les Caps au défi qui les attend que ce défi sera facile à relever pour autant.
Ça non!
Les Capitals ont battu les Penguins lors des deux matchs de saison régulière disputés au Verizon Center cette année. Des gains sans appel de 5-2 et 7-1.
Inversement, les Penguins ont gagné les deux matchs disputés à Pittsburgh. Des matchs plus serrés cela dit : un gain de 3-2 en tirs de barrage et un autre de 8-7 en prolongation dans ce qui a sans doute été le match le plus enlevant, spectaculaire et rempli de rebondissement dans la LNH cette année.
Si on ajoute aux deux matchs qui se sont décidés en prolongation cette année, les trois prolongations nécessaires en séries l’an dernier et en 2009, on ne peut que souhaiter que la série se prolonge à la limite des sept parties et que quelques-unes de ces parties – le plus possible en fait – soient propulsées au-delà la limite des 60 minutes réglementaires.
On verra.
Mais ce duel qui représente déjà une finale de la coupe Stanley avant la finale de la coupe Stanley pourrait se hisser parmi les duels historiques si Ovechkin, Crosby et leurs coéquipiers nous offrent une série aussi serrée que celle qu’on attend. À tout le moins qu’on espère…
Kunitz et Hagelin en renfort
Pendant quelques Caps peaufinaient leur préparation à leur site d’entraînement d’Arlington mercredi matin, les Penguins ont tenu un dernier entraînement à Pittsburgh avant de s’envoler vers la capitale américaine autour de 14 h.
En dépit de l’absence de leur as défenseur Kristopher Letang, les Penguins sont débarqués confiants à Washington.
« Nous avons éliminé une très bonne équipe (Columbus) en première ronde. Notre club est très bien rodé, très bien préparé et nous savons ce que nous avons à faire pour marquer les buts nécessaires et surtout empêcher les Capitals de le faire pour gagner », a indiqué l’entraîneur-associé Jacques Martin avant l’envolée vers Washington.
Responsable de la brigade défensive et aussi chef d’orchestre du travail des Penguins en désavantage numérique, Jacques Martin aura les mains pleines face aux Caps.
Car bien qu’il puisse compter sur l’éveil offensif d’Evgeny Malkin qui domine les marqueurs en séries avec ses 11 points (deux buts), sur le leadership de Sidney Crosby qui joue peut-être le meilleur hockey de sa carrière, sur la touche de Phil Kessel et l’implication efficace des jeunes Jake Guentzel et Bryan Rust pour ne nommer que ceux-là, Jacques Martin sait qu’il serait risqué d’échanger but pour but avec les Capitals.
« Cinq des six matchs se sont décidés par un but l’an dernier. Une seule fois les Caps ont marqué 4 buts. Il faudra limiter leurs chances et surtout trouver une façon de garder la rondelle dans leur zone le plus souvent et le plus longtemps possible. Notre vitesse sera certainement un atout pour réussir », a laconiquement reconnu Jacques Martin sans offrir plus de stratégie.
Si Jacques Martin a pu retrouver les Trevor Dailey et Olli Maatta qui ont raté plusieurs parties en fin de saison en raison de blessures, il doit composer avec la perte de Letang et aussi du gardien Matt Murray.
Letang est difficile, voire impossible, à remplacer à la ligne bleue. Devant le filet, le vétéran Marc-André Fleury a abattu de l’excellent boulot en première ronde contre Columbus après avoir remplacé au pied levé son jeune coéquipier qui s’est blessé à l’aube de la série contre les Jackets.
À l’attaque, les Penguins déjà bien nantis eux aussi pourraient retrouver dès jeudi le vétéran Chris Kunitz. Marchant de vitesse dont la contribution aiderait grandement la cause des Pens, Cal Hagelin s’est entraîné à Pittsburgh mercredi et on doit s’attendre à ce qu’il retrouve sa place au sein de la formation en cours de série.
Duels Crosby-Ovechkin
La série Capitals – Penguins sera bien plus qu’un duel Crosby – Ovechkin. C’est évident.
Mais parce que ces deux surdoués sont entrés dans la LNH simultanément en 2005 et qu’ils ont polarisé l’attention, il est normal de lorgner de leur côté.
Surtout qu’en septembre dernier, lors de la Coupe du monde disputée à Toronto, Crosby a une fois encore eu gain de cause sur Ovechkin autant sur le plan individuel que collectif lors de duels internationaux.
Avec Crosby en uniforme, le Canada a battu Ovechkin et la Russie lors des cinq matchs opposant les deux équipes. Crosby affiche également une séquence de 23 gains consécutifs sur la scène internationale. Ce n’est pas rien…
Dans la LNH, Crosby domine aussi.
Non seulement a-t-il soulevé la coupe Stanley à deux reprises alors qu’Ovechkin n’a pas encore posé les mains dessus, mais en 54 matchs de saison régulière et de séries éliminatoires opposant les deux joueurs, les Penguins ont signé 33 victoires, les Caps 21.
Sur le plan personnel, Crosby a éclipsé Ovechkin (35 buts, 29 passes, 64 points) avec une récolte de 75 points, dont 28 buts.
Outre l’échauffement de qualité offert aux Caps par les Leafs, j’ai comme l’impression que le désir de vengeance d’Ovechkin – pendant qu’il a encore les moyens de se venger – sera un autre facteur favorisant les Caps. Comme Braden Holtby, comme l’attaque massive des Caps sans oublier Justin Williams qui trouve encore aujourd’hui une façon de faire gagner son club en séries éliminatoires.
Ce ne sera pas facile. Du moins je l’espère, car cela nous assurera d’une très grande série, mais je crois bien que cette année est la bonne pour les Capitals qui gagneront une première coupe Stanley. Mais pour se rendre à la coupe, ils devront d’abord tasser les Penguins. Et ils les tasseront.

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