samedi 11 juin 2016

Surdoué, intimidant, menaçant

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Le résumé de la carrière de Gordie Howe

BERTRAND RAYMOND
VENDREDI, 10 JUIN 2016. 15:32

On a déjà dit de Gordie Howe qu'il jouait un drôle de hockey parce qu'il ne laissait personne  toucher à la rondelle.
C'est une légende, certainement l'une des plus grandes vedettes que le hockey ait connues. Il a inspiré Bobby Orr, puis Wayne Gretzky, qui a battu ses principaux records, puis tant d'autres.
Rarement a-t-on vu un athlète préconiser un jeu aussi dur, voire brutal, et posséder un talent aussi naturel pour faire gagner ses équipes tout en devenant l'un des plus grands producteurs de points de l'histoire. Il était intimidant, menaçant à l'occasion. Pas étonnant que Maurice Richard et lui aient été des adversaires aussi acharnés. Ils ne se faisaient pas de quartiers. On s'est plu à les comparer pendant les années les plus productives de leurs carrières. Ils étaient des bombes à retardement. Quand on les cherchait, on les trouvait. Forts au bout du poing, ils avaient la gâchette rapide devant le filet.

Howe a passé une carrière entière à sortir des coins de la patinoire avec la rondelle. Il transformait des jeux difficiles en manoeuvres de routine. Ses coudes étaient ambidextres. Il les utilisait pour passer des messages. Un bon coup de coude de la droite sur le nez d'un adversaire était une invitation à ne plus revenir. Un solide coup de la gauche en plein visage envoyait parfois sa victime à la clinique.
Gilles Tremblay, qui a été son couvreur pendant la majeure partie de sa carrière, pourrait nous en parler pendant des heures s'il était toujours de ce monde. Ça prenait énormément de courage pour le suivre à la trace avec la mission de l'empêcher de marquer. Tremblay, un excellent patineur, n'en a jamais manqué.
« Personne ne voulait se battre contre lui », a déjà dit Lou Fontinato, l'un des matamores de cette époque de hockey pour hommes seulement.
Gretzky n'a jamais oublié son tout premier match contre Howe. Il était nerveux à l'idée de se retrouver sur la glace avec sa toute première idole. À un certain moment, il est parvenu à lui arracher le disque. Il n'avait pas fait deux pas qu'il recevait un solide coup de bâton sur la main. Il a cru s'être fracturé un pouce. Howe s'est approché en lui servant un sérieux avertissement: « Kid, lui a-t-il dit, ne m'enlève plus jamais la rondelle. » Howe frappait d'abord et posait les questions ensuite. Était-il meilleur que le Rocket? Le débat a fait rage pendant longtemps. Howe était certainement un joueur plus complet. Il regroupait toutes les qualités qu'on recherche chez un joueur parfait. Richard était plus spectaculaire, plus explosif de la ligne bleue jusqu'au gardien. L'un était un Red Wing. L'autre un Canadien. Les facteurs pour qu'ils se détestent ne manquaient pas. Pendant toutes les saisons au cours desquelles ils se sont affrontés, Montréal a mérité sept coupes Stanley. Detroit en a gagné quatre. C'était bien suffisant pour attiser la braise du volcan que représentait cette intense rivalité.
Je ne veux pas trop m'attarder sur les statistiques de Howe, mais quelques-unes d'entre elles tendent à illustrer pourquoi il est devenu une légende. Six championnats des marqueurs et six trophées Hart sont déjà des réalisations exceptionnelles. Il a été le meilleur marqueur des séries éliminatoires à une époque où le trophée Conn Smythe n'existait pas. Il a marqué 801 buts. Seul Gretzky a fait mieux. Quand il a abaissé le record de son idole, ce fut un soir de grandes célébrations à Edmonton et Howe était là pour l'applaudir.
Howe a réalisé des exploits qui ne seront jamais répétés. Il a annoncé sa retraite à l'âge de 43 ans. Elle a duré deux ans. Il est revenu pour avoir le plaisir de jouer avec ses fils Marty et Mark. Il a joué sept ans aux côtés de Marty et quatre ans avec Mark. Son retour au jeu a duré sept saisons au cours desquelles, tenez-vous bien, il a connu des productions de plus de 30 buts et des campagnes de 24, 19 et 15 buts avec les Aeros de Houston et les Whalers de la Nouvelle-Angleterre dans l'Association mondiale. Il était grand-père à 52 ans quand il a remisé définitivement ses patins.
Une véritable force de la nature, il a joué 80 matchs et marqué 15 buts à 52 ans pendant que ses grands rivaux de l'époque, dans des chaises berçantes, récupéraient des guerres de tranchées qui en ont laissé plusieurs diminués physiquement pour le reste de leur vie.
Il a connu une séquence de 22 saisons consécutives sans jamais marquer moins de 23 buts. Même Gretzky, une machine à marquer des buts, n'en a pas fait autant.
Il y a plusieurs façons d'illustrer son extraordinaire longévité sur patins. Celle qui permet le mieux de l'exprimer, selon moi, c'est le fait qu'il était déjà une étoile quand Bobby Orr a vu le jour et qu'il était toujours sur la patinoire quand le plus grand défenseur dans l'histoire du hockey a tiré sa révérence. Et pour ajouter la cerise sur le sundae, sachez que son fils Mark a quitté le hockey avant lui.
Howe était de la trempe de ceux qui ne seront jamais oubliés, de la trempe des Richard, des Béliveau, des Hull, des Mikita, des Orr, des Gretzky, des Esposito et de quelques autres.
Howe a rendu l'âme le jour où on a porté en terre une autre légende de son sport, Muhammad Ali. On peut y voir un autre trait de sa personnalité. Même quand il n'y est plus, Howe ne cède toujours pas le terrain à qui que ce soit.

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